‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 124 sur 168 · ALI BEN EL ABBAS EL MADJOUSSY · texte numérisé non relu

ALI BEN EL ABBAS EL MADJOUSSY

On peut s'étonner qu'il nous soit resté si peu de renseignements sur la personne d'Ali ben el Abbas, l'un des plus grands médecins de l'Orient.

Généralement, on lui donne le surnom à*El Madjouasy^ le mage, ce qui indique une origine persane, mais quelquefois on le dit fils de mage. Quoi qu'il en soit, nous savons qu'il était originaire de l'Ahouaz.

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Il eut pour maître un médecin distingué, Âbou Maher ben Saïar, mais il paraît qu*il dut à l'étude autant qu'aux leçons du professeur. Frappé de ce fait, que parmi tous les ouvrages anciens et modernes, aucun n'embrasse la médecine dans la totalité de ses parties, il se proposa de remplir cette lacune par un livre auquel il donna le nom de Maleky^ livre royal, et de Kamely livre complet. Il en fit la dédicace à rhomme de son siècle qui protégea le plus les travaux de l'esprit, Âdhad eddoula. On ne nous dit pas cependant qu'il ait pris du service dans le célèbre hôpital fondé par l'émir à Bagdad. Il vécut jusqu'en 994.

Le Maleky, dit l'auteur du Kitab el hokama, jouit d'une grande vogue jusqu'à l'apparition du Canon d'Avicenne, qui le fit un peu négliger. Le Canon est supérieur par la théorie, mais le Maleky l'est par la pratique.

A ce jugement nous pourrions ajouter que le Maleky nous paraît aussi bien ordonné que le Canon : si les proportions en sont moins vastes, le tissu en est plus homogène et plus serré.

Ce livre marque un grand pas fait par la médecine en Orient. Un Arabe ose faire ce qu'il n'avait pas trouvé chez les Grecs, enfermer toute la médecine dans un seul ouvrage.

Il ne s'agit plus ici, comme dans le Continent de Razès, de l'inventaire de tous les faits légués à la médecine pratique par les anciens et les modernes. La science est embrassée dans sa généralité, toutes ses parties coordonnées ; les faits que chacune revendique* soumis au contrôle de la critique et de l'expérience, viennent se ranger dans leurs cadres respectifs.

Le Maleky, traduit en latin en 1127, a été plusieurs fois imprimé. Au lieu d'en donner l'analyse, nous croyons ne pouvoir mieux le faire connaître qu'en reproduisant à peu près intégralement son introduction. Cette préface, qui rend parfaitement le caractère et le but du livre et qui atteste le grand sens de l'auteur, restera comme une des plus belles pages dans l'histoire de la médecine.

Ali ben Abbas passe en revue les plus éminents médecins, tant anciens que modernes. Il constate qu'Hippocrate et

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Galien n'ont pas écrit d'ouvrage d'enâemble ; que le défaut de l'un est la concision, et celui de l'autre, la prolixité* Il signale les lacunes d'Oribase, dePauld^Egine^ puisd^Ahroun, de Jean fils de Mésué, et de Jean fils de Sérapîon> C'est à Razès, le plus éminent des modernes, qu'il s'arrête le plus longuement. Il fait voir que le Continent, restreint d'ailleurs k la médecine pratique, n'est qu'une compilation dont les parties sont mal ordonnées et sans liaison, que les cita^ tions, par cela même qu'elles Tisent à être complètes, en-* traînent des répétitions et des longueurs qui rendent l'onvrag-e inabordable au commun des médecins* Eu somme, il constate qu'il n'existe pas de livre complet, et qu'une saine méthode ne se rencontre nulle part Voilà, ce nous semble, une preuve que le génie de la science n'a pas fait défaut à la médecine arabe, car il ne consiste pas seulement à en reculer les bornes, mais aussi à porter la lumière et l'ordre dans un ensemble de faits connus.

LE MALEKÏ.

t En toutes choses il faut commencer par louer Dieu**i

{Suivent des éloges et des vœux à l'adresse d'Adhad eddoula»*.)

