‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 2 sur 241 · TOME h · texte numérisé non relu

TOME h

DJORDJANY.

Aboul Fedhaïl Ismaïl ben el Hossein Zeyn eclclin Eddjordjany, ou du Djordjan, ainsi que l'indique son surnom, naquit probablement au commencement du XIIe siècle. C'était un médecin éminent, et qui fut en faveur auprès des souverains du Khouarezm, auxquels il dédia la plupart de ses écrits. Les renseignements ne manquent pas précisément sur son compte, mais ils sont quelque peu confus et contradictoires. Hadji Khalfale fait mourir en 535 de l'hégire, 1140 de notre ère, ce qui ne concorde pas avec certaines dédicaces de ses écrits, qui le reporteraient à la fin du XIIe siècle. Il écrivait en persan.

Hadji Klialfa nous donne les titres de trois de ses ouvrages, la Dekhira, n° 5504, le Khafy, n° 4738, et VArrad Etthobhya, n° 987.

La Dekhira Khouarezmchahy, ou trésor Khouarezmien, paraît être son ouvrage le plus considérable, attendu qu'il ne contenait pas moins de dix volumes. Il aurait été dédié, suivant d'Herbelot, au sultan Ala eddin Takach, le cinquième de la Dynastie des Kliouarezmiens, qui régnait de 1186 à 1107. Takach est le seul de la dynastie qui ait porté le surnom d'Ala eddin, à notre connaissance. Or, comme la qualification d'Alay se rencontre dans plusieurs titres des ouvrages de Djordjany, il est naturel de croire que les dédicaces ont eu lieu sous le règne de ce prince, plutôt qu'avant son avènement au trône.

La Dekhira se trouve au fonds persan de la Bibliothèque nationale, sous les n°* 510, 517, 548 et 549.

Elle existe aussi en traduction hébraïque, main incomplète, ■ ous le n" 1 100 du fonds hébreu. Le catalogue faitcette observation que c'est jusqu'à présent le seul ouvrage persan connu, traduit du persan en hébreu.

D'après d'Herbelot, Djordjany aurait détaché de cette grrande composition deux volumes sous le titre de Agrad atthaibat Ce titre est inexact; Tel est-il au complet: El

arr'ad etthobbyat ou El mebahit el alaiya, Questions de médecine et discussions alayennes. Ce dernier mot implique une dédicace à Ala eddin Tacach. Au lieu de détaché comme dit d'Herbelot, nous verrions plutôt là un abrégé de la Dekhira, et nous supposons que cet abrégé est représenté, en traduction arabe, par le n° 1019 de l'ancien fonds arabe de Paris.

Le traducteur nous dit que parmi d'autres ouvrages il a remarqué le Moktasser alaïy, de Djordjany, et qu'en raison de son mérite il l'a traduit du persan en arabe. Cet écrit se divise en deux parties, dont la première comprend les généralités de la médecine et la seconde la pratique, y compris la chirurgie, la cosmétique et la toxicologie.

Nous avons vu déjà le titre d'un autre ouvrage qui rappelle aussi le nom d'Ala eddin, le Khafy Alaïy, ou le secret Alayen, se composant de deux volumes. Nous ne pouvons affirmer, en l'absence de documents, qu'il diffère du Mokhtasser, qui se compose du même nombre de volumes.

D'après le catalogue du fonds persan, Djordjany aurait composé un ouvrage pour Atziz, le 2e prince de la dynastie Khouarezmienne, et un autre plus considérable pour le vizir Medjed eddin Abou Mohammed, divisé en 26 livres. Cet ouvrage aurait été en grand crédit chez les Orientaux, mais on a dit à tort que c'était là que le frère Ange de St- Joseph aurait tiré sa pharmacopée persane.

Le même catalogue cite encore sous le nom de Compendium de médecine, n° 549, un autre ouvrage de Djordjany.

Nous regrettons que notre ignorance du persan ne nous ait pas permis de recourir à ces manuscrits pour résoudre les questions obscures de la bibliographie de Djordjany.

Voici maintenant ce qu'on lit dans certaines copies d'Ebn Abi Ossaïbiah.

CHERF EDDIN ISMAËL.

Le Chérif Cherf eddin Ismael était un médecin éminent» attaché à la personne d'Ala eddin Khouaresm chah, qui le tenait en grande considération et lui faisait des appointe-

ments de 1,000 dinars par mois. Il ne survécut pas à son protecteur. On le citait pour ses succès dans la pratique médicale. Il écrivit plusieurs ouvrages.

Un traité de médecine intitulé le Trésor, Eddakhira en 12 volumes, dédié à Kliouaresm chah.

Des accidents en médecine.

Présent offert aux médecins.

Tous ces ouvrages étaient écrits en persan.

Evidemment ces deux personnages n'en font qu'un ; mais nous manquons de renseignements pour concilier les dires contradictoires.

FAKHR EDDIN ERRAZY.

Abou Abd Allah ben Omar ben el Khathih Fakhr eddin Errazy naquit à Rey, en 1149. Son père, qui était un homme distingué, s'était fait une réputation comme orateur et prédicateur éloquent, d'où le surnom d'Ebn el Khatib. Comme son illustre homonyme il tirait le surnom d'Errazy de Rey sa ville natale.

