IV. Les XVI livres chez les écrivains modernes
I. — Choix et Rédaction des XVI Livres. Médecins qui prirent part à cette opération.
Le fait de l’emseignement de la médecine à Alexandrie, fondé sur un recueil de XVI livres de Galien, nous est rapporté plus ou moins explicitement par les trois grands ouvrages consacrés spécialement à l’histoire de la médecine et des sciences. Nous voulons parler du Fihrist de Mohammed ben Ishaq Ennedim, du Kitab el hokama de Djemal Eddin el Koftliy, et de la Vie des Médecins d’Ebn Abi üssaïbiah.
Ainsi que nous l’avons déjà dit sommairement, au commencement du VIP .siècle de notre ère, quelques médecins d’Alexandrie se préoccupèrent d’oi'ganiser l’enseignement
de- la médecine. A cet effet, ils instituèrent une école et de.s cours. Comme base de l’enseig-nement, ils adoptèrent un choix de XVI livres fait à travers les œuvres de Galien . Pour mieux les adapter à l’instruction des élèves, ces livres furent remaniés, abrégés, paraphrasés, accompagnés de commentaires. On dit que leur réduction sous un plus petit volume les rendit plus propres à être transportés en voyage. On dit aussi que leur concision nécessita souvent des commentaires. On ajoute encore qu’ils furent mis par demandes et réponses, ce qui n’est pas leur forme, habituelle.
Si l’on s’accorde, sur le fait en lui-même, il y a divergence quant au nombre des savants et à la part que chacun d’eux prit à l’opération commune.
Le plus ancien de nos trois monuments, le Fihrist, est assez bref. Use borne à citer les noms d’Astephan (Etienne), Djasious, Ankilaous et Marinons, puis il ajoute que ce sont eux qui choisirent XVI livres de Galien, en firent des sommaires, des abrégés, des paraphrases, et que ce recueil est connu sous le nom des XVI livres de Galien.
Le Kitab el hokama de Djemal Eddin el Kofthy, chez qui l’on trouve les renseignements que nous avons donnés cidessus, tout en produisant les mêmes quatre noms, s’attache particulièrement à ce fait que l’initiative et la plus large part du travail revient à Ankilaous, au point que certaines personnes rattachent son nom au recueil des XVI livres. Ce renseignement est donné d’après Honein, qui l’aurait consigné dans sa traduction syriaque du recueil. On lit encore dans le Kitab el hokama ; <i Cet arrangement et cet emploi des livres de Galien se sont conservés jusqu’à nos jour.s (XIIP siècle). »
Nous trouvons dans Ebn Abi üssaïbiah des renseignements plus copieux dont nous signalerons le plus important. Aux quatre noms déjà cités, il ajoute sur l’autorité d’Ebn Botlaii (1), les noms de trois autres collaborateurs, à savoir
(1) Aboul Hassan elMoklitâr, dit aussi Ebn Botlan,'est l’auteur du livre intitulé; Takoiiim Enstihha, dont la traduction latine a été