‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 140 sur 168 · PERSE. ^^^^P · texte numérisé non relu

PERSE. ^^^^P

contenta de lui rassié^èrent dans sa maison, le retinrent aux arrêts et demandèrent sa mort- Ciiems Eddoula pour les calmer leur accorda son exiK Avicenne fut obligé de se cacher pendant quarante jours chez un certain Abou Saïd benDahdouL Chems Eddoula tomba de nouveau malade et rappela Avîcenne qui le guérit encore et fut rélntég^ré dans son Tizirat et &a faveur. Il se remit à composer, travaillant la nuit, eîi raison de ses occupations auprès de Chems Eddoula. Celui^i, en guerre avec Boha Eddoula fit une seconde rechute, et succomba pour n'avoir pas suivi les conseils d*Avicenne.

« Le fils de CliemsEddoula offrit aussi les fonctions de vizir à Avicenne qui refusa, et alla sa réfugier chez un pharmacien du nom d*Abou R*aleb. hh il se mit à travailler derechef au livre dit Echchefa.

■ Cependant Tadjel Moulouk surprit une correspondance d* Avîcenne avec Ala Eddin auprès duquel il projetait de se retirer, et renferma dans une forteresse* Avicenne parvint à s* en échapper, déguisé en sonfi, et grâce à moi gagna Ispahan où il fut dignement accueilli par Ala Eddoula, Tous les vendredis, des savants se réunissaient autour de lui. Là il acheva le livre de la Chefa, ses ouvrages de logique et TAlmageste, fit un abrégé d'Euclide, écrivit sur rarithmétiquc, sur la musique et acheva divers autres ouvrages,

4 II accompagna Tératr à Hamdan et fut chargé par lui d^opérations astronomiques*

« Avicenne était robuste, mais adonné aux femmes, ce qui lui enleva de ses forces, Ayant été pris de coliques en même temps que d'accès d'épilepsie, un premier traitement lui rendit un peu de santé. Mais ne s'étant pas ménagé, la maladie récidiva. Comprenant alors que tout traitement devenait impuissant, il tomba dans le découragement et dit; le directeur de ma santé s'est retiré de moi* tout traitement devient inutile. Après quelques jours, il mourut à Hamdau, en l'année 428 (1036), à Tage de 58 ans, (1) w

(1) D'après M, Sclilimmer le tombeau dAviceimc existe encore, mais tombant en ruines.

Aboulfarage prétend qu'Avîcenne fut le premier entre les philosophes qui se livra aux excès du vin. 11 ajoute, et nous trouvons la même tradition dans le Ms. de Paris d'Ebn Abi Ossaïbiah, qu'Avicenne eut pour maître le médecin chrétien Abou Sahl el Messihy, l'auteur du livre dit Elmia ou le livre aux cent chapitres. Nous trouverons en eflfet parmi les livres d'Avicenne, le traité de TAngle, dédié à Abou Sahl el Messihy.

On a donné souvent Avicenne comme un débauché, dont les excès auraient abrégée l'existence, mais on n'a pas assez songé à ses excès intellectuels qu'il a pratiqués si constamment et si prématurément. Sa précocité et sa fécondité, au milieu d'une vie si tourmentée, tiennent du prodige. Nous avons vu chacune de ses étapes marquée par une composition nouvelle, qui semblait ne rien lui coûter. Quant à son voyage en Espagne, c'est une fable. On peut en dire autant de ses études & Bagdad, suivant Léon l'Africain ; Avicenne, ainsi que nous l'avons vu n'ayant jamais mis le pied dans le bassin du Tigre, et comme nous l'avons déjà fait observer, Avicenne se fit lui-même.

Il embrassa toutes les sciences et dans toutes se montra supérieur. Cette supériorité est attestée par les surnoms qui lui furent donnés de Reys, prince, et de Cheikh^ maître, comme qui dirait le prince de la science, le maître par excellence. Fréquemment il est cité sous ces titres de Cheikh erreysy et l'équivoque n'est pas permise.

Dans l'étude de ses ouvrages, nous commencerons par ceux relatifs à la médecine.

Il n'a pas ainsi que Razès et même que beaucoup de médecins de second ordre écrit de nombreux ouvrages sur la médecine, mais l'un d'eux est une vaste composition qui en embrasse toutes les parties : nous voulons parler du Canon.

Ce mot pris du grec signifie la règle. Avicenne s'était proposé de faire un traité classique et complet de médecine.

Le Canon rappelle le Continent de Razès, mais surtout le Maleky d'Ali ben el Abbas. Ce sont là les trois grands corps de médecine les plus importants que les Arabes aient produits.

FBBSE. 471

Razès n'embrasaa que la médecine pratique, Alî ben el Abbaa et Avicenne embrassèrent toute la science médicale. Leurs ouvrages se distinguent encore du Continent^ en ce qu'ils se proposèrent de coordonner méthodiquement toutes les parties de la médecine, taudis que chez Razès 11 n*y a aucune prétention à la méthode*

Le Maleky diffère du Canon eu ce qu'il est plus concis et plus restreint^ et que Tauteur, adoptant la médecine comme constituée, les divergences ne portant que sur des faits secondaires» fond eu un aeul corps toutes ses acquiaitiaQs» sans se préoccuper de les recommander par des noms d'au-» teurs.