4 La science de l'art médical étant la plus éminente de toutes les sciences^ la plus importante par sa puissance et ses dangers, la plus utile de toutes parce que tous en ont besoin, j'ai voulu la renfermer dans un livre complet sur l'art médical, contenant tout ce qui est nécessaire au médecin et k tout le monde pour conserver la santé k ceux qui la possèdent et la rendre aux malades, n'ayant trouvé chea aucun des médecins anciens oU modernes de livre complet, qui Contienne tout ce qui est relatif k la pratique et à la Bcîence médicale,

« Hîppocrate, qui est le prince de l'art et le premier qui en ait écrite a composé de nombreux ouvrages sur toutes les branches de la méaecine. L'un d'eux est un grand recueil comprenant tout ce qui est nécessaire à celui qui veut posséder cet art, et c'est le livre des Aphorismes. Il serait

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facile de réunir tous ces livres et d'en composer un seul qui renfermerait tout ce qui est nécessaire pour la perfection de cet art. Mais Hippocrate a fait usage dans ses écrits d*ane telle concision, que beaucoup de ses paroles sont obscures et ont besoin pour le lecteur d'un commentaire.

« Quant à Galien, si grand et si excellent, il a composé de nombreux ouvrages, dont chacun n'embrasse qu'une des parties de la science. Mais il a des longueurs et des répétitions dans rétablissement de ses démonstrations et de ses preuves en réponse h ceux qui suivent la voie des sophistes. Je ne trouve aucun de ses livres complet au point de vue que j'ai exposé précédemment.

« Oribase et Paul d'Egine ont aussi écrit des livres» où chacun d'eux s'est efforcé d'être complet. Pour ma part, j'ai trouvé Oribase incomplet dans le petit livre qu'il a adressé à son fils Eunape et au public. Il n'y parle pas des choses naturelles et il est très-bref sur les causes. (1) Il en est de même pour le livre qu'il a dédié à son fils Eustathe et qui contient sept chapitres. Il n'y a parlé des choses naturelles, des tempéraments et des organes que très-sommairement. Dans ces deux ouvrages, il ne traite aucunement de la chirurgie. Quant à son grand ouvrage, en soixante-dix chapitres, je n'y en ai trouvé qu'un seul où il soit question de l'anatomie des viscères.

< Quant h Paul d'Egine son livre ne mentionne que trèspeu les choses naturelles. Les causes, les signes, les diverses espèces de traitement sont bien exposées avec développement mais non avec méthode.

« Quant aux modernes je ne trouve chez eux aucun livre qui traite la matière complètement.

« Âhroun a composé un ouvrage où il décrit les maladies et leur traitement, leurs causes, leurs signes et autres choses de ce genre, mais il le fait d'une manière brève et sans développement; de plus la traduction est mauvaise et peut égarer le lecteur ; bien des passages ont besoin d'explica-

(1) Voyez plus loin ; vojez aussi Tarticle Oribase, à propos de ses écrits.

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tîons, surtout quand on ne possède pas la traduction de Honein ou de boû école.

« Quant à Jean fila de Sérapion, il a composé un livre où îl ne mentionne^ en fait de traitement des maladies^ que ia thérapeutique par les médicaments et le rég^ime» sans s*occuper de la chirurgie. De plus, il a passé sous silence beaucoup de maladies. C'est ainsi que parmi Les maladies du cerveau îl ne parle pas de la lycantropie^ de Tamour, de la résolution des membres par suite de coliques. Parmi les maladies de l'œil il ne parle pas du traitement de la suppuration qui se produit sans ulcération, du traitement des taies et de Talbugo, ni du traitement de Texophtlmlmie d'une façon convenable* Il ne parle pas du traitement du cancer de l'œil, de roedème» du chémosisj des indurations, du grêlon, du squirrhe, de Texubérance des cils, de Torgeolet, de Tectropion, de Tadhérence des paupières ni des autres maladies des paupières, ni de la mydriase.

