‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 140 sur 199 · II. — La Famille des Bakhtichou · texte numérisé non relu

II. — La Famille des Bakhtichou

Nous sommes restés au livre précédent sur Baklitichou. ben Djabril, médecin de Moutaouakkel, mort en 870, laissant un fils du nom d’Ohéid Allah.

; Pendant un siècle et demi nous rencontrons encore des médecins issus de cette famille.

Meyer, dans son histoire de la botanique, a dressé nn tableau de la race, d’après ce qu’il a trouvé dans Wüstenfeld. Cet arbre généalog-ique ne nous paraît pas irréprochable, certaines filiations n’étant pas bien établies.

Nous allons voir bientôt que certaines filiations admises par Wüstenfeld reposent sur des hypothèses.

lAHYA BEN BAKHTICHOU ^

Jean, fils de Bakhtichou

Nous ne le connaissons que par quelques mots d’Ebn Abi i Ossaïbiah, qui le donne comme ayant traduit plusieurs ouvrag-es en syriaque, sans qu’il sache s’il en a traduit en arabe. Wüstenfeld a supposé que cet lahya ou Jean était le fils de ce Bakhtichou beu Djabril ; mais nous avons vu que Bakhtichou n’avait laissé en fait de postérité mâle, qu’un fils du nom d’Obéid Allah, et puis l’époque de notre traducteur j ne nous est pas donnée. D’ailleurs il faut bien admettre que cette famille fut nombreuse et que nous n’en connaissoiffi| pas tous les membres. Nous verrons tout à l’heure, à propos d’un Djabril ben Obéid Allah, qu’il avait des oncles à Bag- ] dad, dont l’historien de la médecine a tu les noms. |

BAKHTICHOU BEN lAHYA

Bakhtichou fils de Jean.

Celui-ei pourrait être fils du précédent. Le Kitab el Hokama, et après lui Aboulfarag-e, nous donnent ce Backbtichou comme étant attaché à la personne du Khalife Moctader, qui régna de 008 à 032, et jouissant auprès de lui, en même temps que Sinan ben Tsahet, d’une grande considération.

OBÉID ALLAH BEN DJABEIL BEN BAKHTICHOU.

Wüstenfeld a supposé qu’il était un petit-fils du Bakhtichou, médecin de Moutaouakkel : cela est possible, mais ce que Wüstenfeld affirme à tort, c’est qu’il est l’auteur du Parterre de médecine, Raoudhat Etthobb, que nous dirons bientôt être l’œuvre d’un homonyme, son petit-fils. Tout ce que nous savons de cet Obéid Allah, c’est qu’il laissa un fils du nom de Djahril, dont nous allons parler.

DJABRIL ben obéid ALLAH

Gabriel fils d’Obéid Allah.

Laissé orphelin par son père, il s’en vint pauvre à Bagdad et se mit à étudier la médecine sous différents maîtres, notamment sous El Ouassithy.

En même temps il suivait les hôpitaux. Ses oncles l’avaient Recueilli, mais ils le traitaient un peu rudement, lui trouvant l’esprit lourd et paresseux. Cependant un envoyé du Bouïde Moëz Eddoula était venu à Bagdad, apportant au Khalife des présents, parmi lesquels on nous cite des nains et un âne rayé, probablement un zèbre. B avait avec lui une femme affectée d’hémorrhagie que les médecins du Kerman, de la Perse et de l’Irak avaient inutilement traitée. Djahril la guérit et fut comblé de présents. Dès lors ses oncles le tin-

rent en honneur. L’amhassadeur, à son retour, raconta le fait, et Djabril fut mandé auprès d’Adhad eddoula, dont on , connaît le goût pour les choses et les gens d’esprit. Gabriel j composa, à son intention, un traité sur les nerfs ou les muscles de l’œil. Gabriel fut encore envoyé soigner un autre prince malade. Ceci se passait en 357 de l’hégire, 067 de notre ère.

Cependant Adhad eddoula entrait dans Bagdad et avec lui Gabriel, qui fut attaché au grand hôpital fondé par l’émir. Il touchait, à ce titre, une pension mensuelle de trois cents drachmes, et autant comme médecin particulier du prince. Il passait deux jours par semaine au palais.

