‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 166 sur 199 · I. — PERSE · texte numérisé non relu

I. — PERSE

La Perse eut encore, comme au siècle précédent, l’honneur de produire le plus grand médecin de l’époque. Razès eut un digne successeur dans Avicenne.

Avec des génies différents, on peut dire que ces deux hommes arrivèrent à une égale hauteur. Razès était un praticien plus consommé, Avicenne avait des tendances plus particulièrement portées vers la philosophie, et la connaissance qu’il avait de la médecine, il l’avait puisée dans ses lectures autant que dans la pratique, doué qu’il était d’une merveilleuse facilité d’assimilation. Mais il possédait à un haut degré le génie scientifique, en tant qu’il s’applique à porter la lumière et l’ordre dans un ensemble de faits donnés. Ce que Razès avait fait avec réserve et sous forme d’inventaire méthodique et partiel dans le Continent, Avicenne le fit d’une façon complète et systématique dans le Canon, le plus grand corps complet de médecine que l’on ait publié jusqu’alors.

La vie un peu errante d’Avicenne et les ressources qu’il rencontrait partout pour continuer ses études et ses travaux sont une preuve de la diffusion des sciences en Perse et dans la haute Asie ; mais nous n’y apercevons pas un centre fixe de lumières comme à Bagdad, au Caire et plus tard à Damas.

Avicenne eut cependant des élèves, ainsi Ebn Abi Sadek, El Ilaky, El Mendouih. Parmi ses amis on compte aussi El Birouny qui avait, outre ses connaissances dans les sciences naturelles et mathématiques, une connaissance toute particulière des littératures des Juifs et des Indiens.

Une autre preuve de la diffusion des lumières en Perse, c’est la grande quantité des écrits d’Avicenne adressés à ses contemporains.

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