SIMÉON-LE-MOINE
Aboulfarage et Ebn Abi Ossaïbiali parlent de Siméoii, Chemaoun, moine syrien, comme d’un habile médecin. Il reçut le surnom de Taïbouta, du nom d’un livre qu’il composa, et vivait sur la fin du VU® siècle. Nous pensons que c’est à lui que se rapportent les citations du Continent.
THÉODOCUS ET THÉODUNÜS.
Nous croyons que ces deux noms ne représentent réellement qu’un seul et même personnag-e.
Il n’est question que de Théodocus, Tiadouq, dans le Fihrist et chez Ebn Abi Ossaïhiah, pour tous les faits qui se g-roupent sous les deux noms. Cependant le Kitab el hokama et naturellement aussi Aboulfarage en distinguent deux. Mais nous avons trouvé plus d’une répétition dans le Kitab el hokama, notamment à propos d’Oribase. D’ailleurs ces deux noms peuvent se confondre dans l’écriture arabe. Nous ne parlerons donc que d’un seul Théodocus. C’était un médecin distingué et en grand renom de son temps. Il fut le médecin du terrible Hedjadj, cet homme sanguinaire* qui naquit l’anus imperforé et que l’on dut opérer. Hedjadj consultait volontiers Théodocus. Quelques-uns de ses conseils et d'aü“ très encore nous ont été conservés. Ils ont trait en général à l’hygiène.
On raconte que Hedjadj étant pris d’une violente migraine, Théodocu.s lui ordonna un bain de pied. Sur quoi un eunuqtie témoigna son étonnement qu’on traitât les pieds pour une affection de la tête. Mais tu es toi-même une preuve de l’excellence de ma prescription, lui répondit Théodocus ; depuis que l’on t’a retranché les organes génitaux, ta barbe a tombéj
SIMÉON-LB-MOINE. THÉÜDÜGUS ET THÉODUNUS. 83
Hedjadj avait l’habitude de mang-er de l’arg-ile. Voulant s’eu défaire, il demanda à Théodocus quel était le remède contre une pareille habitude. La volonté d’un homme de ta trempe, lui répondit Théodocus. Hedjadj cessa dès lors de manger de l’argile.
Théodocus a réuni en dix préceptes ses idées hygiéniques: Ne pas manger tant qu’il reste des aliments dans l’estomac ; ne manger que ce que les dents peuvent broyer; ne pas boire immédiatement après le repas ; prendre un bain tous les deux jours; faire abonder le sang dans le corps; se purger à chaque saison ; ne pas retenir l’urine ; aller à la selle avant de se coucher; ne pas abuser du coït; ne pas épouser de vieilles femmes.
Quatre choses sont fatales disait-il: Aller au bain à l’état de saturation ; voir une femme après le repas ; manger de la viande sèche et salée ; boire de l’eau froide à jeÛin.
Théodocus atteignit un âge avancé et mourut en raiiuéG 7U8. Il laissa deux écrits : une grande collection adressée à son fils; un traité de la préparation des médicaments et des succédanés. Le Kitab el hokama dit qu’il forma plusieurs élèvesdistingués, entreautres FouratbenChahnata, Israélite, qui fut aussi le médecin de Hedjadj.
Théodocus est plusieurs fois cité dans le Continent.
ABOU-HAKAM (lB PèRE DE HAKAM),
•Vbou Hakam, médecin Chrétien, était instruit dans son art et possédait la confiance du Khalife Moaouiah, au point que celui-ci lui fit accompagner son fils Yéaid dans son pèlerinage de la Mekke.
Le petit-fils d’Abou Hakam devait plus tard accompagner aussi le chef de la caravane. Ou dit qu’Abou Hakam vécut plus de cent ans.
HAKAM EDWMACHKY (dE DAMAS),
Hakam, fils du précédentj fütainsi que sou père un médecin distingué. H habitait Damas, où il atteignit un âge aussi avancé que son père.
84 HtSrOIliE DE LA. MÉDECINE ARABE. — LIVRE BUEJJIER.
On nous a conservé un fait de sa pratique. Passant un jour dans les rues de Damas, il rencontra un barbier qui, en pratiquant la saignée du bras, avait ouvert l’artère au lieu de la veine, et ne savait comment arrêter l’hémorrhagie. Hakam prit une pistache, la fendit en deux, enleva l’amande et appliqua nue moitié de l’écorce qu’il maintint par un bandage aussi serré que possible. Il' fit ensuite coucher le malade près de la rivière, le bras dans l’eau, jusqu’au soir. Le. troisième jour un gonflement s’étant déclaré, il desserra le bandage. Au cinquième jour il l’enleva et laissa sur place la pistache qui tomba le septième jour. Il défendit ensuite au malade de toucher aux concrétions sanguines qui recouvraient la plaie et qui ne disparurent qu’au quarantième jour. Le malade fut complètement guéri. (1)
ISS.A BEX H.4.KA1I EDDIMACHKY.
Il est aussi connu sous le nom de Massih Eddimachky. Bien qu’il appartienne à l’époque des Abbassides, nous en parlons ici pour ne pas le distraire de son père et de son grand-père et aussi parce qu’il vécut et se forma en dehors du grand mouvement scientifique issu de Djondisabour.
11 apprit la médecine à l’école de son père Hakam, et habitait Damas, d’où lui vint le surnom de Dimachky ou de Damasquin. Cependant il habita Bagdad où il nous est donné comme vivant au milieu des médecins distingués de son temps.
On ne nous a laissé sur son compte que des anecdotes de peu d’intérêt scientifique. Nous en citerons une. Il reçut un jour à Damas A'ousef ben. Ibrahim, qui était affecté dun rhume, et le traita avec des mets succulents et de l’eau a la glace. Yousef observa que ce régime ne convenait pas à un homme affecté de rhume. Issa prétexta l’influence du climat, disant que des choses nuisibles dans l’Irak ne l’étaient pas à Damas. Cependant quand son hôte prit congé de lui, Issa lui donna une provision d’aliments préparés exprès, et lui
(1) Ebn Alu Ossaïbiah et le Kitab el hokama.
ABOO-ÏÎAHAM. HAKAM EDDIMAOHKY. ISSA BEN HAKAM. 85
recommanda un régime alimentaire différent de celui qu’il venait de subir. Yousef lui manifesta son étonnement. Sur quoi Issa lui répondit; Un homme d’esprit, quand il reçoit un hôte, ne peut observer strictement envers lui les règles de la médecine.
Issa ben Hakain laissa deux écrits, dit Ebn Abi Ossalbiah : La Collection, et les Propriétés des animaux.
Nous possédons, et on le trouve aussi mentionné dans le catalog’ue de la Bibliothèque de Munich, p. 372, un écrit attribué à Massih ben Hakam.
Cet ouvrage porte le nom de Risalat el Jlarounya, en raison de sa dédicace à Haroun Errachid. Son titre de Risalat et son peu d’étendue nous font croire que c’est une œuvre différente des deux autres que nous avons citées. Il ne contient que 73 pages. Quant à la Collection, si elle a fourni, ce qu’il était naturel de croire, les nombreuses citations de Massih que l’on rencontre dans le Continent de Razès et dans les Simples d’Ebn el Beithâr (1), elle dut avoir des proportions beaucoup plus considérables. Du reste ces citations ne se trouvent pas dans notre opuscule.
Notre manuscrit ne nous paraît pas représenter la forme primitive de laHarounja. Bien souvent on prendrait l’auteur pour un musulman, et rien ne nous autorise à admettre que Massih ben Hakam ait quitté la religion de ses pères. De plus il y a dans ce livre du décousu et des répétitions.
En somme, c’est un traité sommaire d’hygiène et de médecine g’énérale, exécuté d’après les doctrines de Galien. Il est terminé par un traité des propriétés des animaux qui pourrait bien être celui que nous avons vu attribuer à Massih.
On trouve dans cet ouvrage plusieurs citations de Galien et d’Hippocrate, ce qui indique la connaissance de ces auteurs avant le grand travail des traductions. Ou y trouve encore une fois celle de Dioscorides et de Mahraris.
Il est une autre citation, que nous n’avons jusqu’à présent rencontré nulle autre part, c’est celle d’un médecin indien,
'!) Nous en avons compté 150 dans Ebn el Beitliâr.
80 HISTOIRE BE LA MliOECINE ARAllE. — LIVRE PREMIER,
dit aussi le plülosoplie, du nom de Faltliis ou Faltliious. Il est cité une vingtaine de fois.
En résumé la Harounya n’est pas un ouvrage d’une grande valeur, telle que nous la possédons.
IN^ous avons rencontré en Algérie, sous ce même titre, plu- .sieurs petits traités de médecine de dimensions difiérentes et d’une rédaction plus méthodique que celle du manuscrit dont nous venons de parler, ce qui nous porte à croire que la Harounya put avoir jadis de l’importance et de la vogue, au point de donner sou nom à des traités de médecine se rapprochant plus ou moins de sa forme primitive.
Nous avons déjà dit que Massih Eddimacliky était souvent cité dans le Continent de Razès.
Parfois la traduction latine a rendu le nom de Massili par Christianellus.
KBN ATIIAL.
Ebn Athal était un médecin distingué de Hamas. Le Khalife, Moaouya se l’attacha, le combla de bienfaits et utilisa la connaissance qu’il avait des poisons pour se défaire des personnes qui lui déplaisaient. Ebn Athal fut assassiné par le neveu d’une de ses victimes.
Ebn Athal était chrétien.
Zeinab, femme de la tribu des Béni Aoud .s’entendait dans la pratique médicale, le traitement des blessures et des ophthalmies.
ün ne précise pas l’époque où elle vivait.