JEAN DR SEVILLE
et Joliaunes hispalensisex arabico in latinum Ramundo (var.: Remundo, venerando) Tolletano archiepiscopo trânstulit.
Remarquons encore ici le nom de Raymond, promoteur des traductions.
Les manuscrits de cette traduction sont communs, et l'ouvrage jouit d'une certaine vogue au moyen âge.
4° Eléments d'astronomie d'Alfergan.
Le titre de l'original peut se traduire ainsi : Traité des groupes des astres, et éléments ou principes des mouvements célestes (1).
M. Woepcke a reconnu que cette traduction se trouvait au fonds latin de Paris dans les nos 6506, 7377 h, 7434, et 848 et 900 de l'ancien fonds St-Victor.
Tel est l'incipit du n° 6506 : Liber Alfragani in quibusdam collectis scientise astrorum et radicum motus planetarum, et est XXX differentiarum (2), interpretatus à Johaime hyspanensi atque lunensi.
Tel est le curieux explicit du n° 848, qui se rencontre ailleurs avec quelques variantes: Perfectus est liber alphargani in scientia astrorum et ra'dicibus motuum cœlestium, interpretatus in Luna a.Johanneyspanensi atque lunensi, et êxpletus est die vicesimo quarto die quinta mensis lunaris anni arabum quingentesimi XXYIII i existente XI die mensis marcii CLXXIII, sub laude Dei et auxilio.
Woepcke pense qu'il faut restituer ainsi la fin : expletus est die vicesimo quarto quinti mensis lunaris anni arabum quingentesimi XXVIIII. Il conclut ainsi : C'est donc le 24 djoumada 1er de l'année 529 de l'hégire, ou le 11 mars 1135 de notre ère, que Jean de Séville acheva sa traduction d'Àlfragan.
La traduction de Jean de Séville a été imprimée sous ce titre : Rrevisac perutiliscompilatio Alfragani, Norimbergo?,
Plusieurs Mss. de Paris, dont Woepcke a fait le recense-
(1) Le mot djouami de l'arabe a été compris par Jean dans le sens de recueil. On lit aussi : Liber completus in bcientia astrorum.
(2) Ce mot différentiel équivaut à division, section, chapitre.
ment, contiennent une traduction d'Àlfargan par Gérard de Crémone. Nous en parlerons ailleurs. Tel en est le titre : Liber de aggregationibus sciemtise stellarum et principiis cœlestium motuum, etc. On voit qu'ici le mot Oussoul a été rendu par principiis au lieu de radicibus de Jean de Séville.
Woepcke fait observer que le catalogue imprimé de Paris s'est trompé en dédoublant la traduction d'Alfergan sous ces deux titres : Liber de aggregationibus, et Rudimenta astronomica. En 1590, Christmann publia une traduction libre d'Alfergan accompagnée de commentaires. D'autres éditions avaient déjà paru. En 1669, Golius en publia une édition arabe latine.
5° Quadriparti de Ptolémée.
Nous le trouvons au n° 7306 sous cette simple indication : Quadri partitus Joliannis liyspalensis.
6° Centiloquium de Ptolémée. Bien que nous n'ayons pas rencontré cette traduction accompagnée du nom de Jean, nous croyons devoir la lui attribuer pour la raison suivante :
On lit cet explicit dans le n° 7316 : Perfecta est liujus libri translatio anno Arabum 530. Nous ne voyons guère à cette date que Jean d'Espagne pour avoir exécuté cette traduction.
Il y a plus. Au n° 7307, on lit, au début d'une traduction du Centiloquium : Dixit Magister Abraamus ben Dent. Ne serait-ce pas là le nom primitif de Jean?
7" Des figures, par Tsabet ben Cora.
