TOME II
IL — XVe SIÈCLE
NEFIS BEN AOUADII.
Borhan eddin Nefis ben Aouadh ben Hakim el Kermany, sans doute originaire du Kerman, vivait dans la première moitié du XVe siècle de notre ère, à Samarcande, ce qui nous est attesté par ses écrits, et par une courte notice de Hadji Khalfa.
Nous connaissons de lui deux ouvrages.
Le premier est un commentaire du Livre des causes de Nedjib eddin Samarcandy. Le Livre des causes de Samarcandy, au dire de Hadji Klialfa, n° 549, gagna de la notoriété par le commentaire de Nefis ben Aouadh. Il l'achevait en 827 à Samarcande, et le dédiait à son souverain, le savant astronome OlougBeg (1).
Cet ouvrage existe dans plusieurs collections européennes. 11 existe à Paris, n° 1089 de l'ancien fonds arabe, annoté par Mohammed ben Ahmed el Adriouny (d'Andrinople) connu sous le nom d'Ebn el Athàr, qui écrivait à Constantinople en 1508. On lit parfois dans ces gloses: le commentateur a dit dans son commentaire du Moudjiz. Nefis ben Aouadh, en effet, est l'auteur d'un autre commentaire dont nous allons parler.
Un des commentaires les plus remarquables que l'on ait faits du Moudjiz el Cauoun d'Ebn en Nefis, dit Hadji Klialfa,
il) M. <le Sacy possédait, sous ce titre, uu ouvrage où M. Delagrange â vu un commentaire sur Hippocrate, n« 74 du catalogue* Mss.
LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. — XVe SIECLE. 291
n° 18,392, est celui de Nefis ben Aouadh, composé à Samarcande en l'année 1437. Cet écrit nous est aussi parvenu, mais nous croyons que Wùstenfeld a doublé le nombre des copies qui nous en restent soit à Oxford, soit à l'Escurial. Il n'en existe qu'un exemplaire à l'Escurial, n° 861. Casiri a confondu l'auteur avec le commentateur, mais ce manuscrit ne représente pas moins Nefis ben Aouadh. Quant au n° 826, il représente l'ouvrage commenté, c'est-à-dire le Moudjiz.
Les Bibliothèques de l'Orient possèdent plusieurs exemplaires de ces deux ouvrages. (H. Khalfa, éd. Fluegel, VII).
Le commentaire de Nefis ben Aouadh a été imprimé à Calcutta en 1836 sous ce titre anglais : Shurhool Usbab voul Ulamat, or a treatise on the symptoms, causes and treatementof Local and Constitutional disease, by hukeem Nufees bin Iwuz; edited by Moulu wee Abdool Mujeed.
Nous rappellerons ici que l'on a également imprimé le Moudjiz d'Ebn en Nefis, et son commentaire par Sedid cl Cazrouny, qui porte le titre de Mor'ny.
EL AMCHATHY.
Mahmoud ben Ahmed el Amchathy ne nous est connu que par quelques mots de Hadji Khalfa, n° 13,399, où il est question du Moudjiz el Canoun d'Ebn Ennefis.
Il naquit en 1407, et il est qualifié de chef des médecins. Nous ignorons si cette qualification répond bien réellement à une fonction, ou s'il ne faut y voir qu'une formule laudative. Il fit un commentaire du Moudjiz auquel il donna le nom de Moundjiz., auquel, dit Hadji Khalfa, il voulait adjoindre un autre de ses écrits intitulé Tassis essakha fi charh el lemha, Fondement de la santé par le commentaire de la Lemha. Le Tassis essahha existe à Paris, et à la Bodléienne, n° 560.
Le commentaire du Moudjiz existe à Paris, n° 1020 du supplément arabe. Nous en avons rencontré deux exemplaires dans les Bibliothèques de l'Orient.
Quant à la Lemha, c'est un ouvrage d'Abou Saïd ben Serour
292 HISTOIRE DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE SEPTlÈiME.
Essaouy el Israïly, chef des médecins en Egypte, mentionné par Hadji Khalfa, n° 11,168.
Le commentaire de la Lemha de Paris, n° 1960 du supplément arabe, ne fait pas moins de deux forts volumes in-4°. L'auteur y est nommé Modhafer èddin Mahmoud, dit el Amehathy.
