‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 46 sur 199 · HOBÉÏCH BEN EL HASSAN · texte numérisé non relu

HOBÉÏCH BEN EL HASSAN

La paralysie d’une main lui valut le surnom A’ El Assam. Hobéïcli était fils de la sœur de Honein. Celui-ci le forma dans la connaisssance des langues et l’associa au travail des traductions du grec en syriaque et en arabe. L’élève s’éleva à la hauteur du maître, au point que Honein acceptait ses traductions comme définitives et que plusieurs ont passé sous le couvert de Honein comme ayant la perfection des siennes propres. On a même dit que la réputation de Honein s’en accrut d’autant.

Hobéïch vécut en qualité de médecin à la cour de Moutaouakkel et de. ses successeurs. Il atteignit donc probablement ladeuxième moitié du neuvième siècle, mais nous ignorons son âge et l’époque de sa mort.

A part la traduction du Serment d’Hippocrate, toutes les traductions qui nous sont signalées comme étant de Hobéïch portent sur les ouvrages de Galien. Telle en est la liste.

Grand et petit livre du pouls.

Des causes et des symptômes.

De la conservation do la santé.

De l’art de guérir. Les six premiers livres furent revus par Honein.

La grande anatomie, ou les administrations anatomiques. C’e,st à tort que les Mss. d’Oxford attribuent cette traduction à Honein.

DAOOD BEN KONKIN. IUK(M BEN HONEIN. 155

Des divergences en anatomie.

Anatomie ou dissection des animaux morts.

Anatomie ou dissection des animaux vivants.

De l’anatomie d’Hippocrate.

De l’anatomie d’Aristote.

Anatomie de la matrice.

De l’usage du pouls.

Du Don état du corps, attribué aussi à Honein.

Des opinions d’Hippocrate et de Platon.

Des fontions des organes, revu par Honein. (1)

Des mouvements insensibles, que l’on attribue aussi à Honein.

Des habitudes.

Du sperme.

Du chyme.

De la composition des médicaments suivant les genres et suivant les lieux. Les Arabes réunissent ces deux ouvrages, mais en donnant au premier le nom de Katadjenè et au second celui de Miamir.

De l’exercice à la boule.

De l’examen du médecin que l’on attribue aussi à Honein.

Des mœurs.

Du profit que les bons peuvent retirer de leurs ennemis.

Que l’état de l’âme suit le tempérament.

Introduction à la logique.

Des lieux atfectés.

Des mots employés en médecine.

De la ptisane.

On voit que les travaux de Hobéïch ont porté sur les ouvrages les plus importants de Galien.

(1) C’est à tort que Wenrioh attribue la traduetioa de cet ouvrage à Ebn Abi Sadek. Il cite le Ms. 1044 de Paris. Nous avons examiné attentivement ce Ms. et nous y voyons que l’auteur se pose franchement comme un simple commentateur. Dans le corps de 1 ouvrage on rencontre constamment ces mots ; qml el moufesser, propos du commentateur. C’est également à tort que Weuricli a considéré le même Ebn Abi Sadeq comme ayant traduit les Aphorismes d’Hippocrate.

156 IIISTOIUE DE IA MÉDECIKE APABE. — LIVRE DEUXIICMB.

Hobéïch laissa aussi des ouvrages de son cru.

Traité des correctifs des médicaments évacuants.

Traité des médicaments simples.

Traité des aliments.

Traité de l’hydropisie.

Traité du pouls.

Sérapion lui attribue un traité de la thériaque.

Ce traité ne serait probablementpas autre chose qu’une partie des questions de Honein. Nous savons que Hobéïch termina cet ouvrage et que son travail commence à la thériaque.

Wüstenfeld s’est trompé à l’endroit de Hobéïch. A la suite de la notice sur Hobéïch ben el Hassan, il donne celle d’un autre Hobéïch ben Mohammed Aboulfadhl Kemal eddin Ettiflissy, qui vécut à une époque indéterminée. Oubliant de donner la liste des écrits de Hobéïch ben el Hassan, que l’on trouve cependant chez Ebn Abi Ossaïbiah, Wüstenfeld attribue au second Hobéïch (ou ben Hobéïch) un traité des médicaments simples, qui nous paraît devoir être rapporté à Hobéïch ben Hassan. Nous ne comprenons pas comment Wüstenfeld a pu placer ici le second Hobéïch, pour la seule raison d’une similitude de nom. (1)

On peut se faire quelque idée des écrits de Hobéïch et de leur importance par les citations qui se rencontrent dans le Continent de Razès, dans Ebn el Beithar et dans Sérapion le jeune. Ces extraits accusent un véritable praticien, et une connaissance des médicaments puisée autre part que chez les Grecs, et c’est un fait qui nous paraît intéressant à signaler. Il prouve que déjà les Arabes puisaient ailleurs.

