Histoire de la médecine arabe v.1, c.2
Ce qui caractérise cette période, c'est la profonde originalité de ses débuts. Chez les divers peuples qui ont tour à tour occupé la scène, le développement des sciences et leurs évolutions suivent à peu près identiquement les mêmes lois. Il n'en est pas de même pour les Arabes : leur initiation à la science est un fait unique dans l'histoire.
Dans la péninsule arabique, protégé par les sables et la mer, vivait sous le toit et la tente un peuple de pasteurs et de commerçants, passionné pour la liberté, la guerre et les aventures, l'éloquence et la poésie ; peuple intelligent mais tout d'intuition, étranger à l'analyse. Confiant à la mémoire ses poésies, ses grands jours et ses généalogies, il ne connut que tardivement l'usage de l'écriture. Ses relations avec la Perse lui avaient procuré quelques vagues notions de médecine.
Une révolution soudaine détourna le cours de ses destinées et ouvrit de vastes champs à son activité. Les Arabes étaient idolâtres. Mahomet les convertit à la croyance en l'unité de Dieu dont il leur donna la formule la plus sublime et la plus pure. Il fit plus. D'un peuple resté jusqu'alors étranger aux révolutions extérieures, il fit une armée de prosélytes enthousiastes, qui se ruèrent à la conquête du monde. Un siècle à peine s'était écoulé depuis la mort de Mahomet, que l'Arabie avait débordé de l'Atlantique à l'Indus.
Quelles pouvaient être les conséquences de cette invasion nouvelle d'un peuple fanatisé, après toutes les invasions barbares qui s'étaient partagé les débris du monde romain et avaient refoulé les lumières et la civilisation abritées encore, mais faiblement et maladives, dans Byzance énervée? Le choc imminent du fanatisme et de la barbarie n'allait-il pas produire un cataclysme encore plus désastreux que le précédent î Pouvait-on supposer que la science grecque, tombée en déshérence, allait devenir l'héritage de ces nouveaux convertis? Le miracle devait se produire.
Ce peuple que le fanatisme fit le conquérant de la moitié du monde, prit aussitôt pour maîtres les chrétiens ses vaincus. Il mit à s'assimiler leur science un tel enthousiasme et 'uie promptitude si merveilleuse, déployant des aptitudes gui