Livre de la consolation ou du contentement
Réponse à des questions de médecine.
Outre ces ouvrages, mentionnés par Ebn Abi Ossaïhiah, Hadji Khalfa cite encore un Traité des causes et des symptômes.
(1) Le Mor’ny est dédié au Khalife Moctaciy.
Saïd forma plusieurs élèves, parmi lesquels Ebn Djezla, Amin eddoula et Aboul Barakat, le juif converti.
EBN DJEZLA.
Aboul hassan Ali ben Issa ben Djezla el Kateb el Bagdadi, est aussi appelé dans le Kitab el liokama et dans Aboulfafaradj, son copiste, Abou Ali Yahya ben Issa. La première nomenclature se lit non-seulement dans Hadji Khalfa, mais aussi en tête d’un beau manuscrit du Tacouim que nous avons trouvé à Constantine, et dont nous avons pris copie. Quoi qu’il en soit, il est plus généralement connu sous le nom d’Ebn Djezla.
Il naquit à Bagdad, probablement au commencement du onzième siècle de l’ère chrétienne, et mourut, suivant Hadji Kkalfa, l’an 493 de l’hégire, qui répond à la dernière année du onzième siècle de notre ère et à la première de l’occupation de Jérusalem par les Croisés.
Le Kitab el hokama le fait mourir en 473, et Aboulfaradj, qui s’est assimilé sa notice à peu près textuellement, adopte la même date. Nous croyons cependant devoir préférer celle de Hadji Khalfa par la raison qu’Ebn Djezla dédia plusieurs de ses ouvrages au Khalife Moctady qui monta sur le trône en 408.
Ebn Djezla étudia d’abord la médecine chez des chrétiens de Bagdad, ses coreligionnaires. On lui donne encore pour maître Saïd ben Hibat Allah. Le désir lui vint aussi d’étudier la logique et il fréquenta l’école d’Abou Ali ben el Oualid, alors chef des Motazalites. D’Herbelot nous paraît dans l’erreur quand il avance qu’Ebn Djezla enseigna luimême la logique à Abou Ali et que le disciple convertit le maître. Nous croyons plutôt à ce qu’on lit dans le Kitab el hokama qu’Abou Ali fut le maître d’Ebn Djezla pour la logique, et qu’à force de lui vanter l’excellence de l’Islamisme et de lui exposer les preuves de sa vérité, il finit par le convertir. A la suite de cette conversion, Ebn Djezla fut choisi comme secrétaire par Abou Abdallah eddamigany, cadhi
des Kadhis, ou comme le dit d’Herbelot, chancelier du Khalife Moctady. Comme il est arrivé plus d’une fois en pareil cas, notamment à plusieurs médecins juifs ou chrétiens, Ebn Djezla paya sa bienvenue dans l’islamisme en écrivant contre ses anciens coreligionnaires. Cet ouvrage, qui paraît avoir suivi de près sa conversion, fut écrit en 466 de l’hégire et adressé à un prêtre chrétien du nom d’Elie.
Ebn Djezla fut un homme de bien. Non-seulement il traitait ses malades gratuitement, mais il leur fournissait encore des médicaments. En mourant, il légua ses livres à la mosquée d’Abou Hanifa.
Ebn Djezla composa plusieurs ouvrages. Ainsi le livre des conseils ou quintessence des définitions, Kitâh el ichâra fi telkhis el ïbâra, dont nous ignorons le contenu ; un Traité de l’excellence de la médecine et de ses rapports avec la justice. Mais ses deux ouvrages les plus connus sont le Menhadj et le Tacouim, dédiés tous deux au Khalife Moctady.
Le premier porte le titre de Menhahj el hayân fima istarael el insân, c’est-à-dire Exposition méthodique des objets employés par l’homme. C’est un traité, sous forme alphabétique, des médicaments et aliments simples et composés.
