‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 186 sur 241 · MICHEL SCOT · texte numérisé non relu

MICHEL SCOT

Ainsi qu'il est arrivé pour un certain nombre de grands esprits de cette époque., le nom de Michel Scot nous est parvenu à travers les légendes et les fables. On en a fait un astrologue, un prophète, un magicien, un alchimiste, et on nous a laissé peu de documents sur son existence, dont nous ne connaissons que les principaux traits.

On le dit né en Angleterre vers l'année 1190, ce qui est vraisemblable, un de ses écrits portant la date de 1217. Ce qui l'est moins c'est qu'il ait vécu jusqu'en l'année 1290. Pits va même jusqu'à dire : Floruit anno 1290. Jourdain pense qu'il ne dut pas survivre longtemps à Frédéric IL Nous verrons plus tard une traduction datée de 1260, qui semblerait pouvoir lui être attribuée.

Pits nous raconte qu'il étudia d'abord à Oxford puis à Paris, qu'il se passionna pour les mathématiques, la philosophie et l'astrologie, qu'il fut heureux dans bien des prédictions ce qui, du reste, est conforme à d'autres témoignages, mais ce qu'il faut, dit-il, attribuer à sa pénétration.

Nous savons positivement que Michel Scot habita Tolède, où il traduisit de l'arabe en latin, et peut-être de l'hébreu, et que cette connaissance des langues orientales lui valut l'amitié de Frédéric II, auquel certaines de ses traductions sont adressées. Pits lui attribue la connaissance du grec, de l'hébreu, de l'arabe et du chaldéen.

Deux de ses contemporains, Albert et Roger Bacon, portent sur Michel Scot un jugement sévère. Roger Bacon l'accuse d'avoir ignoré les mots et les choses, et d'être redevable de presque tout ce qu'il a produit à un juif du nom d'André. Que ces critiques soient exagérées, nous le pensons, mais l'inspection des ouvrages de Michel Scot prouve qu'il

était un médiocre traducteur. Cependant l'étendue de ses travaux, la grande, bien que parfois étrange renommée qu'il a laissée témoignent qu'il fut un des grands esprits du moyen âge.

La notice bibliographique de Michel Scot, bien que les éléments en soient plus copieux que ceux de sa biographie n'en reste pas moins à faire, après l'Histoire littéraire, Jourdain, Hauréau, Renan, etc., pour ne parler que des modernes, qui ont pris de l'œuvre de Michel Scot une connaissance plus étendue et plus correcte que leurs devanciers. Nous n'avons pas la prétention de combler cette lacune, mais seulement de mettre un peu d'ordre dans les documents à notre disposition et d'en ajouter quelques nouveaux.

Nous prendrons, comme Jourdain, pour base la liste donnée par Pits, afin de faire voir le chemin que l'on a parcouru depuis, déclarant par avance qu'elle est très inexacte. La voici :

1° Super autorem sphseïse. Sicut dicit philosophia in principe).

2° In Aristotelis Metheora. Tibi, Stéphane, depromo hoc opus.

3U De constutionemundi.Maxima cognitio naturge et scientise.

4° De anima. Intendit persubtititatem demonstrare. • 5° De cœlo et mundo .

(y De generatione et corruptione.

7° De substantia orbis.

8U De somno et vigilia.

9° De sensu et sensato .

10° De memoria et reminiscentia.

11° Contra Averroem in Metheora.

12u Imagines astronomie».

13° Astrologorum dogmata.

14° In ethica Aristotelis.

15° De signis planetarum.

16° De chiromantia.

iv De pli,\ aiognomia.

18° Abbreviationes Aviceuœ.

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19° De Animalibus ad Csesarem.

1° Super autorem sphgeras. Jourdain le donne comme un commentaire de Sacrobosco, contemporain de Michel Scot, et M. Hauréau pense qu'il s'agit plutôt d'Alpetragius.

Nous placerons ici une traduction passée sous silence par Pits, et qui porte précisément sur un ouvrage de ce même Alpetragius, forme latinisée d'Al Bitroudjy. On lit dans les Mélanges de Munkla citation d'un juif qui écrivait en 1247 et qui avance qu'Ai Bitroudjy vivait trente ans auparavant. Ainsi que nous allons le voir, la traduction fut à peu de chose près contemporaine de l'auteur.

