IL - L'IRAK
La première moitié de ce siècle fut remplie de troubles et les Khalifes de Bagdad furent effacés par les Sedjoucides, qui n'y remplacèrent pas également les Bouïdes, comme protecteurs des sciences.
Les Khalifes prirent enfin le dessus. Deux d'entre eux, Mostandjeb et Nasser, firent revivre les anciennes traditions et créèrent des mosquées, des écoles, des bibliothèques et des hôpitaux.
Cependant les musulmans ne fournirent que des médecins d'un ordre inférieur. Les quelques hommes éminents qui parurent à Bagdad étaient des chrétiens et un juif converti, et parmi les noms qui nous ont été conservés, la moitié sont des noms chrétiens. Le plus illustre d'entre eux, AminEddoula ebn Ettalmid, nonobstant sa qualité de chrétien, fut attaché à la cour, en grande faveur auprès des Khalifes Moctafi et Mostandjeb, attaché à l'hôpital el Adhedy et élevé à la dignité de chef des médecins. Il semble que ce ne fut pas pour lui une sinécure, car il eut à passer à l'instar de Sinan ben Tsabet, des exameos où se renouvela la même aventure d'un médecin payant de mine et pauvre de science. Un autre médecin chrétien, éminent et respecté, fut Abou Nasr el Messihy.
A côté de ces noms il n'en est plus qu'un à placer, celui d'Aboul Barakat Aouhad Ezzeman, qui de juif se fit musulman, homme d'une grande intelligence, mais caractère ambitieux et jaloux, ennemi d'Amin Eddoula,
2ï HISTOIRE DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE CINQUIÈME.
A quelque distance nous placerons encore un éminent médecin musulman Faklir eddin el Mardiny.
Parmi les événements du siècle nous devons signaler une bourrasque de réaction religieuse, où l'on vit des œuvres de philosophie et même d'astronomie brûlées en place publique, sous l'inspection d'un médecin, Ebn el Marestanya, et au grand étonnement de l'Israélite Yousef Essebty.
Nous voyons cependant, outre les médecins chrétiens déjà nommés, Abou R'aleb ben Safya et Ebn el Mouammil attachés à la personne des Khalifes.