‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 10 sur 168 · MAHOMET ET LA MÉDECINE DU PEÛPHÈTE · texte numérisé non relu

MAHOMET ET LA MÉDECINE DU PEÛPHÈTE

Nous avons déjà parlé des relations de Maliomet avec Harets ben Caladah. Il dut sans doute à ces relations une partie deses connaissances médicales. D'autres lui vinrent des observations faites tant dans ses voyages, qu'au milieu de ses concitoyens. A côté de Harets il y avait des Arabes qui pratiquaient la médecine populaire, cautérisaient, ventousaient, saignaient, pansaient les blessures, administraient des médicaments, ou même faisaient appel à des moyens surnaturels. Llustoire nont5 a conservé le nom de quelques-uns de ces hommes qui furent en rapport avec lui- Ainsi, nous savons que tel et tel lui pratiquèrent des cautérisations, des saignées, lui appliquèrent des ventouses. Nous avons la preuve de Tétendue de ses observations dans le grand nombre des propos relatifs aux pratiques médicales qui lui sont attribuésî. Ces recommandations sont la preuve

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de sa sollicitude eu même temps qu^elles étaient un moyeu d'influence.

Il n'y a peut-être pas dans l'antiquité un seul personnage sur le compte duquel nous ayons des renseignements aussi étendus et aussi minutieux que le législateur des Arabes. Ses actes et ses propos ne tardèrent pas à être recueillis avec le plus grand soin, et des hommes passaient leur vie à les contrôler et h les apprendre par cœur. Leur authenticité s'établit par l'exposé des témoignages successifs auxquels ils sont dus.

Ces traditions ou hadits^ sont le complément de la- loi et c'est en les lisant que l'on peut bien mieux que dans le Coran se faire une idée juste et complète de ce grand homme.

Les traditions médicales qui nous ont été conservées se montent à environ trois cents. S'il en est qui reproduisent simplement la médecine populaire, il en est aussi qui accusent une importation, peut-être par le fait de Harets.

On en a fait des recueils intitulés : Médecine du Prophète, recueils qui se rencontrent dans toutes les collections de manuscrits arabes. Il en existe deux à Paris, sous les n«» lOGl et 1897 du supplément.

Hadji Khalfa, dans son Encyclopédie bibliographique, en cite une demi-douzaine de divers auteurs. Le plus accrédité semblerait être celui d'Abou Noiiaïm que nous trouvons souvent cité autre part. M. Perron a traduit celui de Djelal Eddin Abou Soleiman Daoud.

Ces recueils encadrent les hadits dans un traité méthodique de médecine, les commentent et les complètent. Tel est l'ordre suivi dans le Ms. 1061, conforme aux trois sortes de moyens thérapeutiques employés par le Prophète : Remèdes naturels, remèdes surnaturels, combinaison des uns et des autres.

Il semblerait que l'esprit de l'Islamisme, la résignation, dût détourner des soins du corps. Il n'en est rien^ Mahomet attache la plus grande importance à la santé* Le premier hadits qui se produit dans le recueil de Djelal Eddin est celui-ci : Le meilleur d'entre vous est celui qui a reçu de Dieu la nature physique la meilleure. Il répète souvent et sous

MAUQllET ET LA MÉDECINE DD i'ROPUr^lTE,

plusieurs formes: Dieu u*a pas fait descendre de maladie qu*il n'en ait fait descendre le remède.

Aussi bien que chez les Juîfa, les pratiques de rhy^iène sont imposées aux Musulmans par la religion. Celles qui ne sont pas mentionnées dans le Coran sont imposées par Texemple du Prophète.

