‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 103 sur 168 · GEOGRAPHIE ET MATHÉMATIQUES · texte numérisé non relu

GEOGRAPHIE ET MATHÉMATIQUES

La science géographique chez les Arabes, dit Reinaud, s'appuya, presque dès l'origine, sur les principes mathématiques.

On lit dans M. Sédillot (Histoire des Arabes) : « En 820 après J.-C, Al Mâmoun ordonne que de nouvelles observations soient faites à Bagdad, et la Table vérifiée corrige l'Almageste: il veut aussi que les longitudes terrestres soient déterminées avec plus de précision et le Resm el Ardh (description de la terre) reproduit le système grec mais avec de notables améliorations... On peut croire qu'une partie de ces améliorations était due aux savants nestoriens qui avaient conservé intact le dépôt des connaissances des derniers temps de l'école d'Alexandrie, et dont les Khalifes s'assurèrent l'utile coopération par leurs bienfaits. »

Nous croyons devoir faire ici quelques observations. Et d'abord, que les traditions de l'école d'Alexandrie aient été soigneusement et particulièrement conservées par les Nestoriens, c'est ce qui ne nous est pas démontré, bien que cette assertion se soit fréquemment reproduite. Les Nestoriens et les Arabes succédèrent, dans le temps, à l'école d'Alexandrie, mais les uns et les autres héritèrent de la Grèce toute entière et non pas seulement de l'école d'Alexandrie.

Ensuite il est un fait très curieux à propos des mathématiques et des sciences qui en relèvent.

Quelle qu'ait étélacompétence des Syriens traducteurs, quel qu'ait été leur rôle dans l'initiation des Arabes, il n'en est pas moins vrai que les Arabes, une fois les traductions terminées, entrèrent résolument, et restèrent à peu près seuls dans les voies de la science que leur avaient ouvertes cer-

318 HISTOIRE DE LA MÉOBCINB AUàBK. — LIVRE DEUXIÈME.

tains Syriens. Nous Tavons déjà fait remarquer^ parmi toutes les traductions qui se rattachent aux sciences mathématiques, il en est extrêmement peu qui se soient faites en syriaque. Sur une soixantaine, on n*en peut compter que six en syriaque. (1) Parmi lestraducteurs en arabe> nous voyons flgnrer 20 fois Tsabet ben Corra, 9 fois Costa ben Luca, 6 fois Honein, 5 fois son fils Ishaq, puis Hadjadj ben Mather, Eddimackhy, etc. Cette statistique nous paraît éloquente. Du reste les Arabes avaient aussi fait appel à d'autres civilisations que celle de la Grèce, et ils avaient mis à contribution la Chaldée, la Perse et l'Inde, etces diverses traductions s'étaient faites par d'autres mains que celles des Syriens.

Nous ne pensons pas que M. Sédillot nous sache mauvais gré de ces observations, qui sont à l'avantage de la race arabe dont il a constamment cherché à démontrer l'aptitude et la valeur scientifiques. Ajoutons encore une dernière observation. C'est particulièrement sur le terrain des sciences mathématiques que les historiens nous parlent de traductions ayant été revues par des Arabes. Ils opéraient sans doute un travail de critique plutôt qu'une véritable traduction.

Page 1