‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 58 sur 199 · CÉBÈS · texte numérisé non relu

CÉBÈS

Nous ignorons par qui fut traduit le célèbre ouvrage du disciple de Socrate, connu sous le nom de Tableau de Cébès.

On sait qu’il a été publié en texte arabe, grec et latin par Elichmann et Saumaise, d’après un manuscrit de la Bibliothèque de Leyde, contenant aussi les vers dorés de Pytbagore et d’autres opuscules de morale recueillis par Mes- Çouih.

Nous avons eu la chance d’en découvrir un nouvel exemplaire, abrégé et malheureusement incomplet, car il ne se compose que de six pages, dans le Ms. 888 de l’Escurial. Ce manuscrit contient différents ouvrages d’Aboulfarage ben Thaïeb. Le Tableau de Cébès se trouve à la fin du volume, et n’a pas été reconnu par Casiri. On peut, jusqu’à, un certain point, pardonner cette méprise à Casiri, l’écriture étant défectueuse et le titre se présentant sous une forme qui, de prime abord, ne saurait être lue que : Tefsir Lourganous ; mais avec un peu d’attention on voit que la ponctuation est

(1) Les Arabes connurent encore les ouvrages philosophiques de Démoerite, attendu qu’on lit dans le Kitab el hokama : C’est lui qui prétend que les corps sont composés do particules indivisibles ou d’atomes. Il a écrit là-dessus des ouvrages qui ont été traduits en syriaque, puis en arabe.

■m HISTOIRE DE LA MÉDECINE ARABE. - LIVRE DEUXIÈME.

défectueuse et qu’il faut lire : Tefsir Lour’ous Kahous : Explication de l’énigme de Cébès.

Tel est le titre complet; Exposition, sous forme abrégée, de l’énigme de Cébès par le cheikh Aboulfarage Abdallalî ben Thaïeb.

Aboulfarage ben Thaïeb était contemporain de Miskaouih et mourut quelques années après lui, vers le milieu du XP siècle.

On lit tout d’abord : Le but de l’énigme de Cébès, est de montrer la manière dont les hommes entrent dans le monde, comment ils s’y répartissent et comment ils en sortent. Il se divise en quatre parties suivant la répartition des hommes.

Vient ensuite l’exposition de chacune de ces parties.

* La première partie représente l’entrée dans le monde ' Dans la deuxième partie est représentée une femme aveugle et sourde, assise sur une pierre arrondie, la main étendue et figurant la Fortune. Elle est figurée la main étendue par la raison qu’elle prend et qu’elle donne, et sur une pierre arrondie pour indiquer son peu de stabilité, etc.

Le même manuscrit contient encore une paraphrase des vers dorés de Pythagore par Aboulfarage ben Thaïeb, ce qui prouve que Miskaouih n’était pas le seul à se préoccuper des monuments de la sagesse antique.

^ En 1793, Lozano publiait à Madrid, d’après l’édition d’Ellichmann, une nouvelle édition du texte arabe avec une double traduction espagnole, le tout précédé d’un prologue et suivi de proverbes arabes.

Lozano soupçonne que Miskaouih est l’auteur de la traduction arabe : «: Que sea este mismo Ahmed ben Mescowia quien interpreto la Tabla de Cebes de Griego en Arabe no se puede afflrmar ; ma que fué capaz de hacerlo, se colige delo que dice el Abul Pharah en la historia de las Dynastias, (pages XVIII-XIX) et plus loin (pages XX-XXI) : y es muy yerisimil que el traductor de la Tabla de Cebes sea el Mismo Mescowia. »

Il est inutile de réfuter l’opinion de Lozano.

A cette époque, on ignorait encore comment se fit le tra-

LES PHILOSOPHES

vail des traductions. D’Hertelot avait dit, et après lui Casiri, Rossi, etc., répétaient qu’Averroës avait traduit Aristote.

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