‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 36 sur 241 · II · texte numérisé non relu

II

Chr. Saïd ben Tourna. 1223

Mohaddeb eddin ben

Hobal. 1219

Chems eddin ben Hobal.

Takv eddin ebn el Khaththab.

Chr. Hasnoun Errohaouy. 1227 Chr. Massoud benel quass.

Chr. R'ars ennâma.

Chr. Issa ben el quassis.

Kemal eddinbenlounes. 1242

Théodore d'Antioche.

Khalifa ben A.bil Mahassen.

Chr. Aboulfaradj Grégoire. 128G Chr. Abou Solem ben Kara-

ba. 1234

Siraéon de Chartobeit.

Kemal eddin el Mously.

Chr. Sérapion le jeune.

RodhouanbenEssaaty.

Chems eddin ben Ello-

boudy. 1224

Nedjem eddin ben El-

loboudy.

Aboulfadhl el Moulian-

des. 1223

Sad eddin ben Mouaffeq.

Radhy eddin Errahaby. 1233 Cherf eddin ben Errahaby.

Djemal eddin ben Errahaby. 1259 J. Aboulhèdjadj Icusef. 1226

Kemal eddin el hcmsv.

J. Omràn el Israïlv. 1239

Chr. Iakoub bçjn Saklan. 1220 Chr. Sedid eddin ben Iakoub.

Rackid eddin ebn Essou-

ry. 1241

Tadj eddin el Boulgary.

Sedid eddin ben Refiqua. 1237

J. Sadaka Essamiry. 1223 ' J s Moubaddeb eddin Essamiry. 1226 Bedr eddin el Balbeky. 1252 J. Mouaffeq eddin Essa-

miry . 1284

J . Abouïhassan Essamiry. 1 251 Ebn Eddakbouar. 1230

Rachid eddin ben Kha-

lifa . 1219

Cassem ben Khalifa.

Abd Ellatif. 1231

Chr

Ebn Abi Ossaïbiali. 1269 Djemal eddin el Kofthy. 1248 Soueidy. ' 1291

Ebn el Menfali. 1244

Nedjem eddin ebn el

Menfah, 1254

Ebn el Koff. 1286

Salah eddin ben lousef 1300?

Ebn Ennefis el Korchy. 1288 Rafy eddin Eddjily. 1243 Seif eddin el Amidy. 1233 Zem eddin Soleiman. 1259 Abou Becr el Farsy.

Djemal eddin ben Abi

Becr.

Malek el Achraf Omar. 1296 Donisery. 1287

Nefis eddin ou Eddoula.

Safy eddin.

J. Cohen elAtthar.

El Akbary.

J, Sedid eddin ben Abil Beyan.

Djemal eddin ben Abil

Houafer.

Fateh eddin el Quissy.

Chihab eddin ben Fateh

eddin. 1308

Nefis eddin ben Zobéir.

Chr.Asad eddin ben Abil

Hassen. 1238

Chr.Mofaddhel ben Medjed.

Chr. Abou Soleiman Daoud.

Chr . Abou Saïdben Abi Soleiman. 1214 Chr.Mouaffeq eddin — 1214 Chr. Abou Saïd Abou Khalifa. 1248 Chr. Ebn Abi Khalifa.

Chr.Aboul Fadhl ben Abi

Soleiman. 1246

ïaky eddin el Hachaï-

chy.

Aboubeer ben Bedr.

Ebn el Beithar. 1248

ïifachy.

ESPAGNE ET MAGREB

Aboul Hedjadj ben Mou-

ratir .

Abou Abdallah ben

Iézid.

Abou Isliaq Eddany.

Abou Iahya bcnAssam.

Aboul Ola bon Abi Dja-

far.

Ech Chadounv.

El Badjy.

A.bou Becr ben cl qun-

dhy.

Ennedi'oumy.

Ahmed ben Sabbek.

A l'oit Isliaq ben Tem-

bOU8.

A.bouJ Abbas Ennebâty, 1239

Abdallah ben Saleh.

Aboul Abbas el Ken-

dary.

Ebn el Assam.

Issa ben Mohammed el

R'arnathy.

Mohammeci Echchafra.

Mohammed el Fahry. 1221 Mohammed el Karciiy, 1226 Abdallah cl Ansary. 1247 Abou Becr Errakouthy. M'ohtfmmed ben Zobéir. JJ284 Mohammed ben Fathis. 1311 Moliammed cl Aouassy.1815 Abd el Aziz el Araky. 1315 Mohammed ben Abd el

Aziz. 1317

Les Médecins de Bougie.

REVUE SOMMAIRE DU XIIIe SIÈCLE

Le XIIIe siècle fut une époque de grandeur et de décadence, d'espérances et de déceptions. Autant ses débuts sont florissants, autant sa fin est empreinte de trouble et d'amertume.