Cet opuscule se trouve aux n'1s72S2, 7337 et 16,204. 11 s'agit rie l'emploi des figures comme amulettes. Nous trouvons mémo la recette de la confection d'un moule. On a peine à croire que cet écrit soit réellement de Tsabet ben Cora. Quoi qu'il en soit, tel est l'incipit du n" 7282: Liber ymaginum Thebit ben Cora, a Johanne hyspalensi atque lunensi in luna ex arabicô in latinum translatiis. On trouve dans le nu 16,204 un explicit identique.
.s" Introduction à l'astrologie, par Aibumazar.
Elle se trouve aux n" 7315, 7:!1<>, 16,203 et 16,204.
Le n' L6,203 débute ainsi : lu nomine Deî pii et misericôr-
JEAN DE SEVILLE. '3iO
dis. Isagoge majores Albumasaris in scientia judiciorum astrorum translatai à Johanne hyspaniensi de arabico in latinum.
Dans les autres on lit: Liber qui est major introductorius Albumasaris astrologi in scientia jucliciorum astrorum, etc., et en tète : In nomine domini nostri Jesu-Christi.
On lit à l'explicit: Translatas a Jolianne liispalensi.
On sait qu'Albumasar est le nom altéré d'Abou Machar Djafar ben Mohammed ben Omar el Balkliy. Dans la liste de ses œuvres, donnée par Djemal eddin, nous trouvons citée la grande Introduction.
9° Introduction à l'astrologie, par Alchabitius.
Tel est le titre : Introductorius ad inagisterium judiciorum astrorum Abd el Aziz qui dicitur Alchabitius.
Nous avons en vain cherché le nom de cet auteur clans nos historiens, mais sa dédicace au sultan Seyf eddoula, prince Hamdanide d'Alep, nous apprend qu'il vivait au XIIe siècle. On s'étonne que Jourdain, dans la Biog'raphie Michaud, ait avancé que cette traduction s'était faite au XIIe ou au XIIIe siècle. Sans doute cet article a précédé ses Recherches. La Biographie Didot s'est rabattue sur le XIIIe siècle. Cette traduction existe clans les nos 7282, 7321, 7321 a, 7416 et 7432. On lit au n° 7282 : Interpretatus a Joanue yspalensi. Le n° 7321 a, d'une exécution magnifique, porte les armes de France. Cette traduction a été imprimée sous le titre : Liber ysagogicus Abdilazi, etc.
10° Traductions de Mâcha Allah.
Il est probable que toutes les traductions de Mâcha Allah, opérées par Jean, ne nous sont pas parvenues accompagnées de son nom.
Il en est cependant resté un certain nombre qu'il a signées. La plupart ont trait à l'astrologie.
Nous trouvons diverses traductions de ce genre dans les n03 7282, 7307, 7310, 12,2.04, etc. Ces traductions portent généralement cet explicit: Translatais (ou versus) à Johanne hyspalensi in lima ab arabico in latinùm.
Les nos 7307 et 16,204 contiennent la traduction d'un traité sur les éclipses, avec le nême explicit.
Le n° 7316 bis porte, encore le même explicit à la suite d'un traité sur les pluies, de imbribus.
Ce fut donc à Luna que Jean exécuta serf traductions de Mâcha Allah.
On sait que cet astronome, juif de religion, vivait sous le règne d'El Mansour. On peut lire la liste de ses écrits dans Casiri, d'après le Kitab el hokama. Nous y retrouvons les ouvrages traduits par Jean.
Mâcha Allah composa un livre sur la construction et l'usage de l'astrolabe. Nous en avons la traduction aux nos7194, 7195, 7208, etc. D'autre part nous trouvons sous le nom de Jean, au n" 7202, la pratique de l'astrolabe. Nous pensons que Jean n'est ici que traducteur.
M. Steinschueider, qui, dans son catalogue du British muséum, a établi la bibliographie de Mâcha Allah, cite encore une traduction de Jean qui nous a échappé : De receptione (conj unctione) plan etarum .
On trouve encore sous le nom de Jean : Tractatus pluviaruiïi et aeris mutationes, n° 7316 bis; de testimoniis planetal'ura, n.0 7328. Nous pensons qu'il s'agit de traductions plutôt que d'écrits originaux.
