CHOIX ET RÉDACTION DES XVI LIVRES
Théodose, Palladius et Jean le g-rammairien. Il dit aussi, comme Ebn el Kofthy, que le chef de ces médecins fut Ankilaous et que ce fut lui qui provoqua la collection des XVI livres. Il ajoute encore ceci: De tous les commentaires des XVI livres, le meilleur que j’aie rencontré est celui de Djasious.
Au lieu de quatre médecins nous en aurions donc sept : Étienne, Djasious, Ankilaous, Marinons, Théodore, Palladius et Jean le grammairien.
De ce double témoignag-e quel e.st le meilleur ? Ne pourrait-on pas admettre que le travail primitif opéré par quatre médecins fut postérieurement continué ou remanié. Ce qui | est positif c’est que le recueil des XVI livres fut 1 objet de | travaux de diverse nature pendant tout le temps cpe dura I le culte de la médecine chez les Arabes, c’est-à-dire jusques » et y compris le XIIP siècle de notre ère.
Nous allons maintenant nous arrêter sur chacun de ces médecins et produire tous les renseignements qu’il nous a été donné de recueillir.
1* Ankilaous. Nous n’avons rien à ajouter sur son compte aux renseignements que ixous avons déjà donnés. Jusqu à présent nous avons essayé inutilement de rapprocher son nom de ceux qui nous ont été conservés par les monuinemts classiques. Quelque jour peut-être serons-nous plus heureux.
2“ Étienne, ou Astefan. Le nom d’Étienne est bien connu dans les derniers temps de l’école d’Alexandrie. D’une part nous connaissons Étienne d’Athènes ou Etienne d’Alexandrie et Etienne le philosophe ou le chirni.ste, dont les écrits sont parvenus jusqu’à nous : de l’autre Étienne l’Ancien des Arabes, qui traduisit du grec en arabe, pour Khaled ben Yezid, des ouvrages d’alchimie et d’autres sciences.
Les trois Étienne ne sont-ils qu’un seul et unique personnage, ou bien sont-ils trois personnages distincts ?
L’identité du deuxième et du troisième nous paraît établie par l’identité des travaux.
imprimée sous ce titre déformé : Tacuini sanitatis F.lluchasem Elimithar meclici de Baldatli. Argfontorati, 1531.
42 HISTOIBE DE LA iMÊDECIXÈ ARAtîE. — tiVIlE PREMIER.
Quant au premier, nous devons observer que son nom n’est pas accompag’né ici de l’épithète l’Ancien, que les Arabes joig-nenttoujours au nom du maître de Khaled ben Yezid, pour le disting'uer d’Étienne, fils de Basile, traducteur comme lui. Nous savons aussi qu’on le disttng'Ue g’énéralement du second. Mais n’est-il pas naturel qu’un médecin d’Alexandrie ait aussi cultivé l’alchimie, qui s’est complue depuis si longtemps dans la vallée du Nil ?
Nous croyons devoir admettre l’identité de cet Étienne avec le collecteur des XVI livres et voici pourquoi. Étienne d’Athènes est l’auteur du commentaire sur le livre de la thérapeutique à Glaucon, qui nous est parvenu et qui a été imprimé en traduction latine. Or ce livre à Glaucon fait précisément partie du recueil des XVI livres. En somme, nous ne verrions dans ces trois Étienne qu'un seul personnage.
Freind a connu cet Etienne, la part qu’il prit à la rédaction des XVI livres et leur destination.
3“ Djasious. Nous le considérons comme identique avec ce Gosius qui nous est donné comme ayant traduit du grec en syriaque les Pandectes d’Aaron. (V. la Bibl. or. d’Assemani). ün ne saurait le confondre avec ce Gésius dont parle Suidas, qui lui fut antérieur d’un siècle, attendu qu’il vivait du temps de Zénou. Nous avons déjà parlé du cas que l’on faisait de ses commentaires. Nous ajouterons que parmi les écrits de Houein il en est un qui porte ce titre : Solution des doutes élevés par Djasious d’Alexandrie sur le livre des organes souffrants de Galien. (1)
4“ Marinons. Nous le croyons identique avec ce Marinous ou Marianous dont il est question plus d’une fois dans Hadji Khalfa, et qui fut avec Étienne le maître de Khaled ben Yezid dans le grand art. C’est le Morienus des Alchimistes, dont les opuscules .se rencontrent dans tous les recueils hermétiques.
5“ ïhéodose. Nous ne connaissons qu’un seul nom que
(1) Djasious et Marinous sont quelquefois cités dans le ïedkira de Souidy. Ainsi n»’ 1024 et 1C34, f. 48 et 50 de l’A. F. de Paris.