« Parmi les affections de Testomac, il ne pari a pas du traitement du lait caillé dans Teatomac, ni du sang. Il ne parle pas du traitement des tumeurs noueuses, des glandes, de réléphantiasis, des tumeurs anévrismales produites par la déchirure des artères. Parmi les maladies de la matrice, il ne parle pas de celle dite el quoub^ de la môle, des polypes, des fissures, des ulcères, du gonflement et des vapeurs utérines. Parmi les maladies de la verge, il ne parie pas de rérection qui ne s'accompagne pas de désir du coït. Dans les affections de la surface cutanée, il ne parle pas des verrues, du ver de Médine, des varices des jambes, de celles du testicule, des gerçures des poignets et des pieds, du gonflement des doigta dit chamlisl (1) du panaris, de la blancheur des ongles, des framboises de la face. Il ne parie pas du traitement des piqûres venimeuses. Il ne parie pas du traitement des poisons, des médicaments toxiques, des piqûres faites par les scorpions, du pou de vautour. Il ne parle pas non plus des ulcères pour lesquels on emploie les

(1) Koaa lisons à Paris ianilii et à TEscurial chamlii. 11 \ a là i«iis dûate UQO ahéraliou que nous n'avons pu jusqu'à présent détemuner.

386 mSTOlRB DE Uk MÉOBOINS AKABX. — UYRB TBOISZAKB.

hanis ? ni des abcès. De plus, son exposition des maladies n*a pas d*ordre. Beaucoup de maladies qui auraient dû être rattachées aux organes qui en sont le siège, sont exposées à propos de la surfitce cutanée : c*est ainsi qu*il y rapporte les maladies de la matrice» le traitement de Tanaphrodisie et la spermatorrhée. C'est encore dans ce même chapitre qu*il parle de la mauvaise- odeur de la bouche et du nex et de l'expulsion des sangsues (introduites dans la gorge), tandis qu'il aurait dû les ranger suivant l'ordre des organes. En somme, son exposition manque de méthode. Cependant il est complet dans ce qui a trait au traitement des maladies, à leur description, à l'exposé de leurs causes et de leurs symptômes.

< Quant à Massih, il a suivi les errements de Haroun. H s'étend peu sur les choses naturelles et non naturelles. La partie théorique de son livre est vicieuse et prouve qu'il ne savait pas composer un livre. C'est ainsi qu'il donne les règles de la préparation des médicaments au septième charpitre de son livre, suivies de l'exposition des choses naturelles. Il parle ensuite des affections et des maladies à partir de la tôte, commençant par où il devrait finir et finissant par où il devrait commencer.

< Quant à Mohammed ben Zakarya Errazy (Razès), dans son livre dit El Mansoury il traite sommairement de tout ce qui regarde l'art médical et ne néglige rien de tous les sujets qu'il aborde, mais il est concis et abrégé, et c'est du reste le but qu'il s'était proposé. Dans son livre connu sous lepom de Haouy (Continent), j'ai trouvé qu'il parle de tout ce qui importe aux médecins pour la conservation de la santé et le traitement des maladies par l'emploi des médicaments et des aliments. Il expose les signes des maladies et ne néglige rien de ce qui est nécessaire à qui veut apprendre cet art pour le traitement des maladies. Mais il ne parle pas des choses naturelles, ainsi de la science des éléments, des tempéraments, des humeurs, non plus que de la structure des organes et de la chirurgie ; la matière do son livre est disposée sans ordre ni enchaînement, sans caractère scientifique ; il ne la divise pas par discours, sections, chapitres, ainsi qu'on devrait l'at-»

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tendre de m science, de ses connaissanceB en médecine, et de son talent d'écrivain. Certes, je ne nie pas son mérite, sa Bcience, ses connaissances dans Fart médical et dans Tart d'écrire. »