Le sceptre de l'Islamisme avait passé des Abbassides à la famille de Saladin, Damas avait remplacé Bagdad.

Les institutions fondées au siècle précédent portaient leurs fruits au Caire et à Damas, les hôpitaux et les écoles se remplissaient d'élèves, de nombreux professeurs y enseignaient la médecine, les savants étaient partout protégés et honorés, quand l'invasion Mongole vint s'ajouter à celle des Croisés. L'équilibre de l'Asie fut désormais rompu, et le culte de la science privé de la sécurité qui est une des conditions de son existence et de sa durée, subit un échec dont il ne put se relever.

Dès lors, le feu sacré ne s'alluma plus que chez quelques esprits d'élite.

Si le XII0 siècle avait été pour l'Espagne son chant du cygne, le XIIIe le fut pour l'Orient.

Cependant le XIIIe siècle, pris dans son ensemble, n'en est pas moins une époque féconde. Jusqu'à ses dernières années on voit encore debout quelques hommes éminents qui avaient traversé vaillamment de rudes épreuves.

On ne rencontre pas, il est vrai, des hommes réellement

120 HISTOIRE DE IA MÉDKCIN'E Alï.VBE. — LIVRE SIXIÈME.

supérieurs comme aux siècles précédents, mais bien une phalange serrée d'hommes remarquables dans les diverses branches des connaissances humaines : le niveau scientifique s'est élevé. Tel était l'ascendant qu'avait pris la science, que les Barbares eux-mêmes ne tardèrent pas à le subir. Quand l'ivresse de la lutte fut passée et que les Barbares eurent pris racine dans les contrées envahies, ils firent appel aux savants comme s'ils voulaient faire oublier les désastres que la science avait éprouvés à Bagdad. La dynastie Mongole, qui se fixa dans la Perse, confiait l'administration des écoles et le gouvernement de l'état à deux hommes des plus éminents de l'époque, Nasser eddin Etthoussy et Rachid eJdin ben Imad eddoula, tandis que d'autres Mongols s'en retournaient en Chine accompagnés de savants arabes (1).

Le XIIIe siècle se distingue des siècles précédents par une culture plus étendue et plus sérieuse de deux branches de la médecine, l'oculistique et la botanique, et ces travaux étaient fondés sur la pratique et l'observation. Jusqu'alors les sciences naturelles étaient restées assez étroitement attachées à la tradition grecque. Nous voyons maintenant des botanistes qui voyagent pour étudier directement la nature. Tels furent Aboul Abbas Ennebaty et Rachid eddin ebn Essoury; tel fut encore Ebn el Beithar qui les surpassa par l'alliance de l'érudition à l'étude personnelle.

Quant aux traités d'oculistique, jamais ils n'avaient été aussi nombreux et aussi importants : d'autre part les hôpitaux avaient des services réservés spécialement aux ophthalmiques.

Si nous jetons un coup d'œil sur les diverses contrées musulmanes, nous voyons la tradition scientifique généralement vivace malgré les malheurs des temps.

Nous avons déjà dit que les Mongols fixés en Perse se convertirent à la science. Ils firent plus, ils se convertirent à l'Islamisme, ce qui était pour eux un progrès, et c'est à

(1) D'autre part, c'est à l'invasion Mongolo, aux missions et aux voyages qu'elle provoqua, que l'Ruropd dut de connaître enfin l'extrême Orrenti

un médecin qu'en revient en partie l'honneur, à Cothob eddin Echchirazy, l'un des disciples de Fakhr eddin Errazy. En même temps que les savants issus de cette école partageaient les travaux astronomiques de Nasser eddin Etthoussy, un médecin, qui fut aussi un historien, Rachid eddin, fut longtemps investi des fonctions de vizir. C'était enfin alors qu'écrivait Kazouiny, que ses travaux en cosmographie, en géographie et en histoire naturelle ont fait appeler le Pline de l'Orient. Les lumières ne subirent donc en Perse qu'une éclipse momentanée, et ce fut aux disciples de Fakhr eddin et à Nasser eddin Etthoussy qu'elles durent d'être rallumées.

Dans l'Irak, le foyer primitif s'éteignit complètement et c'en fut fait des destinées scientifiques de Bagdad.

Au commencement du siècle, Bagdad soutenait encore modestement sa vieille réputation. Les Mongols arrivèrent et ce fut sur elle qu'ils frappèrent le plus rude coup. Les institutions furent abolies, les édifices ruinés et les bibliothèques devinrent la proie de l'incendie.

Telle était la prodigieuse quantité de livres qu'elles contenaient, qu'avec ceux échappés aux flammes, on fit, en guise de briques, un pont sur le Tigre, dont les eaux prirent la couleur de l'encre.