MEHDY, EL AZRAQ, EL KERMANY.
Nous avons dû réunir sous un même titre les noms de ces trois auteurs, afin de faire mieux comprendre les relations qui existent entre leurs écrits.
Nous consacrerons toutefois un article à chacun d'eux en particulier.
MEHDY.
Mehdy ben Ali ben Ibrahim Essoubounry Iémeny Mehdjemy, tel serait le nom complet de cet auteur d'après le catalogue de Munich, qui en possède un ouvrage, le Kitab errahma, ou Livre de la miséricorde, sous le n° 807. D'après Hadji Khalfa, Mehdy serait mort en l'année 815 de l'hégire, 1412 de J. C. Nous avons d'autres mentions de Mehdy et du Kitab errahma, qui fournit à El Azraq les éléments d'une compilation, mais son nom se trouve diversement écrit.
Le British Muséum, n" 454, cite implicitement la compilation d'El Azraq, qu'il dit tirée du Kitab errahma de Mahdy Ettabary.
La compilation d'El Azraq existe aux nos 1048 et 1041) du supplément arabe de Paris. L'un donne à Mehdy le surnom de Safiry et l'autre celui de Soubounry. L'un et l'autre lui attribuent le Kitab errahma. Un autre exemplaire d'El Azraq existe au n° 1082 de l'ancien fonds arabe, et, ici encore, abus trouvons Mehdy qualifié de Soubounry.
En somme, s'il y a divergence sur un surnom, il y a unanimité pour lui attribuer le Kitab errahma.
LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. — XVe SIÈCLE, 203
EL KERMANY OU EL KEMRANY.
Hadji Khalfa, II, 295, citant l'écrit d'El Azraq, dit qu'il est tiré du Kitab errahma d'une part, et de l'autre du Chefa el Adjesam, ou la guérison des corps, sans nous donner les noms des auteurs de ces deux écrits. Mais nous trouvons le dernier, l'auteur du Chefa, dans les Mss. de Paris précités.
Tel serait en entier le nom de l'auteur du Chefa : Mohammed ben Abil R'aïts el Kemrany et suivant un manuscrit, El Kerrnany. Hadji Khalfa, n°7583, cite aussi le Chefa el Adjesam comme étant de Mohammed ben Abil R'aïts el Kerrnany, et il ajoute qu'on trouve chez lui ce qu'on ne trouve pas chez ses devanciers. Nous manquons de renseignements sur lépoque où vécut El Kemrany.
EL AZRAQ.
Nous avons déjà dit qu'il était mentionné par Hadji Khalfa. Il nous donne ainsi son nom au complet : Ibrahim ben Abderrahman ben Abi Bekr el Azraq, et il le dit auteur du Teshil el Manafi fitthobb ou el hikma, Livre qui aide à tirer parti de la médecine et de la science. C'est encore ainsi que nous le trouvons nommé dans les n°- 1082 de l'ancien fonds, et 1048 et 1049 du supplément, qui contiennent chacun un exemplaire du Teshil.
Dans l'introduction, l'auteur nous annonce qu'ayant voulu composer un Traité de médecine, il avait cru devoir prendre pour base deux ouvrages excellents, le Kitab errahma et le Chefa el Adjesam, tout en les complétant. Le premier a le mérite de la concision, mais en tant qu'abrég-é il a des lacunes. Le second, qui paraît s'appuyer sur la tradition, mentionne des remèdes que l'on n'a pas sous la main. El Azraq a voulu suppléer à ces lacunes et à ces défectuosités en puisant dans d'autres bons livres tels que ceux de Soueidy, de Razès, d'Ebn Djouzy, d'Aly ben el Abbas, de Mardiny, tout en se
proposant de no conseiller que des médicaments connus et faciles à trouver.
Les divisions de son ouvrage sont exactement celles du Canon, moins le cinquième livre. Le n° 1008 du supplément confient 150 feuilles in-8°. C'est en somme un ouvrage de second ordre. El Azraq parle de l'auteur du Chefa comme de son maître.
EL MARDINY.
Il existe de lui un Résumé de médecine au n° 1055 du supplément, sous le titre Eddorr cl Mandhoum. Il citeelAzraq, l'auteur du Chefa el Adjesam qu'il appelle son maître.