Ce qu'il recommande surtout, c'est la sobriété. Nous avons trouvé quelque part cette anecdote. Au temps de Haroun Errachid un chrétien dit à un musulman : Votre Prophète at-il oublié la science du corps, ou bien en est-il question dans votre livre? Le musulman répondit: Notre livre n'a donné à ce sujet que la moitié d'un verset, mangez et buvez sans faire d'excès* Quant à notre Prophète, voici Tun de ses propos; Testomac est le réceptacle des maladies ; la diète est le principe de la guérison et Tintempérance la source de toutes les maladies. Le chrétien répliqua : Votre Prophète n'a rien laissé à dire h Galien.

Ce précepte fut peutr-ètro emprunté à Hareta auquel il est également attribué*

Chacun sait que les ablutions et rentretien de toutes les parties du corps à Tétat de propreté, sont cheis les Musulmans de précepte religieux»

Dans la pratique de TUygiène, il fait entrer la modération et recommande d'éviter la colère et les passions tristes*

Il proscrit le vin, môme à titre de remède, et proclame que Dieu n'a pas fait dépendre la santé de son peuple de ce qui lui est interdit. Il croit que Tnsage excessif de la viande peut avoir les mêmes inconvénients que le vin*

Le laitage et les fruits, le miel et l'huile d^olîves sont fréquemment l'objet de ses éloges.

Parfois, ses préceptes revêtent une forme ingénieuse et poétique. Il dit que les palmiers sont des arbres bénis. Il recommande de les respecter comme des parents, attendu que Dieu fit le palmier avec l'argile qui lui restait d'Adam. Celui qui aura chez soi du miol et de l'huile d'olives, les anges prieront Dieu pour lui.

Nou^ trouvons dans un hadits la mention de Tauber^ ffine-

:I2 U18T01KB DE Lk UEDBCIKX ARADE. — UVICE PRBIUU.

Les principaux médicaments recommandés sont la nigelle, le miel, le henné, le cresson alénois, le harmel (Peganum hannala), le séné. C*est peut-être dans ces hadits que le séné fit sa première apparition dans un monument écrit. Nous citerons encore comme nouveautés le ouirs (memecylontinctorumj et le Kadi (Pandarms odoratissimusj ce spécifique indien de la variole, qui n'avait pas jusqu'à nous été reconnu par les traducteurs.

Beaucoup d'autres fruits sont aussi recommandés à titre de médicaments.

La ffuérison, disait-il, s'obtient surtout par trois ciioses : le miel, les scarifications et le cautère.

Mahomet se fit cautériser et saigner par Âbsy ben Kab et il se fit ventouser pour une souffrance à la cuisse.

Xy^nX eu une hémorrhagie par suite de la rupture d'une incisive, Fathma, sa fille, fit brûler du papyrus, et appliqua It^ eondres pour arrêter l'hémorrliagrie.

Mahomet arrêta l'hémorrhagie par la cautérisation sur la jmriHume de Sad ben Moaz.

U s'occupait des blessés. En expédition il emmenait Oum 8\^)«Ui1u et des femmes des Ansars pour les panser.. A la batHiUe d'Ohod il fit venir deux médecins de Médine.

i\iuire la céphalalgie et la fièvre il employait les affu- #Umiii fn>tdes et les scarifications, mais il proscrivait l'appli- \H^tiou dus ventouses à la nuque, comme faisant perdre la UiO^\uolrti dont le siège est à la partie postérieure, du cer-

tui luAiuo était sujet & la céphalalgie, et certains auteurs siUl \UI )^ Ti^ptlopsio, les deux mots s'écrivant à peu près vlv^ U uuMiio umnièro en arabe.

\Vi4u:i rh.YilropIsie, il recommandait l'urine et le lait de v'kt\mv^AU, sans touU^fois s'opposer à la ponction.

^V(4U:* \\\ \\%^\ oleniont il prescrivait le miel.

l\\vu lo4 douliuirs du pied il employait le henné.

V\mi \vu vooonuunndant la santé aux malades, il obtem- (V4>A^^ \'A^)HU\duut li hnirs désirs, et on cite un cas où il per-

\ Vv^4^V\^ \\^^ uialadios contagieuses il recommandait la

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