‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 57 sur 199 · ARISTIPPE DE CYRÈNE · texte numérisé non relu

ARISTIPPE DE CYRÈNE

Le Kitab el hokama, dit que l’on traduisit son livre des Définitions, qui fut revu par Aboul üuéfa.

DÉMOCRITH.

Les Arabes reconnaissent plusieurs Démocrite, dont ils font des personnages distincts, nn médecin, un philosophe et un alchimiste. En tout cas ils distinguent le philosophe des deux autres, ou tout au moins du médecin.

Il possédèrent sous le nom de Démocrite un traité sur 1 urine, qui dut être traduit en arabe, car on le tronve cité dans le Continent de Razès.

C’est au philosophe qu’ils rapportent le traité d’ Agriculture, dont Ebn Ouachchyah nous est donné comme le traducteur. A ce propos, Wenrich, admettant les éloges donnés à ce traité par les anciens, ajoute : Vermn haud videtur verisimile opusilludah Abderitano, generis humaniirrisore, perfectiim esse.

Nous devons relever cette étrange assertion de Wenrich.

Il suffisait de lire la biographie de Diogène de Laërce pour se convaincre que l’Abdéritain fut autre chose qu’un simple rieur. Diogène ne lui attribue pas moins de soixante-dix ou-

vrag'es.dont il donne les titres, etparmi lesquels précisément un livre sur l’Agriculture et un autre sur les Plantes. Démo-' crite put donc, avant Rabelais, marier le rire à l’érudition.

De graves témoignages attestent d’ailleurs la science de Démocrite. Dans son traité delà Génération, Aristote discute fréquemment les opinions de Démocrite, et d héopliraste mentionne ses travaux sur les plantes.

Quant à l’Agriculture, tous les écrivains spéciaux, Varron, Columelle et Palladius le signalent comme un de leurs devanciers et Columelle le donne formellement comme abdéri-

Les Arabes ont partagé cette estime. Le traité d’ Agriculture de Démocrite est fréquemment cité par Ebn el Aouam. Démocrite et Costus, dit Ebn el Aouam, sont les princes de la science agricole.

Comme complément en faveur de Démocrite, nous allons en citer un autre qui a bien sa valeur, et qui nous permettra de conclure que les Arabes se sont trompés en admettant deux Démocrite, un philosophe et un médecin.

On lit dans l’Introduction des œuvres d’Hippocrate traduites par Littré : * Démocrite fut le plus savant des Grecs avant Aristote et universel comme lui. L’anatomie, la physiologie, la diététique, les épidémies, la fièvre, peut-être la rage et les maladies convulsives, tout cela avait été traité par lui. Le nom d’ulcère phagédénique se lit dans ses écrits. 11 composa:

De la nature de l’homme.

Des humeurs.

Des pestes.

Des causes touchant les animaux.

Le pronostic.

La diète ou le régime.

Les fièvres.

De l’éléphantiasis.

Des maladies convulsives.

Ces ouvrages lui sont attribués par Cœlius Aurélianus. ^

Démocrite est encore cité dans le Continent h propos de la

LES PHILOSOPHES

paralysie et de la coxalgie. Mésué le cite une vingtaine de fois au moins.

Le livre des Animaux dut être aussi traduit en arabe, attendu qu’on lit dans Hadji Khalfa; Démocrite, dans le livre des Animaux, en décrit les mœurs et les utilités. (1)

Il nous reste un livre d’alchimie sous le nom de Démocrite. Ameilhon (Notices et Extraits, VI), ne saurait admettre, dans sa forme actuelle, qu’il soit de l’Abdéritain. Quand au fonds il n’ose se prononcer, et suppose que c’est une compilation d’un autre Démocrite qui vivait au troisième siècle.

Cet ouvrage fut connu des Arabes.

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