CONSTANTIN L AFRICAIN
Nous ayons laissé Constantin au monastère du Mont-Cassin, nous bornant alors à indiquer sommairement ses travaux et son influence sur le mouvement scientifique en Occident. Il nous a semblé qu'il était plus à propos d'en poursuivre ici le développement, afin de présenter en un seul faisceau tous les emprunts faits par le moyen âg-e à l'école arabe.
Nous avons vu Constantin quitter l'Afrique après une carrière de quarante années consacrées à l'étude. Que ce soit le choix, le hasard ou la nécessité qui l'ait conduit à Salerne, on l'ignore. Cependant on peut supposer que la renommée de la célèbre école avait passé la mer. Il paraît môme que la médecine arabe était déjà connue des médecins de Salerne, ce qui ne doit pas étonner quand on se rappelle l'avènement de Gerbert au pontificat et la proximité des états musulmans de Sicile. Constantin arrivait donc sur un sol bien préparé pour recevoir la semence qu'il allait y jeter. D'autre part, une certaine culture intellectuelle s'était établie au monastère du Mont-Cassin, comme l'attestent les biographies données par Pierre Diacre: .
Les ouvrages de Constantin sont de deux sortes : des traductions, et des ouvrag'cs plus ou moins originaux. Avant de parler de chacun d'eux eu particulier, nous Croyons devoir donner la liste de ses écrits, laissée par son biographe.
Dans ce Monastère, dit Pierre Diacre, il traduisit de plusieurs langues migrant] nombre d'ouvrages parmi lesquels se distingue le Pantcçpii, qu'il divisa en douzo livres, où il expose tout <•<> que doil savoir un médecin.
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La Pratique, où il traite de la conservation de la santé et du traitement des maladies, en XII livres.
Le livre des XII degrés.
Le régime des fièvres, traduit de l'arabe.
Le livre de l'urine.
Des organes internes.
Du coït.
Le Viatique, en VII parties (le dénombrement en est mal ponctué, ce qui entraîne de la confusion).
Les Aphorismes.
Le Teg-ni, le Meg-ateg-ni et le Microtegni.
L'Antidotaire.
Des opinions d'Hippocrate et de Platon.
Des médicaments simples. %
Du corps et des org-anes de la femme.
Du pouls.
Des pronostics.
Observations.
Remarques sur les plantes.
Chirurgie.
Traité d'oc ulisti que.
Cette liste est incorrecte en plus d'un endroit.
Le Panteg-ni et la Pratique sont à tort dédoublés, attendu qu'ils constituent ensemble un même ouvrage.
Sous le titre Aphorismes, on ne se douterait pas qu'il s'agit du commentaire de Galien.
Il se pourrait que certains numéros ne fussent que des parties du Panteg-ni.
Le mot teg-ni, qui précède le meg-ateg-ni et le microtegni, est de trop, à moins qu'on ne lise : Les deux teg-ni.
On nous dit que Constantin traduisit de nombreux écrits de diverses lang-ues, et on nous signale seulement le traité des fièvres comme traduit de l'arabe,
La notice de Pierre Diacre n'en est pas moins le seul document qui nous soit resté comme biographie de Constantin, mais nous trouvons d'autres renseignements ailleurs, à savoir dans les intéressantes préfaces qui accompagnent un certain nombre de ses écrits. Elles sont adressées à quelques-uns de
ses amis, ainsi Didier, abbé du Mont-Cassin, Al f anus, archevêque de Salerne, Atto et Jean, ses élèves.
On ne s'est pas assez occupé de ces préfaces dans ces derniers temps, où l'on a fait beaucoup de bruit autour du nom de Constantin, et l'on a fait des oublis plus graves encore.
Nous avons remarqué déjà que Pierre Diacre n'a signalé que le livre des fièvres parmi les nombreuses traductions qu'il dit avoir été exécutées par Constantin. Il nous apprend ailleurs que Jean, son disciple, mourut à Naples, où il laissa les écrits de son maître. Jean donna-t-il à ces écrits la forme et les titres sous lesquels ils nous sont parvenus ? Nous l'ignorons.
Quoi qu'il en soit, ses traductions ont un caractère qui les distingue de celles de ses successeurs. Dans ses préfaces, il ne semble préoccupé que d'une chose, signaler une lacune que son écrit vient de combler. Il lui semble inutile de déclarer explicitement si l'écrit est original ou simplement traduit ; c'est assez pour lui qu'il réponde à un besoin général ou particulier. Une fois seulement, il nous donne le nom de l'auteur qu'il a traduit. Ailleurs, dans la plus importante de ses traductions, non-seulement il tait le nom de l'original, mais il met en avant des noms de médecins grecs, comme s'il voulait donner le change. Malgré les réticences de ces préfaces, il n'est pas cependant de ces traductions dont quelques manuscrits n'accusent formellement qu'elles proviennent de l'arabe.
L'attention se porta sur ces faits quand on put comparer la traduction du Maleky d'Ali ben el Abbas par Etienne d'Antioche, avec lePantegni. L'identité fut reconnue et Constantin passa pour un plagiaire.
On a de nouveau, dans ces derniers temps, agité ces questions, mais d'une façon incomplète. On s'est, d'une part, borné à deux traductions de Constantin, le Pantegni et le Viatique, et de l'autre on a négligé d'étudier les prélaces qui accompagnent diverses autres traductions. Avant de formuler l'opinion que nous croyons devoir nous faire sur les procédés de Constantin, nous croyons devoir examiner en
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particulier chacune de ses œtmvs .(^recueillir- le plus de renseignements possible*. , - -