D.VM.AS
Nous avons d’amples renseig'nements snr les hôpitaux de Damas, et nous connaissons les noms d’un grand nombre de médecins qui y pratiquèrent ou y enseigmèrent la médecine.
Nous connaissons particulièrement un hôpital à Damas, celui qui fut fondé par le célèbre Noureddin, le Noradin de nos chroniques.
11 paraît toutefois qu’il y eut plusieurs hôpitaux à Damas. Nous croyons en avoir la preuve dans la qualiflcatiou do Grand Hôpital donnée à celui que fonda Noureddin.
Ces fondations paraissent avoir été l’une de ses préoccupations. Nous lisons en effet, dans l’histoire des Atabeks d’Ebn el Athir, que Noureddin fit construire d’autres hôpitaux que celui de Damas, mais que celui-ci fut le plus considérable. (1)
C’est aussi, de tous les hôpitaux de l’Orient, celui sur lequel nous avons le plus de renseignements et nous pouvons donner une assez longue liste des médecins qui y furent attachés.
Un des premiers fut Aboul Medjed ben Hakam. A l’issue de son service, Aboul Medjed se rendait dans la grande cour tendue de tapis, et y restait trois heures à professer et faire des conférences avec les élèves. C’est dans la biographie de ce médecin qu’Ebn Abi Ossaïbiah dit que Nonrcddin avait doté cet établissement d’une bibliothèque médicale.
Mouhaddeb eddin Ennaqqach était suivi de nombreux élèves. Il fut aussi attaché à la personne de Noureddin et mourut en 1178.
Ebn Mathran, le .superbe et fastueux médecin de Saladin,
(1) Il fit aussi construire, dit le même historien, des collèges à Alep, Hiima, Hamas et ailleurs.
ne nous est pas donné positivement comme chargé d’un service régulier à l’hôpital, cependant il figure comme acteur dans un fait qui s’y passa. Un jour il convint avec Ben Hamdan Eddjerraïdy de pratiquer la ponction sur un hydropique. Ebn Mathran tenait le pouls du malade. Voyant ses forces diminuer, il fit suspendre l’écoulement et appliquer un bandage, recommandant de ne pas l’enlever avant deux jours. Mais le malade, qui avait éprouvé du soulagement, pressa tellement sa femme qu’elle le lui enleva. Une abondante évacuation de liquide se fit, le malade perdit ses forces et mourut.
Nous n’avons pas rencontré d’autre mention de Ben Hamdan Eddjerraïdjy chez les historiens de la médecine.
Mohaddeb eddiu ben Eihadjeb, médecin de l’hôpital Ennoury, fut aussi médecin de Takieddin et de Saladin et vécut jusqu’en 1195.
Aboulfadhl el Mohendis avait construit les portes de l’hôpital dans lequel il devait un jour entrer comme médecin traitant. Homme intelligent il avait étudié les mathématiques pour se perfectionner dans l’art de travailler le bois, puis s’était voué définitivement à la médecine.
Mouafifeq eddin Essalmy avait d’abord professé le droit avant d’étudier la médecine. H mourut en 1207.
Saad eddin, fils du précédent, fut non seulement attaché au service de l’hôpital, mais servit plusieurs princes et fut nommé chef des médecins.
Radhy eddin Errahaby fit le service du grand hôpital et de la citadelle.
Cherf eddin fils de Rahaby, outre son service à l’hopital, enseignait la médecine dans une école pour laquelle Mohaddeb eddin ebn Dakhouar avait donné sa maison.
Kemal eddin el Homsy tenait à son service hospitalier. li se refusa à servir les princes et ne leur accorda que des consultations.
Omran ellsraïly, tout juif qu’il était, fut chargé du service du grand hôpital de la citadelle et des maisons royales. Do même que le précédent il refusa constamment de s’attacher à la personne d’un souverain.