Nous l'avons rencontrée aux nos 7399 et 16,054 de la Bibliothèque nationale (ancien 1860), et 96 de l'Arsenal.

Le rï° 7399 donne pour titre : Opus Alpetragii de motu çorporum cœlestium. Jourdain en a reproduit l'introduction : Detegvarn tibi secretum pectoris mei, etc.

Nous nous arrêterons un instant sur quelques lignes de ce passag*e, où l'auteur parle de ses devanciers :

« Prosecutus sum dicta antiquorum, secundum quod posuit Tholomeus qui fuit fundamentum hujus s'cientiae, et secuti sunf eum sequentes sapientes, et non diversificati sunt aliqui ab eo, prœter Abu Isac, Abrahim, Enewah, Winolus, et Zarques in motu sphserse stellarum fixarum et Abu Mahornethi Jeber autem olfay Ispalensis, etc.

D'Abou Ishaq et d'Abraham nous ne faisons qu'un seul personnage, Abou Ishaq Ibrahim ben Helal ben Zahroun, astronome Sabien qui mourut en 384 de l'hégire, 994 de notre ère. Dans Enewah on pourrait voir El Anoua. Dans Winolus, on pourrait voir peut-être Ouidjan, astronome contemporain et collaborateur d'Abou Ishaq Ibrahim ben Helal.

Quant à Zarques, que certains Ms. donnent Zarquel (n° 7399) nous le connaissons. Il en est de même du suivant, qui n'est autre que Abou Mohammed Djeber ben Afiah, dont Maimonide corrigea le traité de la sphère. Du reste, nous lisons plus correctement son nom dans le n° 96 de l'Arsenal ; Abu Mahomethi Iebrisaven Afia, et même dans les Mss. de la B. Nationale le nom de cet astronome, cité plusieurs fois, est écrit plus correctement.

L'explicit de cotte traduction présente de l'intérêt. Chacun des Mss. 7399 et 16,054 le donne différemment. Jourdain les a reproduits tous deux. Nous allons en faire autant, et ajouter une troisième forme, celle du n° 9G de l'Arsenal.

N° 16,654 (ancien 1820). Perfectus est liber Aven Alpetrand. Translatus est à Magistro Micliaele Scoto Tholeti, in anno decimo octavo die veneris Augusti, hora tertia cura abuteoleucie, anno incarnationis Jesu Christi, 1217.

N° 7399, In decimo octavo die Augusti, in die veneris, hora tertia, cum abuteolente, era MCC quinquagesima quinta.

N° 98, Translatus a Magistro Micliaele Scoto Tolleti, in decimo VIII die veneris Augusti, hora tertia cum abuteolente, anno incarnationis Jesu-Christi 1000 simo 200 simo 27 timo. Comme l'a fait observer Jourdain, les deux premières dates concordent en ce que l'une part de l'ère chrétienne et l'autre de l'ère d'Espagne. Il y a probablement une faute de copiste dans la troisième.

Quant à ce mot abuteolente, nous en ignorons le sens. Les ncs 2 et 3 de Pits, ainsi que l'a déjà fait observer Jourdain, représentent, non par l'exactitude du titre, mais par le début, le Livre du ciel et du monde. La ligne du n" 2 est le début du prologue du traducteur, et celle du n° 3 celle de la traduction. Tel est le prologue de Michel Scot :

Tibi, Stéphane de Pruvino, hoc opus quod ego Michael Scotus dedi latinitati ex scriptis Aristotelis specialiter commendo, et si aliquid Aristoteles in completum demisit de constitutione mundana in hoc libro, recipies ejus supplementum ex libro Alpetradji quem similiter dedi latinati, et es in eo exercitatus (n" 1G,156, ancien 924). Nous lisons dans M. Renan que M. Lourquelot a retrouvé le nom d'Etienne de Provins dans plusieurs chartes de 1212 à 1221.

On lit au n" 14,385: Incipit prologus commenti super libruin celi et mundi quem commentatus est Averois phylosophus in greco (sic) et Michael Scotus transtulit in latinum.

Dans ce Mb. se trouve aussi le commentaire d'Avcrroès sur le Traité de l'âme traduit par Michel Scot, et on y remarque La même erreur de copiste à propos d'Àverroès : in greco.

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