‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 9 sur 168 · II. MÉDECINS ARABES · texte numérisé non relu

II. MÉDECINS ARABES

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Le siècle qui précéda l'établissement de Tislamisme fut chez les Arabes une des périodes les plus remarquables de leur histoire.

Il serait plus remarqué si le siècle suivant avait fait moins de bruit. Il marque l'entrée en scène des Arabes dans Tordre des travaux de l'esprit et il est h certains égards le précur-

26 HISTOIBB DB Lk UtùEClKK ARABE. — - UYBB PHHUKR.

seur du siècle suivant qui fut leur entrée en scène dans Tordre des faits religieux et politiques.

Le sixième siècle marque l'éveil de Tactivité intellectuelle chez les Arabes. Ainsi que chez tous les peuples, cette activité se fit jour d'abord par la poésie. La poésie du reste fut un des traits saillants du caractère national. Des concours étaient établis et les œuvres couronnées écrites en lettres d'or et suspendues aux portes de la Kaba.

Chose remarquable, ces premiers poèmes, qui nous ont été conservés, portent un cachet de perfection que n'atteignirent pas les poèmes des siècles plus civilisés, plus ingénieux et moins raides, mais ayant moins de sève et de vigueur.

Entre tous les poètes d'alors, il faut citer Ântar, qui fut tout h la fois l'Homère et l'Achille de son temps ; Ântar, une de ces grandes et trop rares figures, devant lesquelles on ne saurait s'arrêter sans un sentiment d'admiration mêlé d'attendrissement, auquel il n'a manqué qu'un plus vaste théâtre pour laisser une trace profonde de son passage à travers l'humanité.

C'est au milieu de ces temps d'aventures et de poésie, vers le milieu du VI' siècle, que naquit Harets, qui s'en fut en Perse chercher la science que son pays connaissait & peine de nom. De retour dans son pays, Harets eut des disciples, son fils d'abord et même on peut dire le Prophète lui-même. Sans la révolution politique et religieuse qui troubla si profondément le siècle suivant, Harets fut peut-être devenu le chef d'une école ou le point de départ d'un mouvement intellectuel dont on ne saurait apprécier la portée. Quoi qu'il en soit, ce n'en est pas moins une coïncidence remarquable que cet épanouissement de la poésie chez les Arabes et cette introduction de la médecine en tant que science.

1» HARETS BEN CALADAH.

Harets ben Caladah est le premier parmi les Arabes qui ait mérité le nom de médecin, le premier qui ait joint à la pratique de la médecine les doctrines qui la dominent.

ÉPOQOE BE MAUOM^f. — MÉDECINS AEABSS.

Il naquit à Thaïef, probablement vers le milieu du VP siècle de Tère ch retienne »

Il se rendit en Perse, où il étudia la médecine, particulièrement à récole de Djondisabour ; il y resta quelque temps et la pratique de son art lui valut de grandes richesses.

Admis à ta cour, il eut avec Chosroës une longue conversation qu'il rédigea plus tard et publia* Dans cet entre* tien, qui nous a été conservé, Uarets» k part quelques gé« uéralîtés sur tes éléments et les humeurs, ne traita guère que des questions d*hygiène, La base de son hygiène est la modération dans le manger.

Ce qu'il y a de plus grave, dit^il, c'est d'introduire des aliments sur des aliments, c'est-à^ire de manger quand on est rassasié. Il proscrit Tusage des bains après le repas, le coït à l'état d'ivresse, recommande de se couvrir la nuit, de boire de Teau de préférence et de n'user jamais du vin pur. Les viandes salées et séchées, celles des jeunes animaux lui paraissent un mauvais aliment» Les fruits doivent être mangés au commencement de leur saison et à leur propre époque. Quant à Tusage des médicaments, telle est ^ réponse à Chosroës: Tant que dure ta santé, laisse-les de côté, mais si une maladie survient, coupe-la par tous les moyens convenables avant qu'elle ne prenne racine. Il donne aussi les moyens de combattre chacune des humeurs en particulier.