Fakhr eddin Errazy est le dernier grand philosophe qu'aient produit les Arabes. Bien qu'il ne tienne à la médecine que par son côté le plus faible, nous devons cependant mettre en lumière cette grande personnalité, par la raison qu'il eut une haute influence sur la diffusion et la permanence des sciences dans la haute Asie, tant par ses écrits que par ses nombreux élèves.

L'existence de Fakhr eddin Errazy est la plus excentrique de toutes celles que nous avons rencontrées jusqu'à présent. Nous le voyons en effet courir de la Perse au Maouarennahr et de Bokhara à Hérat.

C'est ainsi que la science grecque faisait la conquête de l'extrême Orient, après celle d'Alexandre.

Fakhr eddin Errazy profita sans doute des leçons de sou mais nous lui connaissons un professeur de philosophie ii Méraga, dans la personne d'Ali Medjed eddin Eddjily ■ni du Ghykm.

Il devint bientôt professeur à son tour. On accourait de

tous les côtés à Rey pour l'entendre, et quand il marchait dans les rues il lui arrivait parfois d'être suivi d'une troupe de trois cents disciples. Il avait aussi des élèves particuliers parmi lesquels Kotob el Misry était en quelque sorte son lieutenant. Il les faisait souvent discuter ensemble et intervenait à propos dans leurs discussions.

Son voyag*e dans le Maouar ennahr ne paraît pas avoir été à son avantage. Il en fut dédommagée à son passage à Saraks, où il reçut une généreuse hospitalité chez un homme capable de l'apprécier, le médecin et philosophe Essarakhsy.

Il fut dignement accueilli par Khouaresm chah prince de Hérat, et il se fixa dans cette ville où il resta jusqu'à la fin de sa carrière arrivée en 606 (1209). (1)

A Hérat, Fakhr eddin compta parfois plusieurs souverains parmi ses auditeurs.

Il avait un frère du nom de Rokn eddin qui apporta quelque légère amertume dans son existence. Ce frère le suivit partout et s'attachait à le contrecarrer, jusqu'à ce qu'enfin Khouaresm chah le fit interner.

Fakr eddin eut deux fils, Dhya eddin et Chems eddin qui furent dignes de lui. Il disait du second: S'il vit son âge, il me dépassera. Quand Gengiskhan eut défait Khouaresm chah, le vizir Ala el Malek alla le trouver et en obtint un sauf-conduit pour la famille de Fakhr eddin. Lors du sac de Hérat, lafoule s'était portée dans sa maison, mais on massacra tout le monde, hormis les enfants de Fakhr eddin, qui furent adressés à Gengiskhan et accueillis avec les plus grands égards.

Aboulfarage nous raconte que Fakhr eddin se fit enterrer dans sa propriété clans la crainte que la foule ne profanât sa tombe, par la raison qu'il passait pour un croyant équivoque. D'autre part Ebn Abi Ossaïbiah nous rapporte qu'il dicta son testament à ses élèves, à son lit de mort, et que ses pensées étaient toutes en Dieu.

Nous ne pouvons entrer dans le détail de tous les écrits

(1) Comblé de présents, Fakhr eddin laissa en héritage, outre de nombreuses propriétés, 80,000 écus d'or.

de Fakhr eddin, dont bien peu appartiennent à la médecine. Wûstenfeld en enregistre 76, dont un grand nombre nous ont été conservés et se rencontrent dans nos bibliothèques.

Nous nous bornerons à dire que les ouvrages étrangers à la médecine portent sur le Coran, les dogmes musulmans, la religion, la morale, la philosophie, les doctrines d'Avicenne et de Gazzaly, la physique, la dialectique, sur une sorte d'encyclopédie des sciences, sur les mathématiques, sur Euclide, et même sur la grammaire et sur la divination. Il cultiva aussi l'alchimie, pour laquelle il dépensa beaucoup.

Tels sont les ouvrages relatifs à la médecine.

Un grand traité de médecine, incomplet, dit El Maleky.

Un traité sur le pouls.

Un commentaire sur les généralités du Canon, inachevé.

Un traité des boissons.

Un recueil de questions de médecine.

Quelques-uns de ses ouvrages furent écrits en persan.

ESSARAKHSY.

Abderrahman ben Abderrahim reçut le surnom de Sarakhsy, de sa ville natale, dont il était le plus éminent médecin. Tout ce que nous savons sur son compte se réduit à peu près à sa rencontre avec Fah.hr eddin Errazy en 580, auquel il offrit une généreuse hospitalité pendant tout le temps de son séjour à Sarakhs.

Pour lui témoigner sa gratitude, Fakhr eddin composa à son intention un commentaire sur les généralités du Canon, le lui dédia, et le fit précéder d'une préface où il faisait l'éloge d'EssaraJshsy.

Ce commentaire, méconnu par l'auteur du Catalogue du

supplément arabfc, M. Reinaud, existe évidemment sous le

n° loi:., Impartie. Le Ms. est tronqué, mais la dédicace est

e : Je l'ai placé sous le nom (suivent dos appellations

élogii ' Ybderrahman ben Abdel Kerim Essa&akhsy.

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