La Syrie, ce champ de bataille où se mêlèrent les Croisés, les Egyptiens et les Mongols, ne fut jamais aussi florissante et aussi féconde qu'en ce siècle de bouleversements. Les noms arabes dominent parmi les savants; mais à côté nous voyons des noms de chrétiens et de juifs qui tous partageaient la confiance et les honneurs des souverains. Pendant tout le siècle, Damas tint le sceptre de la science. Les princes Aïoubites continuèrent les traditions de Nour eddin et de Saladin. Non-seulement ils recherchaient les médecins et les attachaient à leur service, mais ils conférèrent à cinq d'entre eux la qualité de vizir.

Nous connaissons les noms de plusieurs nommés chefs des médecins en Syrie, et d'un plus grand nombre attachés aux hôpitaux de Damas, où ils enseignaient la médecine. L'un d'eux donna sa maison pour y fonder une nouvelle école.

Aboulfarage, l'historien des dynasties, etEbn Abi Ossaïbiah, l'historien de la médecine, commencèrent h Damas leurs études médicales. Abdellatif y séjourna.

Les hôpitaux de Damas avaient des services d'ophthalmiques, et l'oculistique fut particulièrement cultivée.

Il en fut de même de la botanique. C'était dans le Liban qu'Ebn Essoury faisait ses herborisations, accompagné d'un peintre, Ebn el Beithâr habita quelque temps Damas et en fit le centre de ses excursions.

Alepfutle séjour de Djemal eddin, l'auteur du Kitab el hokama, le grand érudit, le plus grand bibliophile qui se soit produit parmi les Arabes.

Citons encore les noms de quelques médecins distingués, Radhy eddin Errahab y, le grand praticien ; Iakoub ben Saclan, chrétien profondément versé dans la connaissance de Galien ; Ebn Eddakhouar qui partageait son temps entre les écoles et les hôpitaux; le juif Omran el Israïly, savant professeur et bibliophile.

Si l'Egypte jette un moins vif éclat que la Syrie, nous devons observer que beaucoup de savants fréquentèrent alternativement les écoles et les hôpitaux de Damas et du Caire, et que les destinées des deux pays furent souvent unies. Les Aïoubites conservèrent les traditions de Saladin.

L'un d'eux essaya de retenir Aboul Abbas, et fut plus heureux à l'endroit d'Ebn el Beithâr. Vers la fin du siècle, Kalaoun protégea les sciences et les arts. Il restaura le Moristan, et ce fut sous ses auspices que parut le Nacery, traité d'hippologie et d'hippiatiïque. L'Egypte peut aussi revendiquer le naturaliste Tifachy.

Un fait curieux à signaler, c'est la culture des sciences par plusieurs princes d'un petit état de l'Iémen.

L'Espagne avait pour ainsi dire jeté toute sa sève au XII0 siècle. D'ailleurs la domination musulmane se restreignait de jour on jour et le sol manquait de stabilité. Nous n'avons que deux ou trois noms à relever. Eu tète se place Aboul Abbas qui pratiqua sur une plus grande échelle que quelques-uns de ses devanciers l'observation de la nature, et s'en lui herboriser h travers Le Magreb et en Orient. Il eut aussi

la gloire de former Ebn el Beithâr. Un autre maître d'Ebn el Beithâr doit être signalé, Àbd Allah ben Saleh, qui herborisait sur les deux rives du détroit. Le Maroc bénéficia des malheurs de l'Espagne et compta un astronome, Aboul Hassan.

Cependant les chrétiens continuaient à vivre de la science arabe. Alphonse oubliait la couronne impériale au milieu de savants astronomes, et ces savants étaient des Arabes. C'est avec leur concours qu'il rédigea les Tables qui portent son nom.

Si nous jetons un coup d'œil sur l'ensemble des autres sciences, nous recueillerons partout des preuves de leur culture, moins étendue toutefois que celle de la médecine.

Et d'abord la géographie comptait toujours des adeptes chez les Arabes, peuple éminemment voyageur.

ïakoub, chrétien d'origine, mais captif dès son enfance, dut à son séjour chez les Arabes la connaissance approfondie de leur littérature et des contrées musulmanes. Ses précieux dictionnaires nous sont parvenus.

Un espagnol, Ebn Saïd, allait étudier à Bagdad, qui comptait encore trente-six bibliothèques, dit M. Reinaud, et publiait des travaux de géographie qui furent utilisés par Aboulféda.

Un marocain, Abd el Ouahid, nous a laissé une description du Magreb.

Un autre marocain, Aboul Hassan, composait un ouvrage d'astronomie, récemment publié par M. Sédillot, et qui a le mérite de nous initier aux instruments dont usaient les Arabes.