Un certain nombre de médicaments nouveaux apparaissent chez Hobéïch. Nous voyons aussi que le traité des correctifs des médicaments évacuants était un ouvrage important. Quelques citations sont longue.s.et ont de l’originalité; elles traitent plus encore de la thérapeutique que de la matière médicale proprement dite.

(1) La liste des traducteurs donnée dans le Filirist se termine par ce nom de Teüissv, qui ne nous est pas autrement connu.

Telles sont les principales, qui ont trait au Turbitli, au ConvolvulusNil.à lanoix vomique, àlacoloquiiitlie, au Dend qui n’est autre que le Croton Tiglium, à quelques espèces du genre Eupliorbe, à l’aloës, aux myrobolans, etc.

Dans les traductions latines du Continent de Razès et des simples de Sérapion le nom de Hobéïch est plus ou moins altéré.

C’est par erreur que M. de Sacy, dans son Abdellatif, page 70, a écrit Djeicli au lieu de Hobeïch. Nous avons pour cette dernière transcription non-seulement l’immense majorité des documents arabes, mais aussi les documents hébreux, où le doute n’est plus permis.

COST.'i. LUC.i.

Costa fils de Luca était grec et chrétien, originaire de Balbek, ainsi que l’indique son surnom de Balbeky. Nous ignorons l’époque de sa naissance et de sa mort. On nous dit d’une part, qu’il était contemporain d’El Kendy, et de l’autre, qu’il vécut sous le Khalifat de Moctader Billah, ce qui indique qu’il vit la première moitié du X® siècle.

11 excellait dans la langue arabe aussi bien que dans la langue grecque et il connaissait de plus le syriaque. Ses traductions étaient estimées à l’égal de celles de Honein. Après avoir séjourné dans le pays grec et en avoir rapporté des livres, il fut appelé dans l’Irak pour travailler aux traductions. Il fut plus tard attiré en Arménie par un prince du pays du nom de Sendjarib. Là il rencontra aussi le patriarche El R’athriq pour lequel il écrivit divers ouvrages. A sa mort on lui éleva une coupole sur sa tombe, ainsi qu’on le fait, dit son biographe, pour les rois et les grands personnages.

Costa ne connaissait pas seulement les langues, mais aussi la médecine, la philosophie, les mathématiques, l’astronomie et la musique. Outre ses traductions, il composa divers ouvrages.

Casiri, sans citer aucune autorité, affirme que Costa tra-

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(luisît les Aphorismes d’Hippocrate, et Wenricli a répété cette assertion. Ces deux écrivains lui attribuent aussi la traduction des commentaires de Galien sur les Aphorismes. La seule autorité à l’appui de cette dernière assertion est un Ms. de Florence, n” 260, qui donne cette traduction comme ayant été faite en arabe par Costa d’après le syriaque de Honein.

^ Les renvois au n” 985 de Paris, ancien fonds, ne prouvent rien, attendu que ce Ms. porte le nom de Honein seulement.

Costa ben Luca traduisit surtout des ouvragées de mathématiques et d’astronomie, ainsi : les éléments d’Euclide et le supplément d’Hypsiclès, les ouvrag-esde Théodose, d’Aristarque de Samos, de Héron, les Ascensions d’Hypsiclès, l’algèbre de Diophante (oubliée par Wenrich).

Il traduisit aussi une partie de la physique d’Aristote et les commentaires d’Alexandre d’Aphrodisias et de Philoponus sur la physique, ceux sur le livre de la génération et de la corruption; les deux livres de Plutarque sur la pratique de la vertu et sur les opinions des philosophes en physique. Enfin il traduisit l’agriculture de Costus.

Plusieurs des traductions de mathématiques sont parvenues jusqu’à nous.

Tels sont ses ouvrages de médecine :

Introduction à la médecine.

De l’ordre à suivre dans les ouvrages de médecine,

Des éléments.

Des quatre humeurs (et non des qualités, Casiri).

De la pituite. De Tatrabile.

Des maladies du sang (cité dans le Continent).

Le la veille. Du sommeil et des songes.

De la force et de la faiblesse.

De l’organe principal de l’économie.

De la soif.

Des poils (ou des cheveux).

Du coït.

Des bains.

Des vents.

Des aliments. Généralités .sur les alimente.

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