‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 110 sur 241 · HUSSEIN BEN MOHAMMED · texte numérisé non relu

HUSSEIN BEN MOHAMMED

On a de lui, au n° 154 de l'ancien fonds, un traité des poisons composé en l'année 983 (1555).

ALY SULTAN THABIB EL KIIORASSANY.

Nous avons de lui, à Paris, n° 153 de l'ancien fonds, et à Leyde, n° 1392, un Traité sommaire de médecine intitulé Destour el Ilâdj, Règle du Traitement. C'est un compendium qui occupe les 228 premiers folios du Ms. de Paris.

Nous avons, jusqu'à présent, une difficulté sur l'époque où vécut l'auteur et le prince auquel son livre fut dédié. En tète du Ms. de Paris se lit une not% qui donne l'ouvrage divisé en deux parties y et composé par ordre d'Obéid ben Mahmoud, le 4° des Uzbeks, (qui mourut en 1539). On ajoute que l'auteur vivait à S'ainarcande, au service de Khodja Khan, le deuxième des Uzbecks.

D'autre part, le catalogue de Leyde nous donne le Destour el îladj comme dédié au Sultan Abou Saïd Bahador Khan, (de la race de Gengiskhan) qui régna de l'année 716 à l'année 736 (ce qui répond à nos années 1316 et 1335).

Nous croyons avoir peut-être saisi la cause de cette divergence.

Nous admettons, jusqu'à présent, que le Ms. de Leyde est dans la vérité.

En tout cas, il y a une erreur dans la note du Ms. de Paris. On nous donne l'ouvrage comme divisé en deux parties, ce qui est une erreur. Ce n'est pas le Destour qui est divisé en deux parties, mais bien le Ms. 153. Ce Ms. se compose de 257 feuilles, et le Destour ne va que jusqu'au f° 228. Nous trouvons ensuite un autre opuscule dont l'auteur est Yousef ben Mohammed ben Yousef Etthabib, que nous connaissons d'autre part. Ce serait peut-être à lui qu'il faudrait appliquer ce que la note dit d'Aly Sultan. Nous nous occuperons de cette difficulté et nous en ferons l'objet d'une note supplémentaire.

IMAD EDDIN MAHMOUD CHIRAZY.

MOHAMMED HAMAOUY IEZDY.

MODHAFER BEN MOHAMMED HOSSEINY CHAFAY.

La Bibliothèque de Leyde, sous le n° 1401, et celle de Leipsick sous le n° 267, contiennent un manuscrit persan de Mohammed el Hamaouy dans lequel il est question du café, du thé, du bézoard et de 4a squine, djoiibchini.

L'auteur nous apprend que la squine bien que répandue en Perse au commencement du IXe siècle de l'hégire, 1494 de notre ère, n'avait pas encore fait le sujet d'un livre, sinon de la part de son maître Imad eddin, et on nous dit qu'elle était employée contre la syphilis, Atecheq.

D'autre part, dans l'Acràbadin Chef aï de Modhafer, qui n'est autre que l'original de la pharmacopée persane du frère Ange, nous trouvons, au n° 999, une formule où se trouve la squine, donnée comme de son maître Imad eddin. Le n° 305 est également consacré à une formule contre la syphilis, de la même provenance.

N'ayant pas de données historiques précises sur Imad eddin, nous devons chercher à lui assigner une date en rappelant ce qu'en dit son disciple Mohammed Hamaouy.

Nous lisons donc chez Mohammed Hamaouy que la squine était connue en Perse au commencement du IXe siècle de l'hégire, et qu'Imad eddin est le premier qui en ait parlé. Le n° 32 de Copenhague contient un traité de la squine par Mahmoud ben Masoud, qui nous paraît identique avec Imad eddin. Ce même volume contient sur la squine un extrait du Tohfat el Moumenin de Mohammed Moumen, qui nous est donné comme appartenant au XVIe siècle de notre ère. Imad eddin l'ayant devancé dans la mention de la squine, on doit le placer au commencement du XVI9 siècle.

Quant à Mohammed Hamaouy, nous ne le connaissons que par l'opuscule sur le thé, le bézoard, le café et la squine. Cet écrit, où sont mentionnées en partie pour la première

fois trois substances aussi importantes que le thé, le café et lasquine, nous paraît recommander suffisamment le nom de Mohammed Hamaouy, pour qu'il soit tiré de l'oubli.

Quant à Modhafer ben Mohammed Hosseiny Chafaï, nous avons de lui, dans les Bibliothèques de Paris et de Copenhague, un traité intitulé Âcrabadin Chef aï qui est un formulaire, où les médicaments composés sont traités par ordre alphabétique. Ce formulaire n'est autre chose que l'original persan dont la traduction latine a été publiée sous le titre de Pharmacopea persica par le père Ange de St-Joseph. Comme nous devons parler plus tard de cette traduction, nous n'en dirons pas davantage ici sur l' Acrabadin Chefaï.

