SAÏD BEN TOUMA
Aboulfaradj (autrement dit Aboulkerim) Saïd ben Ilibat Allah ben Tourna, dit aussi Alain Eddoula, était un chrétien
de Bagdad, jouissant comme homme et comme médecin d'une g'rande considération.
Il fut d'abord le médecin de Nedjem Eddoula qui en fit ensuite son ministre. Le Khalife Ennacer le prit ensuite à son service, l'admit dans son intimité et lui confia les secrets de l'État. Cependant le Khalife s'était affaibli par l'âge et il avait perdu à peu près complètement la vue et la mémoire. Un eunuque du nom de Tadj eddin et une femme du sérail abusèrent de ses infirmités, le circonvinrent, le soustrairent aux approches de tous, contrefirent son écriture et par des actes supposés dirigèrent toutes les affaires au gré de leurs passions. Le vizir El Kassimy s'aperçut bientôt qu'il y avait de l'incohérence dans les actes donnés sous le couvert du Khalife et il pria le médecin Ben Tourna d'en rechercher la cause. Ben Tourna n'eut pas de peine à la reconnaître et il en fit part au vizir. L'eunuque le sut et fit aussitôt assassiner Ben Tourna. Les meurtriers furent reconnus et subirent le lendemain le dernier supplice près du lieu même de l'assassinat. Quant aux instigateurs du crime, ils échappèrent au châtiment, au milieu des troubles qui suivirent la mort du Khalife. Ces faits se passaient en 1223.
MOHADDEB EDDIN BEN HOBAL.
Aboul Hassan Ali ben Ahmed ben Ali Mohaddeb eddin ben Hobal, dit aussi El Bagdady, naquit à Bagdad en 1122. Il étudia la médecine à l'école d'Aboulcassem Essarnarcandy, et devint un des bons médecins de son temps, un philosophe, un moraliste et un poète. Mossoul était sa résidence habituelle. Pendant quelques années il fut le médecin du prince de Khalat en Arménie, et il acquit là de grandes richesses. Une aventure insignifiante l'en fit sortir, suivant Aboulfarage. Observant un jour l'urine du prince, un des valets s'avisa de lui demander s'il ne la goûtait pas. Le médecin répondit que cela se faisait quelquefois, mais pas dans tous les cas, et le prenant à part il lui fit observer que sa réflexion pouvait le perdre dans l'esprit du prince en lui
donnant à penser qu'il ne mettait pas tout en usage pour s assurer de l'état de sa santé. Il habita quelque temps Mardin, puis à l'âge de 75 ans étant devenu aveugle, il se retira à Mossoul, où il ne continua pas moins à donner des consultations. Il vécut jusqu'en l'année 1213.
Il laissa deux écrits : un Traité de médecine estimé, en quatre volumes, intitulé El Mokhtar ou le clioix, et un autre intitulé Eddjemaly, dédié au vizir Djemal eddin.
Il laissa aussi un fils dont le nom suit.