Pour en finir avec Jean de Séville nous citerons deux titres que nous n'avons rencontré que dans la B. Bodléienne :
Liber Avendauth de V universalibus.
Metaphysica Avendauth .
Ajoutons enfin que d'après un passage d'Albert le Grand, cité par Jourdain, Recherches, 114, une traduction delà Logique d'Aristote et peut-être encore d'autres auteurs arabes, aurait été faite par Avendaut (écrit Avendar).
GDND1SALVI.
Nous ne connaissons pas mieux (iundisalvi que Jean de Séville, vu la connexité des documents qui les concernent. Antonio, dans sa Bibliothèque espagnole, n'a môme pas pu lui assigner une date certaine; bien plus, il a. fait trois individus (b; sa personne, ainsi que l'a, déjà l'ait remarquer Jour-
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dain. Il nous donne d'abord la liste des traductions d'un Gundisalvi, d'après le franciscain Wallensis, à savoir la division de la philosophie, le livre de l'âme, celui du ciel et du monde. Plus loin, il attribue à Dominique, archidiacre de Ség'ovie, la traduction de la Philosophie d'Algazel (Gazzaly) ; enfin il attribue à Jean Gundisalvi la traduction de la Physique d'Avicenne.
Nous avons vu, dans la notice de Jean de Séville, que l'archidiacre Dominique Gundisalvi fut son collaborateur dans latraduction du Livre de l'âme d'Avicenne, qu'il rendait en latin ce que le juif Avendauth traduisait en langage vulgaire, et que cette traduction se fit à Tolède sous l'inspiration de l'archevêque Raymond.
Il en advint de Gundisalvi comme de Jean de Séville. Il se compléta par l'étude de l'arabe et traduisit à lui seul. Après la traduction du livre de l'âme, nous voyons les deux traducteurs marcher isolément. Gundisalvi suivait une meilleure route que Jean de Séville, attendu qu'au lieu de se diriger vers l'astrologie, il resta sur le terrain de la philosophie.
Telles sont les traductions que Jourdain lui attribue :
l" Avicenœ libri de anima.
2° Ejusdem libri physicorum quatuor.
3° Ejusdem metaphysicorumdecem.
4° Liber de cœlo et mundo.
5° Algazelis philosophia.
6° Alpharabius, de scientiis.
Nous commencerons notre revue par ces traductions.
1° Livre de l'âme, d'Avicenne.
Nous n'avons pas à rappeler ce que nous en avons déjà dit dans la notice de Jean de Séville. Nous rappellerons cependant que si cette traduction porte quelquefois un seul nom, le prologue n'établit pas moins l'action commune des deux collaborateurs, et la part spéciale de chacun d'eux. Nous rappellerons aussi la fin du prologue, déjà signalée par Jourdain :
In quo (libro Avicenœ) quidquid Aristoteles dixit in libro suo de anima et de sensu et sensato et de intellectu et intellecto, ab autore libri scias esse collectum. Unde postquam,
Deo volente, liunc habueritis, in iioc illustres plenissime vos habere non dubitatis.
Ce passage prouve, selon Jourdain : 1° Qu'on n'avait point à cette époque les traités d'Aristote sur le même sujet; 2° Qu'on regardait Avicenne comme l'abréviateur, le copiste du philosophe grec.
2° Le traité de l'âme, avec commentaire.
Gundisalvi paraît avoir publié sous son nom le Traité de l'âme avec commentaire. Dans le n° 8802 le livre de l'âme est accompagné de cette annotation : Liber iste dividitur in V partes. In quinta continetur quod adjecit Avendauth. Le ïi° 16,613 (1793) donne ce livre sous le nom de Gundisalvi avec cette indication : Continens X capitula, et nous lisons ensuite : Explicit commentum de Anima.
