‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 7 sur 241 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

ABOU ALI BEN ABILKHEIR EL MESSIHY.

Abou Ali, fils d'Abou Nasr, suivit aussi la carrière paternelle, mais avec beaucoup moins d'ardeur. Tant que vécut son père, il fut en faveur, et même on lui confia la direction de l'hôpital, probablement El Adhedy. Quand son père mourut, son crédit baissa et ses désordres achevèrent sa ruine. Enfant prodigue, il dépensait son héritage avec des femmes. Une aventure qui lui arriva fit beaucoup de bruit, car on nous en a donné la date précise. Le vendredi 11 du mois de Raby Ior, qui nous paraît répondre au 16 mai, en l'année 1220, on trouva chez lui une maîtresse musulmane du nom de Setti Charaf. On l'arrêta, et il ne craignit pas de dire qu'il avait reçu chez lui beaucoup d'autres musulmanes attirées par ses richesses, entre autres, la femme de l'intendant du trésor. Les deux femmes furent conduites à la prison des prostituées, et Abou Ali fut condamné à une amende de six mille dinars, soit quatre-vingt-dix mille francs.

MAHF0UTH EL MESSIHY.

Nous trouvons dans le Kitab ei hokama le nom de Mahi'oudh ben [ssa AboulOla ben el Messihy, médecin chrétien, vivant en l'année 559 de l'hégire, 1163 de l'ère chrétienne. C'est tout ce que nous en savons, si ce n'est qu'il habitait l'Irak.

EBN SEDID.

A.bou.1 Hassen Ali ben [Mohammed ben Abdallah dit Ebn Sedid (ou Sedir), d'un sobriquet de son père, était de Madaïn, "h il moumt subitement en 606 (1209); Celait un bon médecin e1 un poète;

EBN EL MOUAMMIL.

Aboul Hassan Saad ben Hibat Allah ben el Mouammil el Hadhiry n'a pas de place dans certaines copies d'Ebn Àbi Ossaï'biah. Aboulfarage a reproduit la notice donnée par Djemal eddin dans le Kitab el hokania.

C'était un chrétien de Bagdad, qui fut attaché au service du Khalife Nasser, auprès duquel il jouissait d'une grande considération. Il passait pour un médecin accompli. Il composa un traité théorique et pratique dont le titre, Essafoua, indique un choix dans les doctrines et les faits de médecine. On fait observer qu'il y traite de la circoncision pratiquée à Bagdad par les médecins, et que cela parut une nouveauté. Il mourut en 591 de l'hégire, 1195 de notre ère.

ABOULKHEIR L'ARCHIDIACRE.

Aboulkheir, l'archidiacre, était le frère du précédent, et ces deux frères en avaient un troisième, connu sous le nom d'Ebn el Messihy, qui fut Catholicos, c'est-à-dire patriarche de la communion nestorienne. Aboulkheir étudia la médecine sous Amin Eddoula, auquel son père vint le présenter, dès sa première jeunesse. Il devint lui-même un médecin éminent, et composa sous le titre El Iktidhab, une sorte de paraphrase des généralités du canon d'Avicenne, dont il donna plus tard un abrégé.

EBN EL MARESTANYA.

Abou Bekr Abd Allah ben Abilfaradj Ali ben Nacer ben tlamza, dit Ebn el Marestanya, ou le fils de l'hospitalière, fut attaché à l'hôpital El Adhedy, dont il composa l'histoire. 11 mourut en 599 de l'hégire, 1202 de notre ère, et passait pour un savant médecin et un bon praticien. Cependant, un fait dont nous allons parler ne plaide pas en sa faveur.

ABDESSALEM.

Abdessalem bon Abdelkader ben Abi Saleli ben Djeng-uidoust ben Abi Abdallah Eddjîly, connu sous le nom d'Errokn, n'a pas été mentionné par Ebn Abi Ossaïbiali. La notice que lui a consacrée Djemal eddin a été reproduite en partie par Aboulfarag'e. Celui-ci lui donne le titre deHakim, que nous n'avons même pas trouvé dans Djemal eddin, ce (pii laisse des doutes sur sa qualité de médecin. Toutefois, on nous dit qu'il était profondément versé dans les sciences des anciens. Son crédit et sa renommée lui suscitèrent des envieux.

L'un d'eux l'accusa d'impiété et de partag-er les opinions des philosophes. Sur un arrêt du Khalife Nasser, on le mit en prison, et on saisit ses livres pour les brûler sur une place de Bagdad. Ebn el Marestanya le médecin, dont nous venons de parler, présidait à l'exécution. Alors se trouvait à Bagdad Iousef Essebty, qui fut témoin de l'auto-da-fé, et le raconta plus tard à son ami Djemal eddin. Ebn el Marestanya prononçait l'anathème sur les philosophes, sur Abdessalem et sur ses livres, les prenant un à un et les livrant aux exécuteurs pour être jetés dans les flammes.

Etant tombé sur un livre d'astronomie d'Ebn el Heitsam, il renouvela ses anathèmes, le déchira et le donna pour être jeté au feu. Je vis là, dit Iousef, sa sottise et son ignorance, car l'astronomie, loin de conduire à l'incrédulité, conduit à la loi. Abdessalem fut élargi en 589 (1193), et vécut encore longtemps après.

EBN EDDJOUZY.

Alioull'aradj Abderrahman ben Ali Djemal eddin ebn ed Djouzy naquit en l'année 508 (1114) ou 510 (HIG) et mourut <ii 507 i L209). Il habitait Bagdad. C'étaitun homme passionné pour toutes le., sciences, sur lesquelles il écrivit de nombreux ouvrages. Il était versé dans la connaissance des ira-

ditions, dans la jurisprudence, la morale, la philosophie, etc. Il était aussi un éminent orateur et un historien fécond. Un de ses ouvragées sur la médecine existe encore à Leyde et à la B. Bodléenne sous le titre : Manafi etthobb, Utilités de la médecine. Eddeheby nous a laissé le titre d'un autre sur l'alun et la teinture. Il écrivit aussi un Traité d'hippolog-ie et un livre sur les Nèg-res et les Abyssins.

ALI BEN IADQDAN.

Nous ne le connaissons que par le Kitab el hokama. C'était un médecin natif de Ceuta, d'où lui vint le surnom d'Essebty. En l'année 544 (1149), il quitta son pays et visita l'Egypte, l'Iémen et l'Iraq.

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