TOME II
Hyde refuse au père Ange la paternité de cette traduction, dont il regarde le père Mathieu comme l'auteur.
Le fait est que le père Ange n'accuse pas bien carrément son rôle de traducteur. On en jugera par un extrait de sa préface, du reste longue et embarrassée:
« Cependant je fréquentais le père Mathieu à Chiraz, et j'enviais ses succès, le voyant baptiser, sous prétexte de médecine, non-seulement des enfants, mais des adultes. Je commençai donc à joindre l'étude de la médecine à celle du persan. Je traduisis dans cette langue les Aphorismes d'Hippocrate. »
Après avoir signalé les avantages que l'on retire de la médecine comme moyen de propagande, il ajoute :
« Recevez donc, ô zélés missionnaires, ce faible produit d'un long* travail. J'ai lu beaucoup de livres arabes et persans, surtout le cours de médecine intitulé Zechira Chouarezmchahi (de Djordjany); j'ai visité les collections des savants d'Ispahan, et cent fois les officines des droguistes, des pharmaciens et des chimistes (j'aurais fait dix traductions ordinaires dans le temps que j'ai mis à celle-ci). Je vous offre toute la pharmacopée, de façon que s'il se présente à quelqu'un le nom ordinaire ou étranger d'un médicament soit en latin, soit en persan, avec ce livre il peut se présenter dans les officines, qui sont remplies de médicaments simples et composés. Pour qu'il ne reste rien à désirer sous le rapport de la nomenclature, je conseillerai à tous les voyageurs en Perse de ne pas négliger d'acheter l'original persan, exemplair persicum, qui se vend chez les libraires sous le titre de Mourekkebat crabadin, c'est-à-dire composition pharmaceutique. L'auteur est Moudhafer eben Mohammed el Hosseiny. »
On voit que ni le titre de l'ouvrage^ ni le nom de l'auteur ne sont ni corrects ni complets.
Le père Ange dit ensuite que, pressé par le temps, il n'a pu donner que quelques notes à la fin de la pharmacopée ; qu'il avait composé trois ouvrages sous le titre de médecine orientale, dont deux périrent en mer.
Cette préface n'a pas les allures franches. C'est entre pa-