ABOU BEKR BEX BEDE
A côté des médecins de l'Egypte nous placerons ici un vétérinaire qui nous a laissé un travail remarquable d'hippologie et d'hippiatrique, récemment traduit et publié par M. Perron.
Abou Bekr était écuyer et vétérinaire du sultan Ennasser, fils de Kalaoun, qui acheva le Moristan, commencé par son père, et qui joignait au goût des constructions celui des chevaux. C'est à son intention qu'Abou Bekr composa son ouvrage auquel il donna le nom de Naccrij, du nom du sultan, et qui porte en sous-titre celui de Perfection des deux arts, c'est-à-dire de l'hippologie et de l'hippiatrique. C'est d'après M. Perron le traité le plus complet sur la matière que nous aient laissé les Arabes.
La traduction ne comprend pas moins de trois volumes. 11 est vrai que le premier n'est qu'une introduction, très curieuse du reste et attestant une grande érudition et une grande connaissance des chemins non battus par le vulgaire. On pourrait cependant regretter que M. Perron, pour les notes qui accompagnent les deux derniers volumes, n'ait pas pu recourir aux sources classiques, eu ce qui concerne la matière médicale, au Lieu de s'adresser a des écrivains deseconde main.
EBN EL BEITHAR.
Ebn el Beithâr est le plus grand botaniste de l'Orient. Parmi les médecins arabes trois ou quatre seulement pourraient lui être comparés, Errafequy, le chérif El Edrissy, Aboul Abbas Ennabatj et iiachid eddin Essoury. Tous étudièrent la nature et agrandirent son domaine, les deux premiers en Espagne et dans le Magreb, les deux autres en Orient surtout. Aboul Abbas fit un pèlerinage scientifique en même temps que religieux. Rachid eddin parcourait les montagnes de la Syrie en compagmie d'un peintre qui lui dessinait les plantes : malheureusement ses écrits ne nous sont pas parvenus. Ebn el Beithâr joint à leur mérite celui de l'érudition. Il profita de leurs travaux et de ceux de tous ses devanciers. Il nous a laissé le plus riche répertoire de l'histoire naturelle médicale chez les Arabes.
Dhya eddin Abou Mohammed Abdallah ben Ahmed surnommé Ennabaty, le botaniste, el Malaky, de Malag-a., sa patrie, mais plus connu sous le nom d'Ebn el Beithâr, ou le fils du vétérinaire,, naquit dans les dernières années du XIIe siècle de notre ère. C'est par suite d'une lecture fautive, par la confusion de Nabaty avec Benany, confusion facile en arabe, qu'on l'a fait naître dans une localité fabuleuse de Benana, aux environs de Malag-a.
Outre le témoignage des historiens et son surnom, nous avons le témoignage d'Ebn el Beithâr lui-même, qui parle plus d'une fois dans ses ouvragées de Malag-a comme étant sa patrie. C'est ainsi que dans le Mor'ny, à propos de l'os de sèche, il dit l'avoir recueilli sur la plag-e de Malag-a sa patrie .
Nous ignorons l'année de sa naissance. On pourrait peutêtre admettre l'année 1197 que Léon l'Africain, bien souvent à côté de la vérité, nous donne comme celle de son décès. Fils de vétérinaire, il puisa peut-être à la maison paternelle le g-oût de la botanique et de l'histoire naturelle. En tout cas il rencontra des maîtres pour seconder ses