‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 164 sur 199 · REVUE SOMMAIRE DU XE SIÈCLE · texte numérisé non relu

REVUE SOMMAIRE DU XE SIÈCLE

La diffusion des sciences et leur culture par tontes les parties de l’empire musulman, fondée au X° siècle, se maintint et s’affermit pendant le XI® malgré les révolutions qui l’agitaient et déplaçaient le pouvoir.

Sans entrer dans le détail des événements nous devons en signaler cependant les traits les plus saillants.

A Bagdad, les Khalifes continuent à subir la tutèle des étrangers. A celle des Bouïdes, succéda celle des Seldjoucides : Alp Arslan entrait à Bagdad en l'année 1055.

Cependant les sciences trouvèrent encore des protecteurs chez ces nouveaux maîtres. Alp Arslan eut l’heureuse idée de prendre pour ministre Nizam el Moulk, et ce fut encore celui de sou succe.sseur Malek Chah, le plus grand prince de la dynastie. Nizam el Moulk était non-seulement le protecteur des savants, mais il occupait parmi eux une des premières places. Il fonda des écoles dans les villes de Hérat, d’Ispahan et de Bassora. Mais sa fondation la plus célèbre est la fameuse école de Bagdad, comme sous le nom de Medressat ennizamia. Cette belle existence, de près d’un siècle, fut tranchée par le fer d’un assassin.

A l’Orient, l’empire était démembré par les Gaznévides. Mahmoud, qui résidait à Gazna, se plaisait dans la compagnie d’El Birouny et de Firdoussy. Il avait même invité Avicenne, qui préféra son indépendance.

L’Égypte maintint son autonomie, mais elle eut ses calamités. Nous voyons d’abord l’imbécile liakem protégeant aussi les savants, mais persécutant les dissidents. Le long règne de Mostancer est marqué par les discordes civiles, la peste, la famine et le pillage de riches bibliothèques. Ce ne

fut que vers la fin que le visir Bedr Eddjemaly rendit à l’Eg'ypte sou ancienne prospérité.

L’Espag-ne fut pareillement éprouvée. La dynastie des Ommiades s’éteignit au milieu des troubles civils, l’Espagne se morcela et dans ces agitations nous avons encore à déplorer des sinistres pour les livres.

En dépit des circonstances, nous voyous cependant les sciences poursuivre leur cours tant en Orient qu’en Occident.

Si nous enregi.strons un nombre un peu moins considérable de savants, nous comptons autant d’hommes supérieurs, dominant la foule et laissant après eux une trace de leur passage.

Les productions médicales continuent à prendre une allure indépendante et déjà un certain cachet d’originalité. Les Arabes se sentent déjà riches de leur propre fonds. Nous voyons apparaître certains écrits non moins remarquables par la nouveauté de la forme que par la valeur du fonds.

Au premier rang de tous les médecins du XP siècle se place Avicenne. Avec un génie différent de celui de Razès, il pesa d’un poids encore plus grand sur les destinées de la médecine. Le Canon d’Avicenne, conçu suivant un plan plus large que le Continent, avec une méthode plus rigoureuse, embrassant toutes les parties de la science, eut une influence capitale sur les destinées de la médecine, non-seulement dans les limites du monde musulman, mais en dehors de ces limites chez les nations chrétiennes. L’Orient ne cessa de l’étudier et de le commenter en tout ou en partie ; l’Occident le prit, pendant des siècles, pour base de son enseignement, après l’avoir traduit en latin.

C est encore au XP siècle qu’appartient un homme peutêtre d’origine arabe et converti au christianisme, qui le premier importa dans l’Occident non-seulement les œuvres des médecins arabes, mais celles d’Hippocrate et de Galien, qu’il traduisit en latin, et fit sortir l’Europe barbare de sa longue torpeur. Nous voulons parler de Constantin l’Africain.

En même temps que les attaches avec les anciens se laissent de moins en moins apercevoir, nous voyons le chiffre

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