Il recommande Tusage des lavements. Les ventouses doivent être employées au déclin de la lune, par un temps serein et quand le corps est dispos. La description qu'il fit de la femme, telle qu'on peut la désirer, plut infiniment h Chosroës: dans cette description, le médecin semblait doublé d'un poète. On rencontre aussi une prescription renouvelée par plus d'un médecin arabe, celle de ne pas avoir de rapporta avec une vieille femme. Chosroës le combla de présents*

Harets s'en revint dans son pays, où il pratiqua la médecine. Il connaissait, dit un historien, les habitudes des Arabes et les médicaments qui leur conviennent.

â8 nrarrorHK de la mêdecïse arabe* — livre premier.

Il fut en relations avec Mahometi qui lui adressait dos malades, et il est probable que c'est k ces relations que Mahomet dut en partie ses connaissauces éteudues en médecine* Dans leg propos attribués à Maliomet, il en est quelques-uns qui le sont aussi à Harets.

On rapporte de Harets, un fait de sagacité qui s'est reproduit plus d'une fois dans les annales de la médecine. Un arabe, avant de se mettre en voyage, avait confié sa femme à son frère. Celui-ci en devint amoureux au point de tomber malade. On appela Harets qui fit à plusieurs reprises administrer du vin au malade, et soua rinfluence du vin le malade se mit à réciter des vers dans lesquels La passion se dévoila peu k peu et ne laissa plus de doute aux assistants* Le frère divorça et voulut donner sa femme au pauvre amoureux, qui refusa et mourut de langueur.

Malgré ses relations avec Mahomet, il ne paraît pas que Harets se soit fait musulman. La date de sa mort est controversée, mais il paraît qu'il mourut peu de temps après le Prophète-

Harets laissa un divan, qui est mentionné par Hadji Khalfa, n« 53fl0,

2» EKNARDHR, FILS DE HARETS.

Ennadhr, fils de Harets, était par sa mère cousin de Mahomet. Comme son père, il voyagea et se mit en rapport avec les savants de toutes les croyances* H connut, dit Ebn Abi Ossaïbiâh, une partie considérable dés sciences aQciennes. Son père lui communiqua ses connaissances tant en médecine que dans les autres sciences.

On trouve dans le V** livre du canon d'Avicenne une formule de .pilules qui nous paraissent devoir être rapportées à Ennadhr, sous ce titre : Pilules du fils de Harets» C'est un composé de substances purgatives, à l'adresse des affections de nature biliaire et atrabilaire.

Ce qui rend surtout intéressant Ennadhr, c'est sa fin tragique, n était devenu l'ennemi de Mahomet* Supérieur au Prophète par l'étendue de ses connaissances, il tourna en ri-

tUcule sa personne et seti écrits. Certains passades du Coran semblent faire allusion il la conduite d'Ennadhr. A la journée de Bedr (624 de notre ère), Ënnadhr combattit contre le Prophète et se trouva parmi les vaincus- Cédant à un mouvement de rancune, qui n'était pas dans ses habitudes, Mahomet ordonna la mort d*Ennadhr, qui fut estécuté par la main de Tenthousiaste Ali, fiU d'Abou Thaleb,

Koteila^ sceur d*Ennadhr, pleura la mort de son frère dans une touchante élégie qui nous a été conservée. Ces vers, dit l'historien, sont les plus nobles qui aient été composés par une femme offensée. £n les lisant, Mahomet se repentit de sa rigueur.

3« EBN ABI RAMITSA,

Il était de la tribu de Témini et pratiquait la chirurgie. Étant un jour chez Mahomet, il lui vit entre les épaules Texcrolssance qui est considérée comme Tapanag-e des Prophètes et il lui proposa de Texciser. Mahomet s*y refusa. Ci5ât tout ce que nous en savons,

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