‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 98 sur 241 · TOME u · texte numérisé non relu

TOME u

être élevés et amples, contenir des pièces pour se déshabiller, un tepidarium, de nombreuses cellules en rapport avec les divers tempéraments, etc. Il y aura des peintures et des sculptures récréatives. Le foyer doit être éloigné du baiu.

Le 2e livre traite de l'air et de l'eau.

Le 3e traite de l'utilité des bains.

Le 4tt de leurs inconvénients.

Le 5e traite de la pratique des bains.

Le 69 des moments et conditions favorables à l'entrée et a la sortie.

Le 7e traite des bains d'eau froide.

L'épilogue est un formulaire.

Le même manuscrit contient encore un opuscule de Daoud sur le traitement des maladies de l'œil par les médicaments. C'est plutôt l'hygiène de l'œil qu'un traité complet de ses affections.

Nous avons déjà dit que Daoud, dans le Tedkira, renvoyait à sonanatomie. Cette anatomie est mentionnée dans les catalogues des Bibliothèques de l'Orient donnés par Fluegel, sous le titre : Nozhat fittechridj .

Hadji Khalfa, n° 018, cite aussi de Daoud un traité des causes et du traitement des maladies ; sous le nc" 1884, un ouvrage intitulé Bour'ïal èïMouhtadj, le Désir de celui quia besoin; et sous le n° 0354 un commentaire du Moudjiz cl Canoitn d'Ebn en Nefîs.

Le musée britannique mentionne, sous le n° 077, un traité d'astrologie de Daoud, cl Ahlcam cnncdjoumya, mais nous supposons que ce n'est autre chose qu'un extrait du 4" livre du Tedkira.

La Bibliothèque Bodléienne mentionne, sous le n° 608, des Observations ou expériences médicales.

Nous trouvons aussi mentionné, danslës Bibliothèques de l'Orient, un écrit de Daoud sous ce titre qui présente une variante: Fiièchdiâ eï Adhan, «pie nous traduirons par: Dos moyens de fortifier L'intelligence.

Hadji Khalfa cite sons le n° 13,720un ouvrage de Daoud sous le titre Nozhai cl Mo'ubeâja, dont nous ignorons le

LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. — XVi", XVII*, XViJl0 SIÈCLES. 307

contenu. Cet ouvrage est aussi mentionné dans les bibliothèques de l'Orient.

Le tedkira de Daoud est commun en Algérie et naturellement très estimé. Nous en avons traduit la partie des simples, en nous restreignant à la partie descriptive et n'empiétant sur la thérapeutique que dans certains cas d'un intérêt spécial. Nous avons ainsi pu apprécier la valeur de cet écrit qui, sans accuser de l'originalité, prouve un homme érudit et consciencieux.

BEN AZZOUZ EL MARAKCHY.

Àbou Mohammed Abdallah ben Azzouz el Marakchy ne nous est connu que par un écrit dont nous possédons une copie et dont nous avons reucontré deux autres en Alg'érie. Malgré que nous ayons traduit cet ouvrage, nous n'avons trouve aucun renseignement sur l'époque précise où vivait l'auteur. Cet ouvrage est intitulé Daheb el Koussouf fi elthobb, Ce qui écarte les éclipses en médecine. C'est un résumé qui donne cependant une large place aux questions théoriques. Il présente une disposition bizarre. Après les généralités, l'histoire naturelle, l'hygiène et la pathologie, nous trouvons un traité des propriétés des animaux puis la monographie des affections oculaires très détaillée. Le cachet local persiste toujours et l'explicit ne se trouve qu'à la fin de ces derniers Traités.

Le traité des maladies de l'œil est une imitation et parfois une reproduction textuelle du Mémorial d'Issa ben Ali. Si l'on compare la liste des affections de la paupière, elle est presque identique. Une foule de passages sont dans le même cas; II y a des transpositions. Ainsi l'anatomie de l'œil vient après la liste susdite. Il y a aussi des additions, ainsi le formulaire des ophthalmies. Nous retrouvons les mômes ressemblances à propos des maladies de la cornéej de l'uvée, enfin à propos des affections qui échappent aux sens. Il n'y a en somme entre le Mémorial d'Issa ben Ali et le texte de Ben Azzouz que des différences de détail.

A la fin de l'hygiène, l'auteur dit que sa manière de voir est celle des médecins indiens, grecs, coptes, égyptiens et persans. Il cite les noms d'Aristote, de Platon, de Honein, de Thabary, de Ben Zakarya (Razès) de Geber, de Djeldeky, d'Ebn Ouafed, d'Ebn Ishaq, de Galien, d'Avicenne, enfin de Daoud el Antaky.