11 en existe un exemplaire à la Bibliothèque de Paris, qui ne contient pas moins de 360 feuilles in-folio. Dans sa préface, qui se prolonge jusqu’à la feuille 23 et contient des généralités sur les médicaments, l’auteur annonce qu’il a consulté les ouvrages des maîtres, mais que, pour ne pas allonger son livre, il se bornera à citer les noms des plus éminents tels que Hippocrate, Dioscorides, Rufus, Oribase, Paul d’Egine, Ishaq, Razès et Ali Abbas. A l’époque où. parut le Menhadj nous ne voyons guère, pour la matière médicale, d’ouvrage à lui comparer comme ampleur que le second livre du Canon d’Avicenne, qui lui est certainement inférieur. Le Menhadj dut avoir un certain crédit pour qu’Ebn Beithar se soit donné la peine décomposer un écrit destiné à en relever les erreurs. Il y a effectivement dans le Menhadj quelques confusions, que nous avons constatées. Dans son Traité des Simples, Ebn Beithar en relève quelques-unes, notamment celle relative aux lotus mais il ne le cite pas- moins d’une
quarantaine de fois . Malgré ses défectuosités , le Menliadj nous paraît bon à consulter pour la composition de certaines préparations alimentaires, que l’on trouverait difficilement ailleurs, même dans le Traité des correctifs des aliments de Razès. Nous avons particulièrement remarqué celle de l’aliment connu sous le nom d’Isfidabadj.
L’ouvrage le plus connu d’Ebn Djezla est le Tacouimel abdân fi tedbîr el însân, c’est-à-dire état du corps relativement au régime de l’homme. C’est un traité sommaire de pathologie, rédigé sous forme de tableaux synoptiques. Ces tableaux sont au nombre de 44 et contiennent chacun, en deux pages, l’histoire de huit maladies, ce qui en fait en tout 352. La première page contient le nom de la maladie, le tempérament, l’âge, la saison, le pays, la gravité, les causes, les signes, l’indication des évacuants, le traitement royal et le traitement facile. Quant à cette expression de traitement royal, tedbir maleky, nous en trouvons l’explication dans la nature des moyens indiqués, qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses. La seconde page donne le traitement ordinaire.
Le Tacouim paraît avoir été l’un des livres les premiers publiés sous cette forme, attendu qu’Aboulféda en adoptant la forme synoptique pour sa géographie, Tacouim elbouldân, dit l’avoir empruntée à Ebn Djezla. Il existe à la Bibliothèque de Paris un exemplaire du Tacouim el abdân, exécuté par le même copiste que le Tacouim essahha d’Ebn Botlan, et concourant à former avec lui le n“ 1024, ancien fonds. En haut et en bas des pages sont des généralités sur les divers groupes de maladies, généralités qui ont été comme pour le Tacouim essaha, mises en avant sous forme d’introduction, car le Tacouim a été lui aussi traduit en latin et imprimé à Strasbourg en 1532. Cette traduction, accollée à celle d’Ebn Botlan, a fait confondre les deux auteurs. Celui d’Ebn Djezla a été travesti comme celui d’Ebn Botlan. Tel est le titre de cette traduction : Tacuini egritudinum et morborum fere omnium corporis humani cum curis eorundem, Buhu hylyha byn Gezla autore.
On voit que l’on s’est trompé sur le sens du mot Tacouim,
qui ne signifie pas en arabe tableaux, ce qui est rendu par Djedoul, mais bien état, assiette. L’ouvrage est dédié au roi très-chrétien Charles de Naples, que l’on a confondu avec Charlemagne.
Tel est Tordre suivi dans le Tacouim el abdan.
Il commence par les fièvres un peu trop multipliées, puis les maladies de la peau, les plaies, les venins, les poisons, puis les maladies des divers appareils et organes, de la tête aux pieds. Il se termine par des généralités d’un bon esprit et des pronostics.
Les maladies des femmes sont assez longuement traitées, mais on y voit par une pratique dont il a été aussi question de nos jours, àpropos de l’hystérie, que Ton devait en confier le traitement à des sages-femmes. Il est question des moyens d’empêcher la conception, mais l’auteur a soin d’observer que cela ne doit se pratiquer que dans certains cas et dans l’intérêt de la femme.