Ali cberchc ensuite quelles purent être les causes des défectuosités du Haouy. Peut-être Kazès ne voulut-il faire qu'un aide-mémoire pour sa vieillesse* Le destina- t-îl au public? on sait que la mort Tempêcha d'y mettre la dernière main. Sa rareté tient b ces défauts*

c Dans sa description de chaque maladie, de see causes, de ses signes, de son traitement, il rapporte ce qu'en ont dit tous les médecins anciens et modernes depuis Hippocrate et Galien jusqu'à Ishaq ben Honein et tous ceux qui vécu^ rent dans cet intervalle, ne laissant passer rien de ce que chacun a écrit sans leconsi^er dans son livre, de sorte que tous les ouvrages de médecine s'y trouvent contenus. C'est un fait que les granda médecins s'accordent dans leurs descriptions des maladies, leur nature, leurs causes, leurs symptômes, leur traitement : il n'y a chez eux que des diffé^ rences du plus au moins, leurs procédés étant les mêmes dans cette voie. Les choses donc étant telles, il n'y avait pas besoin d* exhiber les propos des anciens et des modernes, ce qui entraîne des répétitions qui se ressemblent et diffèrent k peine les unes des autres. S'il y a chez eux quelques diver- ^nces elles portent sur l'emploi de médicaments d'espèces différentes, mais se ressemblant par leurs propriétés et leurs actions, comme par exemple le coin^, la poire, la nèfle, ou bien le gingembre, le poivre et le poivre long-, médicaments qui, bien que d'espèce différente, n'en ont pas moins des propriétés et des actions pareilles, seulement plus ou moins prononcées. Il fallait réduire le nombre des citations des anciens, se borner aux témoignagres des savants les plus sérieux, las plus complets, les plus autorisés, dans la mesure du nécesBaire, par ce moyen le livre aurait acquis plus de valeur; en perdant une longueur démesurée, il aurait été recherché et transcrit et se trouverait dans toutes les mains, tandis qu'on ne le rencontre que chea un petit nombre de savants.

388 HISTOIRE DU LA MÉDECINE ARABk*. — LIVRE TR0I8IÂI1B.

< Quant à moi, j'exposerai dans mon livre tout ce qui est nécessaire pour la conservation de la santé et la gfuérison des maladies et dont un habile médecin ne saurait se passer. »

M. Daremberg* a publié la préface du Maleky en regpardde celle du Pantegni, dans son travail sur le Viatique» afin d'en établir l'identité.

Nous ferons & ce sujet quelques observations.

Les ouvrages de Galien cités dans le Pantegni et dont il n'est pas question dans le Maleky, sont précisément ceux que les Arabes appellent les aeiz^ livres. Nous en avons parlé.

Quant aux livres d'Oribase, le premier est adressé à son fils Eunape et au public. Voilà le livre De repvblica du Pantegni. Quant au mot Immensus, nous ne voyons guère qu'une hypothèse. On aurait peut-être lu le mot Eunape Oceanous. Une variante marginale du Ms. de l'Escurial se prêterait encore à cette interprétation. Le second livre est dédié à son fils Eustathe.

Dans la traduction latine du Maleky, nous avons reconnu quelques erreurs. Au lieu de: Magnus autem hypocras qui ante hanc artem fuisse perhibetur, il faut lire : qui princeps, imarrij hujus artis fuisse perhibetur.

Un peu plus haut, le mot camere accosté d'un point d'interrogation, est représenté dans l'arabe par ce mot : Khazna, qui signifie trésor, dépôt, magasin, lieu de garde, etc. Le sens est donc : J'ai voulu renfermer la science dans un livre complet.

Dans la suite, dont'uous avons omis la traduction, on voit Harac et Feresie représenter assez mal l'Irak et la Perse, et Charhitu au lieu de Kharbeq représenter l'hellébore, etc.

Ali ben el Abbas est cité une trentaine de fois dans le Traité des Simples d'Ebn Beithar, sous le nom d'El Madjoussy.

TKMIMY.

Mohammed ben Ahmed ben Saïd Ettemimy vivait au dixième siècle de l'ère chrétienne. II habitait Jérusalem, d'où

le Burnom d'El Moquaddeaay, qnî Uiî fut donné. Son aïenl Saïd était ausâi médecin et fut un de ses maîtres* Témimy fut attaché au service du gouverneur de Ramla, et suivit en Egypte lakoub» vizir des Khalifes el M'oëz et El Aziz, auquel il dédia son livre connu souîi le nom de Madat el Baqa. Ehn Abi Osaaïbiah ne lui consacre que quelques lignes, complétées par le Kitab el hokama, et le dit très versé dans la connaissance des médicaments simples et bon praticien.

