LES TRADUCTEURS
Nous avons vu la première des traductions de Tolède se faire par deux personnag*es. Nous allons en voir une exécutée par le concours de quatre. La première était inspirée par l'amour de la science : la seconde le fut par le fanatisme. Ceux qui ne pouvaient combattre l'Islamisme par l'épée, glaclio non valemus, voulurent le combattre par la plume.
Pierre dit le vénérable, abbé de Cluny et ami de St-Bernard, fut le promoteur de cette croisade d'un nouveau genre. On peut juger de la violence de son zèle religieux par une lettre qu'il écrivait au roi de France, où l'on voit reparaître ce fanatisme qui égara les premières bandes de Croisés traversant l'Allemagne. « Que servira, dit-il, d'aller poursuivre au loin les ennemis de la foi, si nous laissons au milieu de nous les juifs plus criminels encore que les Sarrasins ? »
L'abbé de Cluny voyageant en Espagne, pour inspecter les établissements de son ordre, y rencontra Pierre de Rétine et Hermann Dalmate occupés de géométrie. Il les embaucha pour traduire le Coran, qu'il se proposait de réfuter.
Lui-même raconte ces lait:; dans une lettre à St Bernard: