Livre des attributs et des signes
Du dévoiement.
De la décoction.
De la céphalalgie, ses causes, ses variétés et son traitement.
Du vertige et du tournoiement.
Pourquoi les médecins doivent s’abstenir de traiter les femmes pendant certains mois de la grossesse.
De l’examen des médecins.
De l’examen des oculistes.
De l’altération de l’œil.
Du toucher des veines.
De la voix et de l’enrouement.
De l’eau d’orge.
De l’atrabile.
Du traitement qui fait concevoir les femmes stériles.
De l’embryon.
Du régime à l’état de santé.
Des dentifrices et collutoires.
De l’estomac.
De la colique.
Curiosités médicales.
De l’anatomie.
Du régime des purgatifs, suivant les temps et les teicpéraments,
De la constitution de l’homme, de ses organes et des causes des maladies, dédié à Mâmoun.
Notre liste est beaucoup plus complète que celle de WüstenfeM qui a donné celle du Kitab el hokama, probablement d’après Casiri, tandis que nous avons suivi Ebn Abi Ossaïbiali.
Maintenant se présente une double question : que nous est-il resté des écrits de Mésué? Peut-on lui attribuer les traductions latines ou hébraïques qui portent ce nom ?
1^ En fait de textes arabes, nous ne connaissons que deux écrits mentionnés par Casiri, sous le n» 888, et le n“ 1,302 de la Bibliothèque de Leyde.
Le premier est intitulé : Propriétés des aliments. Nous avons rencontré dans notre liste un Traité des aliments et des boissons.
Le deuxième écrit a plus d’importance. Nous avons traduit son iiivQ Nouadher etthohh par Curiosités de la médecine. On pourrait traduire aussi par Raretés ou Secrets. Wüstenfeld considère cet ouvrage comme répondant aux Aphorismes de Janus Damascenus, mais il ne donne pas de preuves à l’appui de cette opinion. Nous croyons en avoir trouvé. Malheureusement ce Ms. a disparu de l’Ecurial, ainsi que nous l’avons constaté : mais le titre a son importance : il donne l’ouvrage comme dédié à Honein, disciple de Mésué. En tête des Aphorismes, nous trouvons en effet une dédicace à son fils bien-aimé pour lequel cet ouvrage a été composé. Puis à la fia nous lisons : « Præterea valde cœptum opus non negligere hortor propter quod me nimis lætiflcasti: et quod librum Galieni gloriosissimi transtulisti, cujus titulum ei placuit vocari megategni. Nunc autem deo gratias ago quod te hujus modi primum translatorem inveni. 3.
De tels propos adressés à Honein ne sauraient convenir qu à notre Mésué.
Le manuscrit de Leyde ne laisse aucun doute sur la question d’identité.
^lésué la traduction latine d’un raite des fièvres. Ce traité figure dans notre liste bibliographique.
SABOUR.
Nous croyons qu’il faut rapporter à Mésué le jeune, un ouvrage souvent imprimé et qui contient un traité des médicaments purgatifs, un formulaire et la thérapeutique particulière à chaque maladie. Mésué l’ancien, écrivit aussi sur les purgatifs.
Nous avons rencontré quelques citations de cet écrit dans Ebn el Beithar, ainsi le Turbith. Nous avons comparé avec l’imprimé et nous n’avons trouvé aucune ressemblance. Ce que nous disons des traductions latines, nous l’appliquerons aux traductions hébraïques et nous considérons comme erronée l’attribution du catalogue des Mss. de Paris.
Il y a d’ailleurs une raison péremptoire de chronologie. Dans l’ouvrage en question, nous trouvons cités : Razès, Ebn ed Djezzar, Ishaq ben Amran, Avicenne, etc.
Jean nous est donné comme ayant pris une part active au travail des traductions. Cependant son nom ne figure pas dans les listes de traducteurs et nous ne connaissons aucune traduction donnée sous son nom. Il est probable que son rôle se borna à celui de directeur.
SAUL BEN SABOUR.
Il était aussi nommé El Kousedj. Il était de l’Ahouaz et avait apporté dans Bagdad un cachet de terroir. C’était l’époque d’El Mâmoun, et Sahl se trouvait en compagnie des grands médecins de l’époque, Jean fils de Mésué, Georges fils de Bakhtichou, Issa ben Hakam, Issa ben Abi Khaled, Zakarya Etthifoury, etc. Sahl était un de ces hommes qui vinrent un peu avant l’époque des traductions, et qui se firent par l’expérience. S’il était moins savant que ses confrères, il les ég’alait, dit-on, par la pratique. Tous redoutaient sa langue et ses malices. On nous en a conservé quel-
(B Nous trouvons dans lo n» 7131 du fonds latin de Paris, un traité de chirurgie deMësué, traduit en latin, à Naples, par maître Ferranus, Juif de religion. La réduction des fractures est rendue par le mot Algebrà. Bien ne nous autorise jusqu’à présent à rapporter cet ouvrage à Mésué l’Ancien .
112 HlSTolUE UE L\ MÉDECINE ARABE. — LIVEB UEDXIÉMK. ques traits. En l’année 209 de l’hég’ire, il se dit un jour malade, et fit venir des témoins pour leur dicter ses dernières volontés. Il instituait pour héritiers ses enfants, et en tète Georges et Jean fils de Mésué, alléguant qu’il avait eu commerce avec leurs mères, et qu’il en reconnaissait la paternité. A ces mots, Georges bondit. Soufflez-lui du Coran dans l’oreille, dit El Kousedj, il est pris d’épilepsie.
Une autre fois, un jour de fête chrétienne, il aperçut Jean, fils de Mésué, dans une tenue magnifique et il en prit ombrage. S’adressant à un chef de poste, il le pria d’administrer à Jean, qu’il lui dit être son fils, une correction de ving’t bons coups de bâton, lui promettant autant de pièces d’or. Jean fut saisi par les hommes du poste, et cria vainement qu’il n’était pas le fils de Kousedj. Tu le vois, dit Kousedj, il est fou. Jean reçut la volée de coups de bâton.
On ne dit pas quelle était la religion de Sahl, tandis que l’on fait remarquer, à propos de son fils Sabour, qu’il mourut chrétien.
SABOUR BEN SAHL.
Sabour était fils de Sahl el Kousedj.
C’était un médecin savant et renommé, attaché à l’iiopital de Djondisahour. Le Kitahel hokamanous apprend qu’il mourut chrétien l’année 255 de l’hégire, 869 de notre ère.
Sabour était très versé dans la connaissance des propriétés des médicaments simples et de leurs combinaisons. Il composa un grand formulaire, Acrabadin Kehir, le premier probablement dont l’histoire nous ait conservé le souvenir.
Ce formulaire, divisé en vingt-deux livres, fut généralement adopté dans les hôpitaux et les officines, et eut une grande vogue avant l’apparition du formulaire d’Amin Eddoulat Ehn Ettalmid.
11 paraît en avoir aussi composé un autre, car on trouve cités dans le Continent de Razès un grand et un moyen antidotaires de Sabour.
Il écrivit aussi d’autres ouvrages.
SABOUR BEN S,VHL. SÉBAl’lON l’aNCIEN. 113
Un traité des propriétés des aliments, de leurs inconvénients et de leur utilité.
Une critique de l’ouvrage de Honein sur la différence entre les aliments et les médicaments laxatifs.
Un discours sur le sommeil et la veille.
Un traité des succédanés cité par Hadji Klialfa et par d’Herbelot. A ce propos nous relèverons une erreur de l’éditeur allemand de Hadji Klialfa, qni a rendu; Abdal cl Adouyat -p-di': compendium de medicamentis. (N°17, éd. Fluegel.)
Nous ferons remarquer ici que Sabour n’est cité cependant qu’une seule fois par Ebn Beitliâr, à propos de la cuscute. La même citation se lit dans les simples de Sérapion.
Il est quelquefois cité dans le Continent de Razès, et une fois on le trouve même cité de la sorte :
Sahur in lapidario, ce qui semble indiquer que Sabour s’était aussi particulièrement occupé des minéraux. Nous n’avons pu constater la citation dans le texte. Nous devons relever les citations de Sabour dansMésué.
Nous les trouvons sous des formes diverses : Sabor, Sabor ben GirgeSj Sabor filius Girges, filius Girges, filius Girges rcx medorum, Sabor rex medorum. Nous pensons que l’on doit voir dans le mot Girges une altération de Kousedj, altération qui peut s’expiiquer en admettant dans l’arabe une écriture défectueuse. Quant à la qualification de Rex, seraitce la traduction du mot clieikli ? ün lit de même dans l’antidotaire de Sérapion cette qualification de Rex, on trouve même des pilules sous le nom de lacissuha regis medorum. Dans lacissuba il serait encore permis de voir une altération de Kousedj. Enfin on trouve encore Xiraxeg regis medorum, qui peut se prêter à la même explication.
JEAN FILS DE SÉRAPION, OU SÉRAPION l’aNCIEN.
De même qu’il y a deux Mésué, il y a deux Sérapion, et on les a pareillement distingués parles épitliètes d’ancien et de jeune. On les a aussi confondus, et c’est ainsi que Freind at-
tribue à Sérapion le jeune Yantidotaire qui appartient à l’ancien. Une des causes de cette confusion ; c’est le peu de documents qui nous restent sur leur compte. Il en existe cependant, et Wüstenfeld s’est mépris en disant que les historiens et bioè'raphes arabes ne parlent pas de Sérapion l’ancien. Noup allons prouver le contraire.
Sérapion l’ancien est cité dans le Fihrist entre Jean fils de Mésué et le second Thabary. Il y est dit qu’il écrivit exclusivement en syriaque, qu’il vivait aux premiers temps de l’islamisme, qu’il composa deux traités ou Pandectes, l’un le grand en XII livres, l’autre le petit en VII, et que ces ouvrages furent traduits en arabe.
Le Fihrist est reproduit par le Kitab el hokama.
ün lit à lafin du VHP livre d’Ebn Abi Ossaïbiah, à propos des derniers médecins d’Alexandrie et à la suite d’Ahroun : K Jean fils de Sérapion, n’a écrit qu’en syriaque. Son père Sérapion eut deux enfants, tous deux médecins distingués, à savoir Jean et David (louhanna et Dâoud). Jean est l’auteur d’un grand traité en XII livres et d’un petit en VII. Il a été traduit par Haditsy le secrétaire, (1) pour Aboul Hasseii ben Nefis, le médecin, en l’année 318 de l’hégire, et cette traduction vaut mieux que celle de Hassen ben Bahloul. Il a été aussi traduit par Abou Bachar Matta. »
Ces citations soulèvent une difficulté, celle de l’époque où vécut Jean fils de Sérapion. L’historien de la médecine, en le rapprochant d’Ahroun, semble lui assigner le septième siècle, et le Fihrist ne paraît pas abonder en ce sens en disant qu’il a vécu, dans les premiers temps de la dynastie (Abbasside) et en le plaçant entre Jean fils de Mésué et le jeune Thabary, ce qui nous porte au neuvième siècle.
Nous verrons tout à l’heure qu’il faut s’en tenir à cette dernière date, si l’ont tient compte des autorités citées dans les, œuvres qui nous sont restées de Sérapion.
Le petit traité, Kounnach ou Pandectes, en VII livres, n’est autre chose que ce que nous possédons en traduction latine sous le nom de Sérapion et avec le titre de Practicd ou Breviarium.- (1) Le Fihrist donne ainsi ee nom
! Mousa ben Ibrahim el Haditsy.
SÊilAPlON l'ancien.
Freind a déjà fait observer que les citations de Jean tils de Sérapion dans le Continent de Razès se retrouvent mot pour mot dans le Breviarium. Nous avons constaté la même identité pour les citations faites par Ebn Beithâr.
Nous sommes arrivé dernièrement à des preuves plus directes. Il existe à la Bibliothèque de Paris un fragment de Jean fils de Sérapion, que les rédacteurs du catalogue ont méconnu, et que nous avons déterré dans le manuscrit n” 1056, ancien fonds arabe. Le fragment va du folio 155 au folio 170, c’est-à-dire qu’il ne contient qu’une trentaine de pages. C’est dans ce même volume que nous avons aussi fait, entre autres découvertes, celle d’un fragment du Haouy de Razès, le seul que l’on possède à Paris.
Le frag-ment de Jean fils de Sérapion, contient la fin du troisième discours, Maqala, du Kounnach, et le commencement du quatrième. Le dernier chapitre du troisième discours ou traité, est relatif à la colique et porte le numéro d’ordre 32, tout comme dans le Breviarium. Il est accompagné de cette indication ; fin du troisième discours du Kounnach d’Iouhanna ben Serafioun le médecin.
Le titre du quatrième discours est ainsi conçu : Quatrième discours du Kounnach d’Iouhanna, comprenant trente chapitres. C’est encore le chiffre du Breviarium. Suit l’exposé des chapitres et de leur contenu, qui est encore de tout point conforme à ce que nous trouvons dans le Breviarium. L’identité du Kounnach et du Breviarium ou Practica est donc parfaitement établie.
Les auteurs cités dans Sérapion seront pour nous l’indice de l’époque où il vécut.
De même que dans toutes traductions latines, les seules autorités que nous- puissions invoquer à défaut d’un manuscrit complet, parmi les noms cités dans le Breviarium, il en est d’indéchiffrables. Mais il en est de parfaitementreconnaissables et ce sont ceux d’Ahroun (dit aussi El Kessed, pour El qass, le prêtre), des fils de Mésué, de Humain (Honein), (1) de Zacharya et d’Israël, (sans doute les deux Thifoury), de
(1) Désigné aussi sous le nom d’Abou Zeïd.
Salmouïli, enfin de Gabriel et de ses écrits dédiés a El Mùmouii. Nous passons sur les autres tant ils sont altérés dans la traduction latine.
Jean fils de Sérapion, vécut donc jusque vers la seconde j moitié du neuvième siècle de l’ère chrétienne.
A propos des citations faites dans Sérapion, il n’est pa,5 , sans intérêt de relever les noms des auteurs anciens ; c est i peut-être une preuve que beaucoup de traductions syriaques circulaient déjà de son temps. A côté des noms d’Hippocrate et de Galien, on lit ceux de Rufus, d’Asclépiade, de Paul d’Ég-ine, de Magmus, de Philagrius, d’Archigène. Il paraît | même que Sérapion aurait fait plusieurs emprunts textuels . à Alexandre de Tralles, bien qu’il ne le cite pas nominativement. Ajoutons à ces noms ceux de Jean. le Grammairien, et du Persan Bourzouïli.
D’autre part, parmi les médecins arabes qui ont parlé de Sérapion et qui lui sont ainsi postérieurs, nous citerons Razè's et Ali Abbas.
Nous croyons devoir transcrire sommairement ce qu’en I dit ce dernier. Dans les prolégomènes du Maleky, Ali Abbas expose les motifs qui l’ont engagé à écrire, à savoir les défectuosités ou lacunes des ouvrag’es composés par ses devanciers, et parmi ces devanciers il compte Jean fils de Sérapion.
« Quant à loulianna ben Serafioun, dit Ali, son livre ne 'contient que le traitement par le régime et les médicaments, et il ne s’occupe aucunement des moyens chirurgicaux. De plus il a oublié de mentionner beaucoup de maladies, et sa méthode est vicieuse. Il traite des maladies par régions, mais sans les rattacher aux organes. Ainsi les maladies de la bouche, de la matrice, etc., sont rangées parmi celles de la surface cutanée. Enfin il a oublié de parler des poisons et des médicaments toxiques. ^ Ali fait une longue énumération des maladies oubliées par Jean fils de Sérapion. Nous reproduirons le passage entier à propos d’Ali beu Abbas.
Outre le fragment de Paris, il en existe aussi un a 1 Escnrial, sous le n“814, et la Bibliothèque bodléienne paraît avoir un manuscrit complet do Sérapion sous le n” 598.
SÉRAPION l'A.XCIEN%
Le Koum^acl^ fut traduit en latin par Gérard de Crémone sous le titre de Bremarium, et plus tard par Alpago, sous le titre de P)-nctica.
Il comprend deux parties. La première, qui se compose des six premiers livres, est un traité de médecine où les maladies sont exposées dans Tordre que. nous avons vu critique, par Ali Abbas. La deuxième partie, ou le septième livre, est un formulaire en trente-sept chapitre.!, contenant les uns e.-, ffénéralités sur la thérapeutique, les autres, en bmn plus grand nombre, un exposé de la préparation des différentes classes de médicaments composés.
L’antidotaire de Sérapion est fréquemment cité par
a aussi donné à Sérapion TAiicien, le nom de Janus Dainascenus et une édition en a été faite sous ce titre par \lbanus Torinus.
Nous avons aussi des Aphorismes sous le nom de Janus Damascenus, que nous avons rapportés à Mésiié l’Ancien.
Le Kounnach de Sérapion fut commenté par Aboul Hassan el Harrany. , , l-TT
■ Nous avons pu prendre connaissance du Ms. de 1 Lsciirial C’est un fragment de six feuillets seulement, qui pourtant ne manque pas d’intérêt; il contient le début de Touvra"-0, avec cet entête; Kounnach d’Iouhanna ben Serafloun, traduit par Moussa ben Ibrahim el Hadechy, avec des additions d’Ebn el Bahloul. Ce dernier est qualifie plus loin d’Essarhany.
Nous trouvons d’abord la table du premier livre, qui contient trente-deux chapitres dont la nomenclature est donnée ; 1“ Des nodosités, de Tophiasis et de 1 alopécie , - 2" De la chute des cils ;
;î“ De la teigne molle, qui ressemble au favus;
40 Des furfures de la tète et de tout le corps;
5* Des poux de la tête et du corps ;
Cf De la céphalalgie causée par la chaleur du soleil, etc.. Nous trouvons ensuite le premier chapitre.
On voit que nous possédons bien là des fragmenta du Kounnach d’Ialiya ben Sérapion.
118 HrSTOIRE DE LA MTÎDEOINE ARABE. — LIVRE DEOXTÈME.
SALMOÜIII BEN BAYAN.
Honein rapporte que son père le considérait comme le médecin le plus instruit de son temps. Le Khalife Motassem, à son avènement à l’empire, en 833 de notre ère, l’attacha à sa personne et le tint en grande considération. 11 l’appelait; mon pire. On rapporte qu’il dit un jour; Je considère mon médecin Salmouïh plus que le cadhi des cadhis, car celui-ci ne gère que mes biens et Salmouïh est chargé de ma personne qui m’est plus chère que ma fortune et mon empire. Il le chargea même de sa correspondance. Salmouïh n’avait pas une grande estime de la pratique de Jean fils de Mésué, et quand il se sentit près de mourir, il recommanda à Motassem de ne pas s’abandonner entièrement à Jean. La première chose en médecine, disaitil, c’est d’apprécier l’intensité de la maladie, et c’est ce que ne fait pas Jean, malgré son érudition.
A la mort de Salmouïh, Motassem s’abstint de manger, se fit présenter la bière, et y pria avec accompagnement de cierges et de parfums, à la manière des chrétiens, car Salmouïh était chrétien. Il passait pour fidèle à sa religion et pour un homme de bien.
Motassem ne survécut que vingt mois à la mort de Salmouïh, et l’on attribua l’issue fatale de sa maladie au traitement institué par Jean, contradictoirement aux habitudes de Salmouïh.
On lit dans la vie d’Issa ben Hakam par Ebn Abi Ossaïbiah que Salmouïh partageait les opinions des moines, au sujet des aphrodisiaques et de leurinfluence funeste sur la santé.
Salmouïh composa des ouvrag-es, mais nous n’en avons pu trouver le titre, le Ms. du Fihrist de la Bibliothèque de Paris, les laissant en blanc. (1)
Il est cité quelquefois par Sérapion, Razès et Ebn Beithàr, chez ce dernier à propos du cresson alénois et du canard.
(1) Il en est de même dans l’édition donnée par Fluegel.
LES THIFOBRT. ABDALLA.H BTTHIFODRY. ZAKARYA. 119
Motassem étant mort le 21 octobre 841 (Elmacin), et n’ayant survécu que vingt mois à Salmouïli, celui-ci serait mort sur la fin de 839 ou au commencement de 840.
LES TIIIFOURY.
Les Thifoury étaient une famille de médecins chrétiens, et jouirent de quelque faveur auprès des Khalifes. S’ilsn’ont pas laissé d’écrits, leurs noms se trouvent mêlés a certains faits qui offrent un véritable intérêt pour l’hmtoire (le la médecine. L’un d’eux a le mérite d’avoir favorise les traductions de Honein.
ABDALLAH ETTHIEODRY.
C’était un homme intelligent et disert, un des favoris d El Hady le Khalife. Il était attaché en qualité de méciecin à Thifour, frère de Khizrâna, femme d’El Mohdy, et l’on dit même qu’il était affranchi de cette favorite.
Quand le Khalife El Mansour envoya Mohdy contre Sengar, il emmena Khizrâna qui était enceinte de Moussa El Hady. Thifour était de l’expédition, et Thifoury l’accompagnait. L’urine de Khizrâna fut montrée à tous les médecins de l’armée. Abou Quoreich crut découvrir qu’elle était enceinte d’un garçon. Quant à Thifoury, nonobstant les instances de Thifour, il ne voulut pas se prononcer sur le sexe de l’enfant. Il devint plus tard le médecin d’El Hady.
Ce qui recommande surtout le nom de Thifoury, c’est qu’il fit faire à Honein un certain nombre de traductions. Thifoury, d’après ces faits, vivait sur la fin du VUE siècle de notre ère et au commencement du IX®.
ZAKARYA FILS DE THIFOURY.
Zakarya ne nous est connu que par une anecdote que nous croyons devoir raconter. Il accompagnait Afchin, gé-
néralissime de l’expédition contre Babek. Afcliiii voulut faire inspecter les commerçante de l’armée, et quand vint le tour des droguistes ou pharmaciens, il cliargea Zakarya de cette inspection. Zakarya voulut préalablement lui raconter l’histoire du chymiste Joseph. El Mâmoun lui contestant la valeur de la Chymie, Joseph lui répondit que la chymie n’était pas une chimère, mais que ies droguistes en étaient la plaie. Comment cela, dit Mâmoun. Si tu leur demandes quelque chose, répliqua Joseph, qu’ils l’aient ou non, ils n’en délivrent pas moins. Que le Kalife essaye, et il verra. Mâmoun se mit à écrire le nom d’une localité voisine de Bagdad, et en envoya demander à tous les droguistes, et tous en délivrèrent, donnant les uns une poudre, d’autres des fragments de pierre, d’autres de la bourre. Afchin eu fit autant, prit une liste de friandises, écrivit vingt noms et envoya demander ces objets chez les droguistes. Les uns dirent qu’ils n’en possédaient pas, et les autres en donnèrent. Afchin fit sortir du camp tous ces derniers et écrivit à Motassem pour lui demander des droguistes et des médecins auxquels on piit se confier, ce que le Kkalife s’empressa de faire.
Nous voyons que Zakarya vivait dans la première moitié du IX® siècle de notre ère.
ISRAÏL FILS DE ZAKARYA.
Il nous est donné comme un médecin éminent. Il était attaché à la personne du vizir Fateh ben Khakan, et fut en crédit auprès des Khalifes et des grands personnages.
Telle était sa position auprès de Moutaouakkel que le Khalife s'étant fait ventouser sans l’en avoir prévenu, lui fît donner, pour le calmer, trois mille dinars et une ferme d’un revenu annuel de cinquante mille drachmes.
Israïl vivait donc au milieu du IX® siècle.
ABOU QUOREICII ISSA ESSIDLANY (lE DROGDISTE Oü LE pharmacien).
Aboli Quoreicli était un droguiste ou pharmacien de Bagdad, qui dut au hasard une importance et une célébrité de mauvais aloi.
C’est à titre de renseignement historique seulement que nous donnons sa biographie.
Khizoïiran, favorite du Khalife El Mahdi .chargea un jour une de ses suivantes de porter son urine à un médecin. La suivante la porta à un pharmacien, Abou Quoreich, qui habitait au voisinage du palais, la lui donnant comme celle d’une pauvre femme. Ce n’est pas d’une pauvre fem.me, dit Abou Quoreich, mais d’une sultane qui doit accoucher d’un prince. Khizouran, joyeuse de cette nouvelle, ordonna de remarquer l’otficine. Quelque temps après elle se reconnut enceinte, et envoya des présents à Abou Quoreich, puis elle accoucha de Moussa. L’aventure fit du bruit, et Georges, fils de Gabriel, contesta la légitimité de la prédiction et demanda une contre-épreuve. Cependant, Khizouran devint enceinte de Haroun. On porta de nouveau l’urine au pharmacien, qui annonça encore la naissance d’un fils. Abou Quoreich fut dès lors en faveur auprès d’El Mohdy, nonobstant son ignorance en médecine, et devint un de ses médecins. ün le vit plus tard appelé en consultation, et n’apporter dans les discussions que l’entêtement de l’ignorance. Il accompagnait aussi le Khalife.
Abou Quoreich vivait donc sur la fin du VIII® siècle de l’ère chrétienne.