Cette dernière citation prouve que l'auteur vivait au plus tôt vers la fin du XVIe siècle de notre ère- Ce passage nous semble prouver l'existence au Maroc d'un certain nombre de monuments de la médecine arabe. Nous avons toujours regretté de n'avoir pu visiter ce pays et particulièrement la ville de Fez, qui doit être encore plus riche que celle de Maroc.

ABDERREZZAQ EDDJEZA1RY.

Abderrezzaq ben Mohammed ben Mohammed ben Haina douch Eddjezaïry était originaire d'Alger, ainsi que l'indique son surnom. Le peu que nous savons sur son compte est tiré de ses œuvres.

Tl vivait dans la première moitié du XVIIIe siècle de notre ère. Il parait avoir fait plusieurs l'ois le pèlerinage de La Mekke. A propos du bézoar, il nous dit dans un de ses ouvrages, qu'il en trouva une formule artificielle en Egypte lorsqu'il fit le pèlerinage, en l'année 1130 (1718). Dans un autre ouvrage, il date de Rosette en 1161 (1748).

Le plu;; important de ses écrits porte ce titre : Kacheferi oumoûz (klw.rh el aquaquir ou el achchâb, Révélation des énigmes et exposition des drogues et des plantes.

C'est un Traité d'histoire naturelle médicale sous forme alphabétique, précédé d'une introduction sur les propriétés générales et les classes de médicaments. Le nombre des arfcii Les, y compris les synonymies, se monte à près d'un millier.

L'auteur s'esl surtout inspiré d'Avicenne, d'Ebn el Beithàr et particulièrement de Daoud el Antaky. Noustrouvons aussi quelquesfaitsdesa pratiqueet il relate quelques rnéçLicamenti nouveaux fcol i que le gayac, le sassafras, la salsepareille,

LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. — XVI0, XVIIe, XVIIIe SIÈCLES. 309

le quinquina, la squine. Il parle aussi de la maladie franque. On voit naturellement apparaître un certain nombre d'expressions locales, dont quelques-unes empruntées au langage des Kabiles. Bien que cet ouvrage soit d'un ordre inférieur, on n'y voit pas l'autorité du Prophète invoquée, non plus que l'emploi des moyens superstitieux, ainsi qu'il arrive dans ces résumés.

Outre les médicaments nouveaux plusieurs autres faits accusent des relations avec les Européens.

En somme, cet ouvrage n'a pas d'autre intérêt que celui d'un échantillon de la médecine algérienne, à une époque très rapprochée de nous, et il intéresse plus particulièrement l'Algérie. C'est à ce titre d'abord que nous en avons fait la traduction. Nous avons ensuite mis en regard du texte la pratique actuelle des indigènes et donné les dénominations arabes et berbères des médicaments. Enfin nous avons rapproché ces dénominations quelquefois altérées des termes en usage chez les auteurs classiques arabes.

Nous n'avons rencontré que deux Manuscrits d'Abderrezzaq. L'un est à la Bibliothèque d'Alger; l'autre nous appartient. Il a été transcrit en 1783, sur un autographe, par Tahar ben el Hadj eddjilany ben Issa Echcherif de Mostaganem.

Nous possédons un autre ouvrage de l'auteur intitulé Taclil el mizaclj bisebeb kouanin el ilâclj, Rectification du tempérament d'après les règles du traitement. C'est un opuscule d'une vingtaine de feuilles, autographe, écrit à Rosette en

C'est un Traité des fonctions génitales et des moyens de les conserver intactes. Elles s'affaiblissent de deux manières, dit jL'auteur, par des accidents morbides et par une altération du tempérament. Ces deux ordres de faits sont l'objet de deux chapitres. Un épilogue traite de l'hygiène des organes génitaux.

L'auteur s'est particulièrement inspiré d'El Aïachy. Parmi les autres citations figurent en première ligne Avicenne puis Daoud el Antaky.

A côté des nombreuses préparations destinées à combattre

l'excès de l'une des quatre humeurs dans chaque organe en particulier, nous rencontrons quelques pratiques superstitieuses pour dénouer l'aiguillette, l'impuissance étant aussi considérée comme pouvant être le fait des génies. Ici nous rencontrons des hadits. Les derniers chapitres sont consacrés aux aphrodisiaques.

Un indigène d'Alger nous a dit avoir lu un traité de la peste par Abderrezzaq.

Abderrezzaq peut être considéré comme le dernier représentant de la médecine arabe.

Page 1