A l'autre extrémité du monde musulman, Nasser eddin Etthoussy, aidé par un groupe de savants, faisait des observations astronomiques à l'observatoire de Meraga construit par le Mongol Houlagou, et publiait les tables Ilkhaniennes.

En même temps Kazouiny écrivait les Merveilles de la nature, qui traitent non-seulement de l'histoire naturelle, mais encore de la cosmographie et de la géographie.

Nous avons déjà cité le nom de Thifachy, l'auteur du Livre des Pierres.

Nous ne rappellerons pas tous les noms des médecins qui se sont illustrés en dehors de la pratique médicale, nous citerons seulement les noms d'Abdellatif qui écrivit aussi sur l'histoire naturelle, et de Nedjem eddin el Loboudy qui fut un savant astronome. Plusieurs médecins syriens cultivaient les mathématiques et nous verrons l'un deux porter le nom de Mouhandes, le géomètre.

Enfin il est un genre d'écrits que nous ne saurions passer sous silence et qui est le complément de ceux que nous venons de passer en revue, c'est l'histoire de la science et des savants. Le XIIIe siècle fut plus riche qu'aucun autre sous ce rapport. Trois grands ouvrages lui appartiennent, dont deux nous intéressent particulièrement. L'un est l'histoire des médecins d'Ebn A.bi Ossaïbiah, l'autre leKitab el hokama, ou livre des savants, de Djemal eddin. A côté de. ces deux monuments se place la biographie d'Ebn Khallican qui traite des hommes illustres en général. Il faut citer encore Aboulfarage, qui nous donne parfois sur les savants des notices originales.

En somme le XIII9 siècle fut un siècle bien rempli. Si l'invasion de Tamerlan n'était pas venue continuer l'œuvre de Gengiskan, on peut croire que la science aurait continué de fleurir en Orient.

La Perse ne compte plus au XIIP siècle un Razès, un Àvicenne, un Fakhr eddin ; cependant elle présente encore un groupe de savants recommandables, qui attestent une grande culture scientifique. A ce groupe nous rattacherons un représentant de la haute Asie, Nedjem eddin, qui naquit à Samarcande et finit ses jours à Hérât. On voit que la science avait gagné du terrain.

Un grand événement troubla ces contrées, l'invasion Mongole, et cependant la science se maintint en permanence et même finit par dompter les barbares. Houlagou n'avait pas seulement un faible pour une catégorie de savants dont les travaux ne furent pas toujours infructueux, les alchimistes, il fit construire un observatoire à Meraga. Le célèbre Nasser eddin Etthousy y faisait des observations et avait en même temps l'administration des immeubles attachés à toutes les écoles de l'empire Mongol.

Mais les Mongols firent plus que de s'apprivoiser, ils se convertirent à l'Islamisme, c'est-à-dire à la civilisation et ce fut surtout l'œuvre d'un savant médecin Cothob eddin Echchirazy. Ce médecin et son frère Kemal eddin furent aussi les instruments de la paix proposée par Ahmed Khan converti au sultan d'Egypte Kalaoun.

Un autremédecin,qui, malheureusement, devait succomber à des intrigues de cour, Rachid eddin, occupa longtemps à 1 1 cour Mongole le poste de vizir.

Le plus éminent disciple de Faklir eddin Errazy, Cothob eddin el Misry, cultivait la philosophie et propageait les doctrines médicales d'Avicènne, qui furent aussi commentées par Cothob eddin Echchirazy.

La Perse eut enfin l'honneur de produire le plus éminent et le plus complet naturaliste de l'Orient, Kazouiny.

Enfin la Perse peut revendiquer certains médecins qui abandonnèrent leur pays natal pour la Syrie, tels que El Kkouay et El Khozrouchahy.

QUOTHOB EDDIN EL MISRY.

Quothob eddin Ibrahim ben Ali ben Mohammed Esselmy, dit aussi El Misry, en raison de son séjour en Egypte, était originaire du Magreb. 11 vint en Egypte, où il résida quelque temps, puis se rendit en Perse où il étudia sous Faklir eddin Errazy. C'était le plus éminent de ses élèves et en quelque sorte son lieutenant auprès d'eux. Il composa plusieurs ouvrages de médecine et de philosophie. Il fut tué dans le sac de Nisabour par les Tartares, en l'année 1221. Parmi ses ouvrages on cite un commentaire sur les généralités du Canon d'Avicènne. Dans cet ouvrage, dit Ehn Abi Ossaïbiah, il place El Messihy et Faklir eddin au-dessus d'Avicènne. Il dit qu'El Messihy est plus savant qu'Avicenne, sa paraphrase est plus claire et plus nette que le texte.

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