L'Acrabadin Chefaï existe aussi à Munich, n° 343.

MOHAMMED MOUMEN HOSSEINY, DIT THABIB MOUMENA.

Il nous est connu par un traité qui porte le titre de Tohfat el Moumenin, et qui existe à Paris, à Leyde, à Copenhague et à Munich, nos341 et 342. Ce dernier Ms.nous donne les renseignements suivants : Mohammed acheva ce livre, que son père Mir Muhr ezzeman Tin Kobeti Deilemi avait commencé dans le XVIe siècle de notre ère, d'après les écrits des Arabes et des Indiens, mais surtout d'après l'Iktiarat Bediaï (de Zein el Attar). L'ouvrage était dédié à un prince de Delhi auquel l'auteur devait de la reconnaissance.

Le Tohfat el Moumenin, Présent aux musulmans, est un traité des médicaments simples et composés. On y voit avec un certain étonnement un grand nombre de termes berbères empruntés nécessairement à Ebn el Beithâr et de termes grecs. Parmi les premiers, nous citerons l'Athrilal, Ptycotis verticillata, l'Amliles, Rliammus alaterna, le Tascmmoumt, Oxalis acetosella. Parmi les seconds, le nymphéa, l'ammi, la vigne ounouforos; les sauterelles, aorides ; le colchique, cfcmcron. Nous pensons que cet ouvrage est le môme que M. Schlimmer cite sous le nom deTohfa comme actuellement consulté en Perse. Nous avons vu qu'il parle aussi de la squine. Le Tohfat cl Moumenin a été imprimé à Delhy en 184'.).

FERICHTAH.

Mohammed Cassera Férichtah, l'historien de l'Inde, qui vivait au XVIIe siècle de notre ère, cultivait aussi la médecine. La Bibliothèque de Copenhague possède de lui, sous le n° 22, un traité de médecine intitulé Destour el athibba, Régie des médecins, ouvrage pour lequel l'auteur dit avoir surtout consulté les Indiens. Il est divisé en introduction, trois chapitres et un épilogue.

Dans l'introduction, il est question des éléments, des humeurs, etc.

Le premier livre traite des médicaments simples et des aliments. Le deuxième de médicaments composés.

Le troisième du traitement.

L'épilogue traite des condiments.

NODR EDDIN MOHAMMED CHIRAZY.

Nour eddin Chirazy est l'auteur d'un Traité de matière médicale intitulé Alfadh el adouya, qui existe manuscrit au n° 3 de Copenhague.

Il en a été donné une édition à Calcutta en 1793, avec traduction par Gladwin sous ce titre :

Alfaz ool Udwiyah or materia médica, in the Arabie, Persian and hindustanee Languages, campiled by Nooreddin Moohummud Ubdoollah Hiragee, Physician to the empereur Shahjuhan, With an English translation bi Francis Gladwin.

Chah Djihan, père de Dara Chekouh et d'Aurengzeb, vivait dans la première moitié du XVIIe siècle.

Il n'y a pas à douter que l' Alfadh el Adouia ne soit l'œuvre de Nour eddin Chirazy. Cependant une difficulté nous avait arrêté. Nous trouvons ce livre cité dans le Thobb Dara Chekouh que nous attribuons au même Nour eddin, et dont nous allons parler.

Nous avons passé outre en voyant Nour eddin dans le Dara Chekouh se citer lui-même : Moudjerbat Moulef, Observations de l'auteur.

NOUR EDDIN CHIRAZY ET LE THOBB DARA CHEKOUH.

Darah Chekouh,, fils de Chah Djihan, était destiné par son père au trône de l'Inde, mais il fut la victime de l'ambitieux Aurengzeb, son frère, et fut mis à mort en 1659. Passionné pour les lettres et les sciences, il les encouragea et les cultiva lui-même. Langlès lui attribue le corps complet de médecine qui porte son nom, dont les proportions rappellent celles du Canon d'Avicenne, et du Khouarezm chah de Djordany, qui n'avaient jamais été égalées.

Avec l'auteur du catalogue persan nous repoussons cette attribution. L'ouvrag'e lui fut dédié seulement, et il est l'œuvre de Nour eddin Mohammed Abdallah Chirazy.

En raison de son importance, nous croyons devoir entrer dans quelques détails sur ce grand travail, qui ne compte pas moins de 3,422 pages grand in-folio.

Il existe à la Bibliothèque nationale, sous le n° 342 du supplément, en trois volumes d'inégale étendue.

