‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 125 sur 168 · L'IRAK · texte numérisé non relu

L'IRAK

phes ont oublié de mentionner, et quMl y a^ait alors des relations suivies entre rOccident et l'Orient, Ebu Djezzsr étant un contemporain de Témimy*

Nous possédons ainsi deux dates pour fixer approximativement l'époque de Témimy. Il fut attaché au vi^ir d'El Moëz et d*EI A2iz. Or ce dernier cesa&de vivre en 975 de l'ère chrétienne. Il cite Ebn Djezzar, Or celuin:! mourut vert rannée 1009. Témimy vécut ainsi probablement jusque vers la Su du dixième siècle de Tère chrétienne. Le Kitab el hokama place son séjour en Egypte vers Tannée 376 (980)*

Témlmy est cité soixante-dix fois par Ebn Beithar, et bien souvent à propos des huiles composées.

La plupart de ces extraits portent le cachet que nous avons signalé comme étant celui du Morched, c*e3t^à-dire qu'ils sont le fruit de Tobservation.

Témiray n'est pas étranfrer aux Grecs, mais il ne les accepte que sous bénéfice d'inventaire et nous avons déjà dit , qu'il relevait une assertion de Galien.

Un certain nombre de passages ont un intérêt particulier pour la Palestine, ainsi les articles relatifs à Thuile de Zaqqoum, au Sylibum, au Bitume des Juifs, etc. II y a là des renseignements toujours bons à consulter.

Parmi les autres articles remarquables nous citerons ceux relatifs au sycomore, au caroubier^ au saule, à l'huile de roses, au scinque, à la bière, etc,

M, de Sacy dans Abdel latîf, après avoir cité le long artî-^ cle de Témimy sur le bitume, donne sa biographie d'après le manuscrit d'Ebn Abi Ossaïbiah de la bibliothèque de Leyde. Il y a là quelques détails intéressants que nous n'avons paa rencontrés dans le manuscrit de Paris. « Ce médecin s'est particulièrement occupé de la composition des antidotes et contre-poisons, et a composé divers ouvrages sur la matière. Il avait beaucoup profité à Jérusalem des leçons d'un moine chrétien, nommé Tabbé Zaeharie, ftls de Thaouaba. ■

M. de Sacy lui reproche d'avoir confondu ce que Galien dit du Persea avec ce qui concerne le sycomore.

D'après ce qu'on lit dans Témimy^ notamment à l'article Sylibum, on peut conclure qu'il y avait de son temps un certain nombre de chrétiens résidant en Palestine.

392 HISTOIRR DB LA MÉOBCINS ARABB — LIYRB TItOISIÉMK.

MACOUDY.

Aboul Hassan Âli ben el Hossein ben Ali fut surnommé El Maçoudy, du nom d'un de ses ancêtres Maçoud, contemporain de Mahomet.

Il naquit sur la fin du III* siècle de l'hégire. Dès l'annéo 300, il se mit à voyager, visita la Perse, l'Inde, Madagascar, l'Arabie, et habita tour à tour l'Egypte et la Syrie. On fixe l'époque de sa mort en 346 ou 957 de l'ère chrétienne.

Les études et les voyages de Maçoudy lui acquirent une somme incomparable de connaissances et de documents qu'il a consignés dans un grand nombre d'ouvrages. M. de Sacy nous a relaté le titre d'une vingtaine, dont quelques-uns n'ont pas moins de vingt à trente tomes.

Le plus connu est celui qui porte le titre de Mouroudj eddeheb oua maden eddjouhar^ Prairies d'or et mines de pierres précieuses. Il en a déjà paru la plus grande partie, c'est-à-dire sept volumes, texte et traduction, par MM. Pavot de Gourteille et Barbier de Meynard. Il y a de tout dans cet ouvrage, qui est en quelque sorte le résumé des nombreux écrits de l'auteur. Si la méthode est absente, l'intérêt ne fait jamais défaut. L'histoire naturelle, la physique et même la médecine y occupent une assez large place.

On s'étonne aujourd'hui du jugement de Reiske, qui n'avait vu dans les Prairies d'Or qu'un tissu de divagations.

Nous n'avons pas ici à parler des autres ouvrages de Maçoudy. Pour cela, on peut consulter l'intéressante notice de M. de Sacy, à propos du Kitab ettenbih, ou livre de l'avertissement, publiée dans les Notices et extraits des manuscrits.

