‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 59 sur 241 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

transféra sa pension, qui se montait à cent dinars par mois.

Malek el Adel le prit ensuite à son service, et l'admit dans ses conseils. Étant tombé malade à trois reprises différentes, Ebn Eddakliouar lui rendit la santé et fut comblé de présents. Une seule de ces cures lui valut sept mille dinars. Enfin Malek el Adel l'institua chef des médecins d'Egypte et de Syrie. A la même époque, le père d'Ebn Abi Ossaïbiab était nommé inspecteur des oculistes.

A la mort de Malek el Adel, son successeur Mouaddliem conserva la plupart des médecins de son père, ainsi Rachid eddin Essoury et le père d'Ebn Abi Ossaïbiah. Quant à Ebn Eddakliouar il lui confia le grand hôpital de Damas. Dès lors Ebn Eddakliouar se livra surtout à l'enseignement de la médecine. Non-seulement des étudiants, mais des médecins éminents venaient suivre ses cours. Ce fut pour en profiter que l'historien de la médecine fixa sa résidence à Damas. C'est lui-même qui nous raconte ces faits, et maintenant nous allons lui accorder la parole :

« Je le suivais aussi au moment où il traitait les malades à l'hôpital. Il y avait en même temps à l'hôpital le grand médecin Omran el Israïly. Élèves et malades gagnaient à ce concours les uns par les conférences, les autres par le traitement. Ce qui résulta de cette rencontre est merveilleux. J'ai été témoin de plusieurs faits de sa pratique, c'est ainsi que je lui vis guérir un cas de manie par l'opium à haute dose. Il y avait aussi le vieux Raclhy eddin Errahaby qui donnait ses consultations à domicile, et faisait prendre les médicaments à l'hôpital. Jamais on ne vit dans cet hôpital la réunion de trois médecins aussi éminents.

Ebn Eddakliouar, après avoir fait son service à l'hôpital et visité les grands personnages de la cour, se rendait à sa maison, où il se livrait à la lecture, à la composition et àb l'enseignement. 11 recevait des médecins et des élèves, leur faisant des cours et répondant à leurs questions. 11 avait toujours à la main le livre qu'étudiait L'élève, d'une exécution irréprochable et souvent de sa main, rectifiant les fautes qui pouvaient se trouver dans la copie de l'élève. 11 avait aussi sous la main le Sihah «le Djouhary et d'autres livres

âè lexicologie, pour éclaircir les expressions obscures. La réunion terminée, il prenait un peu de nourriture puis retournait à l'étude et y consacrait une partie de la nuit.

Il était en relations avec Seif eddinel Amidy, traitant avec lui des questions de philosophie. Il s'occupait aussi d'astronomie et je lui ai entendu dire qu'il possédait seize traités sur l'astrolabe. Le sultan Malek el Achraf, qui était dans l'Est, le fit venir en (1223) 622. Les préparatifs du voyage lui valurent 20,000 drachmes, et quand il eut rejoint le sultan il lui fut fait un traitement annuel de 1,500 dinars. Il resta là quelque temps, puis sa langue s'étant embarrassée, il revint à Damas en 626. Mais sa maladie empira et sa parole devint à peu près inintelligible. Il mourut en 628 (1230). »

Avant d'aller rejoindre Malek el Achraf, Ebn Eddakhouar avait donné sa maison pour y établir une école de médecine, avec des immeubles affectés à son entretien. L'enseignement y commença l'année de sa mort.

Ebn Eddakhouar écrivait beaucoup. Ebn Abi Ossaïbiah dit avoir vu plus de cent ouvrages de sa main.

Nous en connaissons quelques-uns seulement :

Abrégé du Continent de Razès.

Traité des évacuants.

Notes sur la médecine.

Réponse sur des questions obscures de médecine.

Réponse aux observations d'Ebn Abi Sadek sur les Questions de Honein.

Réponse à Aboul Hedjadj Iousef sur le régime des aliments lourds et légers >

Il fit aussi un extrait du Kitab el Ar'any.

Wiïstenfeld ne lui a consacré que quatre lignes.

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