La première feuille du 1er volume fait défaut, destinée sans doute à être illustrée. Dès la deuxième, nous trouvons le nom de Nour eddin Mohammed Abdallah Hakim Aïn el Melek Chirazy.

Dans la préface, nous trouvons la citation d'une quarantaine d'auteurs qui ont été consultés, depuis Hippocrate et Galien, jusqu'aux médecins les plus récents.

Au f° 3, nous lisons encore le nom de Nour eddin.

Après la préface viennent les généralités de la médecine.

Au milieu du volume, qui contient environ 300 feuilles, nous sommes en plein dans l'anatoinie.

Nous trouvons ensuite les agents naturels, les climats, les habitations, etc., puis les signes des maladies, le pouls, l'urine, les excrétions.

Le 2a volume commence par le régime des exercices et des

aliments. Parallèlement à l'exposé des animaux, nous -trouvons en marge de nombreuses figures dont le trait est sou- • vent passable, mais dont les couleurs sont fausses. Viennent ensuite les préparations alimentaires, puis les médicaments simples et composés.

Ce volume contient 617 feuilles.

Le 3e volume ne compte pas moins de 1800 pages.

Il traite tout d'abord des bains, de la saignée et des ventouses.

De grandes figures donnent le trajet des vaisseaux, les lieux à saigner et à ventouser, ainsi qu'à cautériser.

Au folio 50, nous entrons dans la pathologie, qui traite les maladies de la tète aux pieds, Au fur et à mesure sont données de nombreuses formules, avec l'indication de leurs auteurs. Au f° 132, nous trouvons la cataracte, traitée seulement par les médicaments, la chirurgie étant très peu représentée dans ce livre.

L'auteur puise aussi dans son expérience personnelle. Ainsi nous lisons: Min moudjerbat Moulef, Moudjerreb jNour eddin Mohammed.

Après les organes et les régions, nous trouvons au f° 418 les affections articulaires, au 435 les fièvres, et du f° 469 à 475 la variole. Ce sont ensuite le phlegmon, le charbon, le cancer et les maladies de la peau.

Au f° 521, nous trouvons la syphilis, nar franguy, ablafranq, atechek, qui occupe une vingtaine de feuilles. Malheureusement, nous ne trouvons guère que des formules nombreuses, parmi lesquelles entre autres substances, nous voyons entrer la squine et l'arsenic. Imad eddin, dont nous avons parlé précédemment, est rappelé comme signalant cette affection inconnue des anciens.

Après quelques autres affections, nous trouvons les luxations et les fractures traitées du f° 561 au f° 567.

On passe ensuite aux poisons. L'opium est longuement traité.

Au f° 631, nous trouvons une sorte de monographie, les maladies des enfants et la génération.

Vers 680, il est question de la préparation des simples, ce qui rappelle le Liber servitoris d'Abulcasis.

Au f° 718, on trouve la distillation et autres opérations.

Tel est ce grand ouvrage, qui est avec le Kliouarezm chah ce que la médecine persane a produit de plus étendu. Sa date récente lui donne un intérêt de plus.

HAKIM EZZEMAN.

Sous le titre de Massih Hakim Ezzeman, la Bibliothèque de Copenhague possède un Traité sur la conservation de la santé, et le catalogue ajoute qu'il s'agit évidemment du célèbre médecin d'Aurengzeb. Nous n'avons jusqu'à présent pu trouver d'autres renseignements.

Nous croyons devoir rapprocher cet ouvrage, dont l'auteur serait peut-être identique, du suivant qui existe au n° 336 sous le titre Talif cherifi et qui contient un exposé des médicaments de l'Indostan. L'auteur est appelé Hakim Cherif Khan, et dit au service de Mohammed chah.

ALAODY KHAN.

Mirza Mohammed Hakim, dit Alaouy khan, naquit en 1670 et passa au service d'Aurengzeb, à l'âge de trente ans, en l'année 1700. Ses talents lui valurent des honneurs et des présents extraordinaires, au point qu'on lui donna son pesant d'or et un traitement de 9,000 francs par mois. Nadir chah lui continua les faveurs d'Aurengzeb. Youlant le retenir, alors qu' Alaouy désirait faire le pèlerinage de la Mekke, Alaouy ne craignit pas de répondre : on ne gagne rien et l'on risque beaucoup à retenir un médecin malgré lui.

Ce voyage de la Mekke est celui dont Abd el Kerim a conservé le récit, dont Langlès a donné la traduction.

Avant sa mort, arrivée en 1749, Alaouy légua sa bibliothèque au public.

Parmi un grand nombre d'ouvrages qu'il aurait laissés, Langlès ne cite que Le Djcma eâdjouami, sorte d'encyclopédie médicale très estimée.

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