REVUE SOMMAIRE DU ONZIÈME SIÈCLE
des médecins chrétiens diminuer et n’apparaître pour ainsi dire que dans l’Irak. Dans les sciences étrangères à la méder cine et relevant des mathématique.s, nous ne voyons que des noms arabes.
En même temps les Juifs se montrent plus nombreux sur la scène.
Si nous jetons un coup d’œil rapide sur les diverses contrées de l’Islamisme, nous voyons d’abord en Perse Avicenne, presque toujours en voyage, rencontrer dans toutes les parties de la haute Asie des aliments pour ses travaux, former des élèves et compter El Birouny parmi ses amis et ses correspondants.
A Bagdad, ce sont Eben Botlan, Eben Djezla et Abottlfaradj ben Thayeb, les deux premiers donnant à la médecine et à l’hygiène une forme d’exposition plus commode pour l’enseignement, et le dernier, familiarisé avec les Grecs, commenter leurs philosophes aussi bien que leurs médecins. A cette époque nous croyons aussi devoir rattacher le célèbre oculiste Aly ben Issa.
La Syrie commence à se réveiller, et se prépare au rôle qu’elle doit jouer dans les deux siècles suivants.
En Egypte, les sciences sont cultivées avec ferveur en dépit des troubles politiques. Ce qui caractérise l’Égypte à cette époque, c’est la quantité prodigieuse de livres qu’elle recueille, l’importance presque fabuleuse de ses bibliothèques publiques et privées.
La mosquée El Azhar est toujours üne pépinière de savants, où se forme le grand mathématicien Ebn el Heitsam, dont la fécondité nous étonne. En même temps apparaissent l’oculiste Omar ben Aly, et le grand médecin Aly ben Rodhouan, qui fut nommé chef des médecins en Égypte.
En Espagne, les élèves sortis de l’école de Moslema cultivent la médecine aussi bien que les sciences mathématiques. Parmi les médecins et naturalistes nous citerons Ebn Ouafed qui fut traduit en latin sous le nom d’Eben Guefith, le géographe El Bécry, l’agriculteur Ebn el Hedjadj, enfin le premier médecin de la famille des Avenzoar.
Parallèlement à la médecine marchaient les autres sciences.
Dans l’extrême Orient, El Birouny, polygraphe éminent, étudiait l’Inde et traduisait les ouvrages sanscrits, écrivait le Canoun el Massoudy, traité de géographie mathématique dédié à Massoudfils de Mahmoud, en même temps qu’il s’occupait de physique et d’histoire.
A Bagdad, Omar ben el Kheyam cultivait les mathématiques, réformait le calendrier persan, réformation connue sous le nom d’ère Djélaléenne, d’un surnom de Malek Chah, et dirigeait l’observatoire fondé par Nidham el Moulk, dont nous avons déjà signalé les fondations scientifiques.
En Égypte, alors que s’éteignait Ebn el Younis florissait Ebn el Heitsam, peut-être le plus profond et le plus fécond des mathématiciens arabes.
En Espagne, les mathématiques et l’astronomie étaient cultivées par les disciples de Moslemah et par Arzakel, et Bécry composait un remarquable traité de géographie.
Ajoutons qu’en Orient la philosophie était représentée par le célèbre Gazzaly, qui finit par se retourner contre sa nourrice et s’éteindre dans le mysticisme. 11 fut à la tête de la Medressa Nidhamia.
Nous devons enfin ajouter ici le nom d’Avicenne, qui ne cultiva pas exclusivement la médecine, mais les autres sciences, et jusqu’à l’alchimie. On sait que son ouvrage dit El Chefa se trouve imprimé avec le Canon.