Saheb beu Abad se trouvant affecté à Rey d’une maladie de l’estomac, Adhad eddoula lui envoya Gabriel, qui composa pour ce personnage un compendium de médecine, où il traitait de toutes les maladies, de la tête aux pieds.

Gabriel était depuis plus de trois ans de retour à Bagdad quand un prince du Dilem, Khosrouchah se trouvant malade, Gabriel lui fut envoyé. Là, sur l’invitation de KhosTOuchabci il composa deux traité.s, l’un sur la céphalalgie sympatbi-1 que d’une affection du diaphragme, et l’autre sur cette question que le sang est l’élément le plus précieux du corps. ]

A son retour à Bagdad il se mit à composer un grand traité de médecine dédié à Saheb ben Abad et intitulé Si Kafy, ' ou le suffisant. Il composa de plus un livre sur les concordances entre les prophètes et les philosophes, un livre contre les Juifs, et un autre sur l’emploi du vin dans le sacrifice. -

Après un voyage à Jérusalem il fut encore demandé à Rey, puis à Mossoul, enfin à Meyafarikin où il mourut en 1005 à l’âge de 85 ans.

Pour compléter l’histoire de la famille, nous allons donner la biographie du dernier membre connu, Obéid Allah ben Djabril, bien qu’il appartienne au XI* siècle.

Il habitait Meyafarikin où nous avons vu que son père était mort, et passait pour un éminent médecin et versé dans toutes les sciences cultivées par les chrétiens. Ebn Botlan fut un de ses amis. Il cessa de vivre en 1058. Il composa plusieurs ouvrages. Des différentes sortes de lait. —

l’irak.

Des beaux faits des médecins. — Comment on pevit arriver à conserver sa descendance. — De la nécessité des mouvements respiratoires. — Curiosités tirées des Anciens. — Mémorial du résident et provision du voyageur. — Livre des Propriétés. — Le Parterre de médecine.

Wüstenfeld nous paraît s’être mépris en traduisant l’antépénultieme titre par; Liber memorialis Cogitantis, etc. Le mot Hadhir, sédentaire, nous paraît être ici mis en opposition avec Moçafir, voyageur.

Nous croyons encore que Wüstenfeld s’est mépris en attribuant le Parterre de médecine à un autre Obéid Allah, dont nous avons parlé précédemment.

Le Parterre de médecine, Raoudhat etthehb, existe à l’Escurial et à Paris. Nous avons vu les deux Manuscrits et ils sont identiques à peu de choses près ; le nombre et le titre des chapitres étant absolument le même. Le premier répond au n“ 889 ancien 884, et le second au n° 1060, ancien fonds. L’un contient 40 feuilles et l’autre 32. Nous avons lu dans le Ms. de Paris; On m’a prié de composer un abrégé de mon livre connu sous le titre de Mémorial du résident et Provision du voyageur ; et je lui ai donné le nom de Parterre de médecine. Cet ouvrage contient 50 chapitres consacrés aux généralités de la philosophie et de la médecine. Ainsi ; Qu’est-ce que le genre, l’espèce, la différence, la propriété, l’accident, la substance, la quantité, la qualité, l’élément, la complexion, l’humeur, l’organe, la force, l’action. Pâme, l’esprit, l’intellect, le désir, la sensation, l’imagination, la pensée, la mémoire, le mouvement, le temps, l’espace, l’existence et la corruption, la maladie, le sommeil, les songes, le pouls, la crise, la maladie, la cause, le signe, la santé, l’aliment, le médicament, etc.

Il existe à Paris, sous le n“ 1077 de l’ancien fonds, un traité des Propriétés des animaux par Obéid Allah ben Djabril.

La forme, le caractère, les habitudes de chaque animal sont brièvement exposés avant d’en venir aux propriétés. Il existe chez les Arabes plusieurs ouvrages de ce genre, qui

cS74 HISTOIltB DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE TROISIÈME. •!

portent tous le cacliet du merveilleux et de la crédulité, tout comme celui dont nous parlons. j

Le manuscrit de Paris a cela de particulier qu’il est accompagné de la représentation des animaux. Ces figures sont généralement assez mal réussies.

Page 1