‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 68 sur 241 · XXIV. Récolte et conservation des simples · texte numérisé non relu

XXIV. Récolte et conservation des simples

XXV. Epreuve des médicaments simples et composés. Le premier chapitre est de la déontologie. Le pharmacien

doit être un homme probe et religieux, craignant Dieu d'abord, puis les hommes. Nous verrons plus loin, dans un autre chapitre, des conseils du même genre.

Dans le courant du livre l'auteur met fréquemment à profit ses devanciers. Il donne fréquemment des notes de nature privée, de la main des auteurs et en dehors de leurs écrits, ainsi d'Ebn el Baïan et du Cadhy Fateh eddin. Il fut en rapport direct avec Ebn el Beithàr, dont il reproduit quelques communications.

Disons aussi que,lparmi les nombreux auteurs auxquels il fait des emprunts se trouve Averroès, ce qui prouve que l'illustre philosophe n'était pas aussi ignoré en Orient qu'on l'a dit quelquefois.

.Nous allons signaler sommairement les quelques parties qui nous ont puni le mériter.

A l'article Zeriieb, on voit que cette substance était déjà de son temps un objet de controverse, ou que plusieurs substances étaient données sous le môme nom.

L'auteur s'est assuré de ses yeux que la Mashaqounya, qui fut aussi controversée, n'est autre chose que de la scorie provenant de la fabrication du verre.

Un chapitre intéressant est celui de la confection des sirops. Il est question du fameux sirop de Cadhy, Pandanus, ce spécifique indien de la variole dont il est question dans Razès, et qui avait été méconnu jusqu'à nous. L'auteur dit qu'il porte aussi le nom de sirop de Cadar, et qu'il se confectionne avec le bois du végétal.

Il donne de long*s détails sur la récolte des simples et sur les récipients de diverse nature qui conviennent à leur conservation, ainsi qu'à celle des composés.

Il indique aussi les moyens de reconnaître les sophistications, le moment où l'on doit employer les préparations, celui où elles perdent leurs propriétés, ainsi que les correctifs.

Le chapitre de la vérification des médicaments donne parfois de curieux détails sur leur provenance. Ainsi, à propos du safran, il parle de l'espèce franque ou génoise, dont une variété paraît avoir reçu de l'huile ou du miel. Nous signalerons aussi un long et curieux article sur les Cardamomes.

Outre des conseils de morale, le chapitre XXIII contient des conseils professionnels. Le pharmacien doit peser ses paroles et surtout ses écrits, car l'écrit est la pensée scellée du sceau de son auteur. Les conseils professionnels sont relatifs à la manière de procéder aux diverses compositions, suivant leur nature.

En somme le Menhadj est un des plus précieux monuments que la pharmacie arabe nous ait légués.

L'auteur nous dit qu'il se proposait d'écrire un traité spécial sur les simples.

EL AKBARY OU EL ABIRY.

Abon Abdallah Mohammed ben Ahmed el Akbary (ou el Abiry) ne nous est connu que par un manuscrit de Paris, (À. F. n° 1068) qui porte le titre Ennetaïdj el aqlyat, que nous rendrons par: les Conclusions rationnelles.

On y trouve de la médecine, mais surtout de la pharmacie, ce. qui nous a eng-ag-é à le rapprocher du Menhadj, qu'il rappelle en certains points, n'ayant pu trouver aucun indice sur l'époque où vivait l'auteur.

Ce manuscrit, confusément relié, contient 130 feuilles. Nous trouvons d'abord la déontologie. Le pharmacien doit se pénétrer de l'importance de ses fonctions, apporter le plus grand soin dans le choix des substances et de leurs récipients.

Il ne doit pas se proposer d'amasser des richesses, ni s'immiscer dans la pratique de la médecine, mais déclarer son ignorance. Il doit éviter les mauvaises compagnies et les médecins ignorants, avoir une tenue correcte, être réfléchi et plein de courtoisie, particulièrement envers les malades pauvres, et ne pas leur refuser des médicaments en disant qu'il ne les possède pas.

Il ne doit pas faire ses préparations dans des vases en cuivre. Chaque instrument, vase, récipient ou ustensile, doit être d'une matière appropriée, bois, fer, argent, verre, argile, etc.

Viennent ensuite des détails sur les médicaments et leur conservation, la durée de leurs propriétés, etc.

La partie relative à la médecine est trop écourtée pour offrir de l'intérêt.

SEDID EDDIN BEN ARIL BAYAN.

Sedid eddin Aboul Fadhl Daoud ben Abil Layan, juif caraïte, naquit au Caire en l'année 566. Il dut vivre longtemps, car il vivait encore à l'époque où Ebn Abi Ossaïbiah écrivait son histoire.

