‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 95 sur 241 · TAKY EDDIN AB0IJ BEKR EL BEDRY · texte numérisé non relu

TAKY EDDIN AB0IJ BEKR EL BEDRY

Taky eddin Abou Bekr Abdallah ben Mohammed el Bedry, Eddimachky, el Misry, naquit à Damas et habita le Caire, ainsi que l'indiquent ses surnoms, et une note qui accompagne un ouvrage dont nous allons parler.

Il vivait dans le courant du XVe siècle, la note susdite déclarant que l'autographe était achevé en 869 (1464).

Nous n'avons pu jusqu'à présent recueillir d'autre renseignement sur son compte.

Taky eddin composa sur le hachich et sur le vin un ouvrage, qui existe à la Bibliothèque nationale, n° 1038 du supplément arabe. Il porte ce titre: Rahat al arouak fi cl liacliich ou errah, Le repos des esprits sur le hachich et le vin, et contient 150 feuilles.

Le hachich et le vin sont moins considérés ici au point de vue de la médecine qu'au point de vue de l'histoire, de la morale et de la légalité. Il y a Là toutefois quelques renseignement historiques qui méritent d'être mis en lumière, le hadhich ayant une certaine importance dans la vie de l'Orient.

L'auteur débute ainsi: Louange à Dieu qui a défendu à ses serviteurs l'usage des substances enivrantes.

LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. =» XVe SIÈCLE. 295

Il commence par le hachich, dont il recherche d'abord l'origine. On n'est pas d'accord sur la date de son apparition dans le monde musulman. Plusieurs dates sont données.

Elles portent en somme sur le XIIIe siècle de notre ère avec des oscillations d'un siècle. Quelques-uns le rattachent à l'invasion des Tatares ou Mongols.

Deux derouiches nous sont donnés comme en ayant propagé l'usage, le cheikh Kalendar et le cheikh Khider. On ne dit rien de particulier sur le premier.

Quant au cheikh Khider, c'était un saint homme qui vivait retiré dans les environs de Nisabour. Il découvrit les propriétés de cette plante et en recommanda l'usage à ses disciples. A sa mort, arrivée en 018 (1221), ses disciples en semèrent sur sa tombe.

D'autre part on dit que cette plante était depuis longtemps connue dans l'Inde, son pays natal, et que de là elle se répandit dans les diverses contrées de l'Asie. Elle aurait pénétré dans l'Irak par Ormouz, en l'année 628 (1230).

L'auteur cite ensuite une foule d'écrivains qui ont parlé du chanvre, depuis Hippocrate jusqu'à Ebn el Beithâr, sans nous donner de son cru rien d'original. Il donne une foule de synonymies suivant les pays.

En somme cet écrit est une compilation qui a surtout un intérêt historique.

La deuxième partie, relative au vin, se produit dans les mêmes conditions.

Ce sont d'abord des synonymies et des étymologies plus ou moins rationnelles. Nous rencontrons ensuite une série de citations de médecins depuis Hippocrate etGalien, relatives au vin et à ses propriétés, puis des anecdotes, des sentences, etc. Après une digression sur les chansons et la musique, nous trouvons plusieurs hadits ou propos de Mahomet relatifs au vin. L'un d'eux adresse au vin dix reproches: il cause du trouble, il détourne du service de Dieu, il est la source de tout péché, etc.

De tous les renseignements que les écrivains arabes nous ont laissés sur le hachich, les plus complets sont encore ceux donnés par Ebn el Beithâr, qui mourut en 1248 de notre ère.

296 HKTOmiS DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE SEPTIÈME.

On sait qu'il voyagea ; cependant il dit n'en avoir vu nulle part qu'en Egypte, ce qui indique une introduction récente, sinon une culture récente. Il a vu les fakirs l'employer sous toutes les formes et il en a constaté les déplorables résultats, l'altération de l'intelligence, les convulsions et quelquefois la mort. Les mêmes faits, et l'impuissance en plus, ont été observés en Algérie, où l'usage du hachich, dit aussi Kifet Tekronri, a pris de l'extension de longue date. Il existe à Constantine une sorte de confrérie de fumeurs de hachich dits Bachchéchya.

ESSENOUSSY.

Abou Abdallah Mohammed ben Yousef beu Amr Essenoussy naquit à Tlemcen en 1428. Intelligent et avide de science, il étudia toutes les branches des connaissances humaines, mais s'adonna surtout à la jurisprudence et à la théologie. Ses doctrines et ses mœurs étaient d'un soufi. Qu'est le Paradis avec ses houris, disait-il ; rien pour le véritable ami de Dieu qui ne lui donnerait pas un seul regard. On connaît de lui une quarantaine d'ouvragées, et il professa pendant un demi-siècle. Il connut la Bible et soutint la fameuse thèse du Paraclet. Il écrivit quelques ouvrages de médecine, ainsi un commentaire sur Avicenne et un Traité des secrets de la médecine, qui existe au musée Britannique, n° 461. Il mourut en 1400 et fut enterré à Tlemcen (Brosselard, Revue africaine, 1858-01).

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