D'autre part, les prologues ne sont pas complètement identiques. Nous lisons ici : Qua propter quidquid apud philosophos de anima rationaliter dictum inveni simul in unum colligere curavi. Opus si quidem latinis incognitum, ut pote in archanis grecse ethebraicre linguse recondituni, etc.
Nous trouvons enfin un Ms. de la Bodléienne sous cetitre :
Gundisalvy de anima, liber secundumphilosophos de creationemundiàDominico Gundisalvo Toletiarchidiacono translatus de arabico in latinum.
3" Métaphysique d'Avicenne.
Elle se trouve au n° 6443, et débute ainsi : Postquam auxilioDei explevimus tractatum scientiarum logicarum, naturalium et doctrinalium, etc. Tel est l'explicit : Completus est liber quem transtulit Dominicus Gundisalvi archidiaconus Tlioleti de arabico in latinum.
Dans le n" 10,607, le titre est : Liber Avicemp de philosophia seu de scientia divina, et l'explicit se borne à dire : Completus est liber tolleti translatus.
4° Physique d'Avicenne.
Cette traduction se trouve dans le n° 6143, après la métaphysique et avant le livre de l'âme. Nous trouvons ensuite: Decœlo etmundo, Liber Gundisalvi de processionomundi, les Animaux d'Avicenne, la Métaphysique d'Algazel, le Traité de ortu scientiarum donné sous le nom d'Avicenne, puis à
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la fin la Logique d'Algazel et celle d'Avicenne. On serait peut-être autorisé à conclure que toutes ces traductions sont du fait de Gundisalvi.
5° Traité du ciel et du monde.
Comme nous venons de le dire, il se trouve dans le n° 6443, mais sans nom de traducteur.
6° Ecrits d'Algazel (Gazzaly).
On trouve la Métaphysique auxn0i 6443 et 6652. Ce dernier Ms. donne cet incipit : Liber philosophie Algazelis trîinslatus a Magistro Dominico archidiacono segobiensi apud Toletum de arabico in latinum. Dans le n° 14,700 nous lisons : Liber metaphysiee Argazelis cum naturalibus ejusdem, puis : explicit metaphysica Arg*azelis, incipit ejus physica. Plus loin nous trouvons la logique d'Algazel, qui figure également au il0 6443.
7° et 8° Alfaraby.
Gundisalvi nous paraît avoir traduit d'Alfaraby deux ouvragées qui ont été confondus par Jourdain, et que les documents que nous allons produire nous font distinguer.
Le n° 14,700 de Paris contient le livre De divisione philosophie, qui débute ainsi : Félix prior etas que tôt sapientes protulit.
La Bodléienne contient trois Mss. sous les titres suivants :
Gundisalvi, De divisione philosophie; Gundisalvi, De divisione philosophie in suas partes ; Alfarabii, De scientiis sive Gundisalvi, De divisione philosophie. Ainsi le livre d'Alfaraby, De scientiis, et celui de Gundivalvi, Dedivisione philosophie seraient un même ouvrage.
D'un autre côté, nous trouvons sous le nom d'Alfaraby le livre De ortu scientiarum, n° 6298, débutant ainsi: Scias nihil esse nisi substantiam et accidens et creatorem substantie. Voilà donc un livre différent du précédent. Le n° 6443 donne le livre De ortu scientiarum sous le nom d'Avicenne, mais par erreur, car le début est le même.
9° De l'immortalité de l'âme.
Ce traité original se trouve au n° 16,613. Jourdain en a donné. le début.
Au f° 43 on lit: Gundisalvi, De immortalitaté anime.
10° De processione mundi.
Ce titre accompagné du nom de Gundisalvi, se lit au f° 95 du n° 6443.
Antonio donne à Gundisalvi comme collaborateur dans la traduction de la Physique d'Avicenne, un certain Salomon, dont nous n'avons pas retrouvé le nom ailleurs.
Disons encore que Jourdain considère Gundisalvi comme traducteur du Fons vitœ d'Avicebron, et que Munk l'affirme positivement.