Il eut pour maîtres Ebu Eddjami et Àboul Fedhaïl ebn Ennaked, et il devint un des plus éminents médecins de son siècle. Il passait pour celui qui connut le mieux la composition des médicaments, leurs doses et leurs propriétés. Ebn Abi Qssaïbiah fut en même temps que lui chargé d'un service à l'hôpital Ennacery. J'ai pu, dit-il, observer son attention à suivre les préceptes de Galien, la sûreté de son diagnostic et l'habileté de son traitement. Il fut médecin du sultan Malek el Adel. Il laissa : un Formulaire en douze livres, dont on nous fait l'éloge, où il traite des médicaments employés dans les hôpitaux et dans les officines en Egypte, . en Syrie et dans l'Irak ; des notes sur le livre des causes et des accidents de Galien.

La Bibliothèque bodléienne possède de lui un recueil d'observations.

DJEMAL EDDIN BEN ABIL HAOUAFER.

Djemal eddin Otsman ben Hibat Allah ben Abil Haouafer el Kissy naquit à Damas et apprit la médecine à l'école de Mohaddeb eddin ben Naqqach et de Radhy eddin ben Rahaby. Il suivit Malek el Aziz en Egypte, où il fut nommé chef des médecins. Après la mort de Malek el Aziz il resta au Caire et servit Malek el Kamel.

Il avait la réputation d'être aussi habile dans la pratique de la médecine que savant dans la théorie. C'était un homme généreux et vertueux, s'occupant aussi de morale et de poésie.

FATEII EDDIN AHMED EL QUISSY.

Fateh eddin Ahmed ben (Djemal eddin) Otsman ben Hibat Allah ben Ahmed ben Akii el Kissy est bien pour nous le fils du précédent. Reiske et Wùstenfeld nous donnent simplement Fateh eddin à la suite et comme fils de Djemal eddin. La liste supplémentaire du musée britannique donne Fateh eddin fils de Djemal eddin fils d'Abil Haouafer comme ayant vécu au Caire sous le règne de Malek Essaleh.

D'autre part, il existe à Paris, sous leu° 1043 du supplément arabe, un ouvrag-e dont l'auteur porte la série de noms que nous avons donnés plus haut, à part Djemal eddin, que l'on a sans doute oublié. L'auteur de cet écrit est bien celui que mentionnent les listes d'Ebn Abi Ossaïbiah dont nous avons parlé.

Dans cet écrit, composé sur l'invitation de Malek Essaleli Nedjem eddin, l'auteur est qualifié de chef des médecins. Cet ouvrage est un traité d'oculistique intitulé Netidjat el fekri fi iladj amradh el basri, Conclusions réfléchies sur le traitement des maladies de la vue. Il contient 90 feuilles.

La Netidja se divise en 15 chapitres. Les procédés opératoires sont indiqués >ussi bien que les médicaments. C'est, en somme, un ouvrag-e de valeur moyenne. Nous n'y trouvons aucune citation de ses devanciers.

A propos des maladies du nerf optique, l'auteur donne un petit tableau de la densité et de la raréfaction de l'esprit visuel en rapport avec la vision de loin ou de près, c'est-àdire avec le presbitisme ou la myopie.

C'est peut-être là ques'est inspiré Salah eddin dans leNour el Ouyoun, qui reproduit un tableau du même g*enre et qui cite quelquefois la Netidja.

La Netidja se trouve dans les Bibliothèques de l'Orient (Hadji Khalfa, édition Flueg-el, VII.)

CHIHAB EDDIN BEN FATEI-I EDDIN.

Les listes de Wùstenfeid et de Reiske se bornent au simple énoncé que nous avons donné. La liste supplémentaire du Musée britannique ajoute que Chihab eddin fut médecin de Rokn eddin Bibars, sultan d'Egypte. Bibars mourut en 1308.

NEFIS EDDIN BEN ZOP.ÉIR.

Le Ciidliv Nefis eddin Aboul Hassan Hibat Allah ben Zobéir était par son père originaire de l'Inde, et par sa mère il dwcendait du poète Ebri ez /obéir. 11 naquit en 1158. Il eut

pour maîtres Ebn Ichou et le Cheikh Sedid, chef des médecins d'Egypte, et il devint lui-même un médecin distingué, renommé surtout pour son habileté en chirurgie et en oculistique, aussi fut- il nommé chef d'un service d'ophthaliniques à l'hôpital Ennacery. Le sultan Malek el Kamel le nomma chef des médecins en Egypte ; il vécut ainsi une bonne partie du XIII0 siècle.

Nefis eddin ben Zobéir laissa des fils qui se firent une réputation comme oculistes.

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