‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 18 sur 241 · MAIMONIDE · texte numérisé non relu

MAIMONIDE

Maimonide est un des plus grands noms du judaïsme. Il est môme admis chez les Juifs que depuis Moïse, rien d'aussi grand n'a paru dans Israël. A ce titre, et bien qu'il appartienne plus encore à la philosophie qu'à la médecine, nous croyons devoir entrer à son endroit dans quelques détails. Pour les faits en dehors de nos sources habituelles, nous nous en rapportons aux manuscrits et à Munk, l'homme qui s'est le plus occupé de Maimonide.

Abou Amran Moussa ben Mimoun ben Obéid Allah naquit à Cordoue en 1135, d'où le surnom de Quorthoby. On le désigne encore sous le nom de Rambam, mot formé des initiales des mots Rabbi Moussa ben Mimoun.

Outre son père, il eut pour maître un disciple d'Ebn Badja, et pour condisciple un fils de l'astronome Djaber ben An1 ah. On l'a dit à tort en relations avec Ebn Badja et Averroès.

Il avait treize ans quand Abd el Moumen somma les juifs et les chrétiens de choisir entre la mort, le bannissement ou la

conversion. Il est bien établi, malgré qu'on l'ait contesté, que Maimonide se résigna, du moins extérieurement, à professer l'islamisme jusqu'à l'âge de 30 ans. Ce fut pour lui une époque de fortes études. En 1160 sa famille se rendit à Fez, puis cinq ans plus tard elle débarquait à St-Jean d'Acre, d'où Maimonide gagna l'Egypte et se fixa à Fostath.

Maimonide fit d'abord, pour assurer son existence, le commerce de pierreries, en même temps qu'il s'occupait de science, faisait des cours et pratiquait la médecine. Sa réputation parvint jusqu'au vizir El Fadhl Beissàny, l'ami de Saladin, qui le mit à même de se passer du commerce, en le faisant admettre parmi les médecins de la cour. El Fadhl le tira plus tard d'un mauvais pas. Un certain Aboul Arab, qui l'avait connu en Espagne, l'accusa d'avoir retourné au judaïsme après avoir professé l'Islamisme. El Fadhl intervint, et mit l'accusation à néant pour la raison qu'une conversion imposée par la force ne peut être considérée comme sérieuse. A part ces épreuves, la fortune sourit à Maimonide, et il se montra digne de ses faveurs. Ses lettres accusent le haut rang- qu'il occupait et l'étendue de ses occupations. Tous les jours il se rendait de bonne heure au Caire, en revenait au milieu du jour et trouvait sa maison remplie de solliciteurs et de malades de toute condition. Il donnait ses soins aux malades jusqu'à une heure si avancée de la nuit qu'il en tombait de fatigue. Tandis que Ebn Abi Ossaïbiah le donne comme un grand praticien, Djemaleddin lui refuse l'exercice de la médecine. Cependant ses écrits témoignent de ses connaissances et même de sa pratique, et nous savons d'ailleurs que le père d'Ebn Abi Ossaïbiah le compta parmi ses maîtres. On serait peut-être dans la vérité en admettant que Maimonide, plus érudit que praticien, enseigna la médecine par l'explication des grands maîtres et i'uf trop occupé d'ailleurs pour se livrer beaucoup à l'exercice de la médecine etconuptèr parmi les médecins émiuents.

C'esl du reste ce qui ressortira de l'exposé que nous ferons bientôt de seacompositions médicales. Les plus importantes manquent d'originalités

b rendit an l 'aire pour y voir trois personnages,

dont l'un était Maimonide. « Je reconnus en lui, dit-il, un liomme d'un mérite très supérieur, mais dominé par le désir de tenir le premier rang* et de faire sa cour aux personnages puissants. »

Maimonide fut nommé chef de ses coreligionnaires et vécut jusqu'en l'année 1204 de l'ère chrétienne.

Écrits de Maimonide, généralement en arabe.

Nous commencerons par l'exposition de ceux qui ont trait à la médecine.

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