SIMPLICIUS
Nous donnons ici pour mémoire ce nom qu’il faudrait écrire Senflious, pour s’en tenir à la lettre de l’arabe. Le latin a rendu par Sterilius. L’auteur aurait commenté le livre des fractures d’Hippocrate.
ATHOÜRSOQOS.
Telle est la forme la plus généralement reproduite de ce nom que la traduction latine a rendu sous vingt formes différentes. Cet auteur est cité très-fréquemment dans le Haouy. Il est cité un peu moins souvent dans le Traité des Simples d’Ebn Beithar, et ces citations portent généralement sur des remèdes empruntés aux animaux.
Du caractère de ces citations en général, et du caractère particulier de certaines d’entre elles, nous croyons qu’il est possible de voir dans Atlioursoqos, dont le nom aura pu se modifier avec le temps, un auteur dont il est question dans Galien. Du reste ce rapprochement avait été fait déjà par Fabricius. Dans le X® livre des médicaments simples, à propos des aberrations de Xénocrate, qui employait comme médicament la chair humaine, et des prescriptions aussi étranges de certains médecins qui recommandaient l’usage
d animaux fabuleux ou d’uii abord impossible, Galien ajoute : J’ai trouvé qu’uu certain Atheuristi conseillait cette sorte de traitement. Mais je crois qu’il n’en a aucune expérience personnelle, et je ne parlerai ni des ba.silics, ni des éléphants, ni des chevaux du Nil. Parmi les prescriptions d’Athoursoqos, consig-iiées dans le Haouy, nous trouvons la fiente de canard, l’urine humaine, vieille et puante, etc. Les citations d’Ebn Beithar ont le même caractère. Bans les tables de synonymies qui terminent le Haouy de Razès, nous trouvons Athoursoqos citant le livre des Pierres de Théophraste.
BADIGORAS.
Badigoras est très fréquemment cité dans le Haouy. Il l’est de même fréquemment dans Ebn Beithar, c’est-à-dire une trentaine de fois. Il l’est moins souvent dans Sérapion. Toutes ces citations prises dans leur ensemble ont un caractère particulièrement accusé dans Ebn Beithar, mais saillant aussi chez les autres, c’est d’avoir trait à des substances tirées de l’extrême Orient, substances qui ne furent pas connues des anciens Grecs. C’est ainsi que les citations d’Ebn Beithar portent sur l’Emblic, l’Andahiman, substance indéterminée, tirée du Kerman. le Kadhy (Pandanus odoratissimus), le Sadrouân que nous croyons une lichénée tirée de l’Oman, le Bétel, le Kicht ber Kicht qui n’est autre chose que 1 Helicteres ixora, etc. Chez Razès nous trouvons cités l’Azéderach, le Bell(CEgle marmelos), le Sell et le Fell.etc. Enfin dans Sérapion nous trouvons cités les Myrobolans, la Zédoaire et l’Arec. Tout cela n’a pas empêché le traducteur allemand d’Ebn Beithar, Sontheimer, de voir dans Badigouras le célèbre Pythagore.
Pour ce qui nous concerne, nous inclinerions à voir dams Badigoras un homonyme de l’illustre philosophe, que les événements auraient conduit, comme plusieurs autres, à la cour du roi de Perse, ou bien à Bjondisabour, où il aurait pu prendre connaissance de tant de substances exotiques, dont on ne rencontre pas la mention dans Paul d’Égine.
MAHRAPaS.
Nous manquons également de renseignements sur ce personnage, qui se trouve néanmoins cité par divers auteurs arabes. Son nom se rencontre dans le Traité des Simples (l’Ebn Beitliar, dans l’Agriculture d’Ebn el Aouâm et dans le Filirist. Razès lui donne la qualification de Hakim, Ebn Beitliar, celle de Roûmy, et Ebn el Aouâm, celle d’Iounâny. Ce serait donc un Grec ? Les citations d’Ebn Beitliar sont au nombre de six. L’une d’elles, relative aux propriétés abortives de la Cannelle, se retrouve dans Razès. Les autres ont trait aux propriétés de l’opium, du stellion, do la taupe, de la pastenague et de l’aloës. Ebn el Aouâm cite Maliraris à propos de la plantation des arbres. R se serait donc occupé d’agriculture. D’autre part, le Filirist se borne à mentionner son nom dans la foule des auteurs qui ont écrit sur Talcliimie. Nous ne croyons pas cependant pouvoir conclure avec Meyer, dans son histoire do la botanique, à l’identité de Maliraris avec Hermès, malgré même que la Bibliothèque Bodléieuiie semble incliner à cette confusion. I, 3’’ partie, 1,027.
Traités d’Agriculture.
Ce serait ici le moment de parler des livres d’agriculture, que l’on trouve, il est vrai, mentionnés ailleurs, mais plus fréquemment cités dans le Continent. Nous réservant de faire de nouvelles recherches sur l’agriculture grecque, sur Costus et sur Jounious, etc., nous nous bornerons actuellement à une simple mention, sans autre discussion.
On trouve cités dans le Continent, trois traités d’Agriculture, celui de Jounious, que nous admettrons provisoirement comme identique avec Columelle, celui de Costus, et l’Agriculture persane.
Le mot Jounious prêtant beaucoup à des erreurs de copia- j tes, il ne faut pas s’étonner si toutes les traductions latines ' l’ont altéré. Celle du Haouy le rend quelquefois par Tritus et même par Bonoset. Ces altérations ont eng-agé Meyer en des discussions stériles. Parfois on pourrait lire aussi Paul, et le latin a rendu par Paulus.
Costus a été souvent méconnu par le traducteur latin qui écrit Costa, au lieu de Costus. Costa beu Luca fut le traducteur en arabe de cette agriculture grecque.
On trouve plusieurs fois citée l'Agriculture persane. Il se pourrait que cet ouvrage fût identique avec le précédent, car nous lisons dans la notice consacrée à Costus par Hadji Klialfaque son ouvrage fut aussi traduit en persanlangue nécessairement connue de Razès.
Citons encore une bévue du traducteur. Il lui est arrivé de rendre le mot Fellaha, Agriculture, par ; De libre Fallax. Rien n’accuse l’agriculture nabathéenne. Pu reste Ebn üualicliya, contemporain de Razès, ne mit pas la dernière main à son œuvre.
Les Médecins arabes cités dans Razès.
Nous allons donner ici la liste des médecins de; l’Orient cités par Razès, pour une double raison. La plupart appartiennent au siècle dont nous retraçons l’histoire ; ensuite ce sera le moyen de iie pas scinder notre travail sur le Haouy. Comme nous manquons de renseignements sur un grand nombre d’entre eux, et qu’il nous est impossible de les classer suivant un ordre chronologique, nous avons pris le parti de les classer suivant l’ordre alphabétique.
Nous tairons ici les médecins indiems, dont nous avons fait un article spécial.
Abou amrou.
Nous le trouvons quelquefois cité avec la qualification d'El Kahhal, c’est-à-dire l’oculiste. Il serait peut-être
LES MÉDECINS ABABES CITÉS DANS BAZÈS. 271
identique avec l’auteur cité sous le nom A'El Kateb qui s’est pareillement occupé d’oculistique, et le nom complet serait probablement Abou Amrou ben loubanna ben lousef el Kateb, qui est le nom d’un traducteur, dont nous avons parlé. El Kateb est rendu dans la traduction latine par Notarius.