Nous trouvons cinq citations de Maçoudy dans Ebn Beithar, à propos du Guilandina bonduc, du bétel, du mercure, du Kesmouta, plante que nous n'avons pu déterminer et qui serait mentionnée dans le livre des Poisons, lequel n'est pas compris dans la liste bibliographique de M. de Sacy, enfin à propos du musc.

L'article du musc, reproduit aussi par Avicenne et Sera-

L*îEkK, 393

pîoni est peut-être encore aujourd'hui ce que Ton peut lire de plus complet sur la matière. Nous relèverons ici deux petiteR erreurs des traducteurs de Maçoudy, La première c'est d'avoir pris le nard pour la lavande, La seconde c'est d'avoir donné deux incisives à chaque mâchoiref tandis que le texte n'en porte réellement qu'à la mâchoire supérieure, ce qui est du reste conforme à la vérité.

Les ouvrages de Maçoudy ont un intérêt tout particulier au point de vue de la somme des connaissances que possédèrent les Arabes sur l'histoire ancienne de rOccident, Les Prairies d'or en contiennent beaucoup, mais les autres ouvrages, auxquels il renvoie et que nous n'avons pas, en promettent une masse encore plus considérable, dont let^ traductions à nous connues, ne rendent pas sufSsamment raison. Il est probable qu'ils les puisèrent dans les ouvrages des Syriens écrits en arabe. C'est ainsi que nous voyons citer par Djemal eddin, Mohammed ben Ishaq et Ebn Abî Ossaïbîah» les noms d*Eu3èbe, d'Orose, ceux d'Obéid Allah ^ de Honeln, de son fils, d'Ishaq ben Ali Errohaouy, d'Obéid Allah ben Djabrll, d'Ebn Botlan, à l'appui de leurs renseignements* L'avenir lèvera sans doute quelques-uns de ces voiles.

Les Frères de la Pureté.

Parmi les productions du X* siècle, il est un écrit anonyme sur lequel nous devons nous arrêter, à savoir la célèbre encyclopédie des Frères de la pureté (ou de la sincérité).

Cet écrit nous intéresse d'abord au point de vue des sciences naturelles, qui sont comprises dans son cadre.

Mais il a surtout de l'intérêt en ce qu'il représente bien la situation actuelle de l'esprit arabe, épris de la science grecque mais entravé par les croyances religieuses, et rêvant l'accord de la raison et de la foi. C'est à ce double point de vue que nous l'étudierons, et cela d'autant plus volontiers qu'il est trop peu connu, du moins en France, où l'on n'a sur son compte que des idées générales et sommaires. Il serait à

394 HurroiRB ds la méoboiks arabb. — uvbb oitoisi&ia.

désirer que l'on en fît une traduction, qui aurait certainement pour effet de détruire des préjugés.

Ce ne sont pas précisément les sciences cultivées par les Arabes qui gagneraient à cette exposition ; nous les connaissons d'autre part, et ici on s'occupe plutôt de la théorie que des détails: mais on verrait un côté curieux de leur philo* Sophie.

Le but avoué des Frères de la pureté était l'alliance de la philosophie avec l'Islam. Nous verrons bientôt ce qu'il faut penser de cette alliance, sur laquelle, du reste, l'orthodoxie musulmane ne pouvait se méprendre. Quant à la philosophie en question, elle est elle-même un mélange de celle d'Anstote et de x;elle de Platon, la première pour la forme, la deuxième pour le fonds.

C'est à Bassora, dans le courant du X* siècle que cette œuvre fut composée. Elle porte le titre de : Tohfat àkhouan essafa, présent des Frères de la pureté ou de la sincérité. Il en existe à Paris un exemplaire, n* 1845 du supplément, qui compte 530 feuilles in-folio d'une écriture fine et serrée.

C'est donc plutôt une esquisse qu'une véritable ency* clopédie.

Les Frères de la pureté formaient une société secrète qui paraît s'être recrutée particulièrement chez les Motazélites : ce qui en indique le caractère et les tendances. Leur encyclopédie parut sous le voile de l'anonyme, ce qui était prudent; aussi ne sait-on pas encore positivement quels en furent les auteurs. Le Kitab el hokamamet cependant quelques noms en avant. Ils prétendaient, lit-on dans la curieuse notice de Djemal eddin, que la loi, souillée par l'ignorance et altérée par l'erreur, ne pouvait être rendue à son état de pureté que par la philosophie; que l'on atteindrait ce but par l'alliance de la loi et de la philosophie grecque.

Les sciences sont divisées en quatre catégories, dans lesquelles sont répartis les 51 traités.

Page 1