‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 12 sur 168 · ÉPOQUE DES OMMIADES · texte numérisé non relu

ÉPOQUE DES OMMIADES

La dumiuatîoD des Ummiailes répond h la majeure partie de la période que noua allons parcourir. Cette période forme un ensemble assez biea caractérisé, qui se détache aussi nettement de la période qui la précède que de celle qui la suit.

C'était le moment de TexpauBion des Arabes; ce fut auséi le moment de leurs premiers pas dans la carrière scientifique.

Malgré les troubles et les dissensions intestines qui rejetèrent â l'écart la généreuse famille des Alides et compromirent Tunité musulmane, cette unité se maintint; les Arabes envahissant de proche en proche les contrées voial^ lies débordèrent en moins d'un eièele depuis Tlndus jusqu'à FAtlantique-

Un déplorable événement signala leur entrée en Egypte. Mais cet attentat, inspiré par le fanatisme de la première heure, fut un fait accidentel, et les Arabes ne tardèrent pas à en payer la rançon.

On a du reste singulièrement exagéré le fanatisme musulman considéré dans Tensemble de rhistoire, Le Coran, fruit de Tenthousiasmef dont les germes législatifs se développent et «e complètent par les traditions et servirent à Tassiette de la société nouvelle, le Coran contient beaucoup de dispositions contradictoires et restrictives qui se balan-^ cent et se compensent les unes les autres,

A défaut de conversiouj les Arabes se contentaient d*untri-« bat. Du reste Thistoire politique, et surtout Thistoire scientifîque des Arabes, témoigne d'un esprit large et tolérant dont FEurope du moyen^âga fit son profit sans Timiter.

Le^ Arabes trouvèrent en Egypte* en Syrie et en Perse

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des populations intelligrentes et lettrées, et les nécessités administratives aussi bien que le bon sens leur imposèrent remploi des hommes instruits de toutes les relig'ions. Le gfouvernement des vifles et des provinces fut confié maintes fois h des chrétiens et au milieu du VU* siècle de notre ère un évèque nestorien se louait des égrards que les musulmans avaient pour la religrion chrétienne : c Nec tamen religionem christianam impu^nant ; sacerdotes sanctos que Domini honorant. » (Assemani, 13. or. III. 90.) s- Il faut bien le dire aussi, les chrétiens prêtèrent quelquefois le flanc, la jalousie divisant les communions chrétiennes. Les Nestoriens défendirent avec trop d'âpreté la supériorité qu'ils devaient h leur nombre et à leurs lumières. Ces dissensions entraînèrent des défiances et des rigrueurs. (Assemani, III, 2, XCVII.)

C'est à la médecine que revient l'honneur d'avoir ménagée la concorde et l'alliance heureuse de la science et de l'Islamisme. Assemani se complaît à citer la longue liste des médecins chrétiens qui furent attachés à la personne des Khalifes. Nous ne le suivrons pas, toute cette histoire de la médecine arabe devant nous en fournir continuellement des exemples, même à l'époque des croisades.

Trois ordres de faits caractérisent cette période.

Le premier est l'importance que commencent à conquérir les Nestoriens en raison de leur culture intellectuelle. Nous ne ferons que l'indiquer ici, devant y revenir bientôt à propos des traductions dont ils furent les principaux agents.

Le deuxième est le premier entraînement des Arabes vers la culture de la science, dont ils venaient de détruire le plus précieux dépôt et dont ils recueillirent les débris sur cette même terre d'Egypte. Que ce soit le fait de leur intelligence prompte et naïve, ou que ce soit le fait des circonstances, ils n'attaquèrent d'abord de la science que le côté merveilleux. Ils se passionnèrent surtout pour l'alchimie, qui s'était toujours complue dans la vallée du Nil, et l'on vit des personnages du plus haut rang, des intelligences d'élite à la tête de ce mouvement qui aboutit à la grande personnalité de Géber, la plus haute expression des doctrines hermétiques.

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Cependant, en dehors des œuvres cralchimie, d'autres avaient été traduites. En dehors de l'Egrypte nous verrons des ouvragées de médecine passer du grec en syriaque et du syriaque en arabe, et même nous constaterons les encouragements du pouvoir souverain qui devaient se montrer bientôt si puissants et si féconds.

On a dit souvent que les Arabes avaient recueilli Théritag^e de l'école d'Alexandrie. Cette assertion, prise d'une façon ^nérale, est une erreur historique. Elle ne saurait s'appliquer qu'à l'époque dont nous parlons, époque trop peu connue, sur laquelle nous allons essayer de jeter quelque lumière. Quant à la véritable initiation des Arabes à la science grecque, elle se fit plus tard et sur un autre terrain.

Notre étude de la médecine arabe sous les Ommiades Ta donc se diviser eu deux sections.

Dans la première nous verrons les Arabes en contact avec les derniers représentants de l'école d'Alexandrie, et dans la seconde nous les suivrons en dehors de cette école.

Première ftectlon*

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