Témimy u laissé plusieurs ouvrages*

Wûstenfeld a commis une légère erreur sur le titre du premier, le Madat el Baqua^ qu'il rend ainsi: Augmentum durationis vitse re^tauratione corrupti appétit us et cautio a BOxa pestis. D'après la version du Kitab el hokama, version dont un peu de réflexion fait comprendre la rectitude, bi adah fassedel haoua^ il faut lire : Par la purification de l'air corrompu, et non : Par la restauration de l'appétit dépravé, attendu qu'il s'agit de peste.

Sea autres ouvrages sont :

Un traité détaillé sur la thériaque, adressé à son fils Ali, D'après le Kitab el hokama, Témîmy aurait composé sur la thériaque plusieurs traités d'étendue diverse.

Un traité sur rophthalmie purulente.

Un traité intitulé : El Fahs ou el Akhbar dont nous ignorons le contenu.

Le Morched, oublié par Ebn Abi Oisatbîah, et qui est cependant un ouvrage d'une grande valeur, où il est traité des aliments et des médicameuts simples. Il n'en existe malheureusement que la moitié à la Bibliothèque de Paris, n» 1088, ancien fonds.

Le manuscrit de Paris commence au chapitre XI et se termine par le chapitre XIV •

D'après ce qui nous reste, le Morched est un ouvrage remarquable par un essai de classification et par Tabondance et l'originalité des renseignements.

Le chapitre XI traite des mannes et des bitumes. Aux mannes sont annexées les substances* sucrées. Les mannps sont des rosées, des vapeurs qui tombent du ciel, variables suivant l'air, les lieux, la terre et le.s plantes sur lesquelles

390 HISTJIIIK DE LA MÉDBC1N8 ARABS. — JJYBM TROISlil».

elles tombent. Parmi elles figure la laque, qui ne saurait être prise pour une gomme par la raison qu'elle n'a aucune attache vasculaire avec la branche sur laquelle elle repose. On y voit aussi figurer TOuars, qui serait un cryptogame dans le genre des Lecanora, et que l'auteur recommande comme un spécifique de l'héméralopie.

La section des Bitumes est curieuse. Elle comprend les Momies, et l'auteur en relate une espèce recueillie sur le rivage des Ketama dans le Magreb, et qui se récolte encore de nos jours de Bône à Djidjelly sous le nom de BélUma. Cest une substance de la consistance et de la nature de la poix, que les femmes emploient comme masticatoire et dont l'ori* gine est encore un mystère pour nous. Est-ce une épave ou un produit naturel dans le genre de l'ambre ?

Le bitume de Judée nous vaut un long et curieux article sur la Mer morte et la nature de ses eaux, où l'on voit que l'auteur a longtemps observé et parle d'abondance.

Toute cette section mériterait d'être reproduite intégralement.

Le chapitre XII traite des terres et des sels.

Parmi les terres figure le Ljow djotmdoum^ que l'auteur confond avec le lichen des rochers des anciens.

Dans la biographie d'Ishaq ben Soleiïnan nous avons rapporté une intéressante anecdote à ce propos.

Le Djouz djoundoum portait aussi le nom de Tabachir. Témimy saisit l'occasion de nous parler du véritable Tabachir. Bien qu'il provienne du liquide concrète des bambous encore verts, il ne compte pas moins parmi les substances terreuses. Témimy contredit l'opinion de Galien qui prétend que l'on ne peut tirer de sel de l'eau de la Mer morte» Les riverains, dit-il, n'en usent pas d'autre, seulement celui des berges orientales est bon parce que les terres y sont bonnes, et celui de la rive opposée est mauvais parce que les terres y sont mauvaises.

Dans le chapitre XIII il est question des métaux.

Le XrV* traite des pierres. Nous y voyons invoquer l'autorité d'Ebn Djezzar, ce qui prouve deux choses : que cet auteur aurait écrit un traité sur les pierres, que les biogra-

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