En somme le Tacouim el abdan est un assez bon résumé de médecine, qui se recommande autrement que par sa forme originale.
Le n“ 1021 anciens fonds de Paris, qui contient le Menhadj el Beïan, se termine par une biographie d’Ebn Djezla, empruntée à plusieurs sources. On y dit que sa conversion à l’islamisme fut bonne, et Ton vante sa réfutation à, l’adresse des chrétiens et des juifs, qui ont altéré les écritures, où se trouve annoncé Tavénement de Mahomet. On sait que les Arabes ont rapproché le mot Paraclet du mot Mohammed. On dit aussi que sa mort arriva sur la fin de Châban de Tannée 493, ce qui nous porterait au mois d’août de Tan 1100.
BBN BAHTOUIH.
Ahoul Hossein Abdallah ben Issa ben Bahtouih, fils de médecin, était d’Ouasith. Il laissa quelques écrits, qui sont la reproduction des doctrines des anciens. Ainsi le livre des Prolégomènes, dit aussi le Trésor des médecins, qu’il dédiait à son fils en Tannée 1029 ; de l’abstinence en méde-
ECN EL ODASSITHY.
C’était peut-être le fils du précédent. Tout ce que nous en savons, c’est qu’il fut attaché au Khalife Mosthader qui le tenait en considération. Il Vivait donc vers la fin du XI° siècle.
ABOD DHAHER EL BARAKHCHY.
Mouaffeq eddin Ahou Daher el Barakhchy ne nous est guère connu que par une anecdote qu’Ehn Ahi Ossaïhiah raconte aussi dans ses origines de la médecine.
Il traitait un hydropique qui se mit à manger des sauterelles et guérit. On reconnut que ces sauterelles s’étaient nourries sur des tiges de mézéréum, d’où l’ou conclut que c’était au mézéréum qu’était due la guérison. La cure fit du bruit dans Ouassith.
ISHAQ BEN ALI ERROIIAOÜY.
La notice d’Ishaq de Roha manque dans le Manuscrit de Paris. (1) Wüstenfeld le fait vivre sur la fin du XP- siècle et lui attribue un livre qu’il intitule: Imtitutio medici. C’est probablement celui dont parle Ebn Abi Ossaïhiah sous le nom à’Adeb etthobib en divers endroits, notamment dans les notices de Salmouih et de Jean fils de Mésué. Ce serait sans doute un livre où l’histoire se mêlerait à la morale.
ZAïriD EL OLAMA.
Abou Saïd Mansourben Issa Zahid el Olama, chrétien nestorien et frère du métropolitain de Nisibe, exerçait la méde-
(1) Il est mentionné dans la liste donnée par Eeiske, miseel. med., 50.
cine au servicede Nasser Eddoula, le même àquiEbuBotlan dédia son livre intitulé Daouat elathibba. Nasser Eddoula se trouvait à Meyafarikin, quand sa fille tomba malade, et il promit son poids d’argent à qui la guérirait. Zabid el Olama lui rendit la santé et conseilla à Nasser de consacrer cet argent à la construction d’un hôpital, qui ferait honneur à sa mémoire, et ce conseil fut suivi. Des sommes considérables furent dépensées, et des immeubles affectés à l’entretien de cet hôpital. On y réunit tous les instruments et tout le matériel nécessaire aux malades. On ne pouvait trouver rien de mieux, dit l’historien de la médecine.
Zahid el Olama écrivit un livre sur les hôpitaux ; un recueil par demandes et réponses des cas traités à l’hôpital de Meyafarikin ; enfin un traité des songes.
EL MAKILY OU EL MAQBILY.
Abou Nasr Mohammed ben Yousef el Maquily, que Wüstenfelct écrit El Macbil, passait pour un bon médecin. 11 écrivit un traité sur le vin et des commentaires sur les questions deHonein.
ENNILY.
Abou Salil Saïd ben Abd el Aziz Ennily (ou Eimobly) avait la réputation d’un bon médecin et d’un bon écrivain. 11' composa un sommaire des questions de Honein et des explications du commentaire de Galien sur les Aphorismes d’Hippocrate.