Le Canon a de plus larges proportions et partant est plus complet ; aussi fit-il oublier le Malekyt malgré son grand mérite et son volume plus accessible k tous.

Le Canon se divise en cinq parties: généralités de la science, matière médicale, maladies partîculièreâ, maladies communes aux divers organes ou régions, pharmacopée,

La première partie, qui est en quelque sorte la médecine théorique ou générale, fut tfouvent commentée sous le titre de Koullyatel Kanoun, généralités du Canon.

Le deuxième livre du Canon fut de son temps le traité le plus complet des médicaments simples. Il comprend environ huit cents paragraphes et on y voit apparaître un certain nombre de médicaments nouveaux. Quant aux autres, c'est Dioscorides et GaUen mîf^ eu pièces et reproduits méthodiquement suivant un ordre invariable.

Nous avons traduit ce livre, que nous avons renoncé à produire aussitôt que noua avons pu nous procurer Ebn el Beithar.

Le texte imprimé h Rome est criblé d'incorrectiona.

Nous ferons observer, à propos de la troisième partie» qu' Avicenne, bien quMl ait traité de Tanatomie dans la première, y revient dans la troisième, et avant de parler des maladies particulières à chaque organe ou à chaque système d*organes, commence par en faire Tanatomie et la physiologie.

Le Canon fut ausf^i, dans son ensemble, l'objet de com-

472 HlfiTOIRF. DR LA MÉDECINE ARABB. — LIVRE QUATRlftm.

mentaires. En raison de son volume on en fit des abrégés dont le plus célèbre est celui d*Ebn Ennefis, qui parut sous le titre de Moudjiz et qui fut imprimé à Calcutta en 1S28.

Il fut traduit en latin par Gérard de Crémone et par Alpagus et plusieurs fois imprimé. On en fit aussi des éditions partielles parmi lesquelles nous mentionnerons celle de Plempius.

C'est à ces traductions qu'Avicennedut de dominer l'enseignement et la pratique de la médecine en Europe pendant environ cinq siècles.

On fit plus que traduire le Canon, on en imprima le texte arabe à Rome en 1593. Ce volumineux in-folio, qui contient aussi des œuvres philosophiques d'Avicenne, est, malgré les incorrections du texte, un monument unique dans la typographie orientale, et son caractère est resté type.

Parmi les traductions en d'autres langues, nous signalerons seulement celles en hébreu, dont il existe plusieurs exemplaires à la Bibliothèque de Paris.

Les biographies d'Avicenne, publiées récemment dans la biographie de Didot et le Dictionnaire encyclopédique, trouvent singulière la division du Canon. Cette appréciation nous paraît elle-même singulière. Nous la repoussons d'abord quant à la distribution générale de Touvrage, qui nous paraît se prêter assez bien au but d'Avicenne ; quant aux subdivisions, qui se subdivisent elles-mêmes, nous ne comprenons pas que Ton en fasse un crime à l'auteur, nous y voyons plutôt un cachet de méthode et de clarté.

On pourra lire dans Sprengel une appréciation plus détaillée de la valeur médicale du Canon.

Après le Canon, l'ouvrage de médecine le plus considérable d'Avicenne est son abrégé de médecine en vers, qui porte dans Toriginal le nom (TArdjouza, du mètre Redjez^ et qui prend aussi celui de Mendhouma, ou poème. C'est ce que l'on connaît chez nous sous le nom de Canticum ou Cantica^ adopté par les traducteurs, Armengand et Alpagus. Il y a lieu de s'étonner que WUstenfeld, tant dans la bibliographie d'Avicenne que dans celle d'Averroës, n'ait pas

PBflBB. 473

compris que ces deux titres ne portaient que aur un seul et même ouvrage*

Le mérita de TArdjouza, et le cas que Ton eu faisait août attestés par ses nombreux commentaires. Le plus connu est celui d*Averroës, qui fut pareillement traduit en latin. Il en existe un autre à la Bibliothèque de Paria, sous le n" 1022, supplémentp qui n'est pas sans mérite. Il est plus développé que celui d'Averroës. Il cite fréquemment des hadits ou propos du prophète que nous n'avons pas rencontrés dans les recueila spéciaux, et il se termine par une biographie de tous les auteurs cités. Une seule a de la nouveauté, celle d'EbnEnnefis, commentateur et abbréviateur du Canon, Ce commentaire de T Ardjouza fut écrit en 788 de Thégire, 1386 de notre ère^ par Mohammed ben IsmaïL Nous lisons dans cet ouvrage qu'Aveozoar, qui ne professait pas une grande vénération pour le Canon, tenait en grande estime TArdjouza, disait qu'il contenait tous les principes de la science et valait mieux qu'une collection de livres*

Dans le Ms. 1022 que nous avons cité, le commentateur a passé par-dessus le vin, et lors de la reproduction du poème, non commenté, cet article, qui du reste m borne à une quinzaine de lig-nes, n*est écrit qu'en marge. La traduction latine quia opéré sur un exemplaire complet, a traité du vin.

Le Canon et VArdjouza, sont les ouvrages d^Avicenne dont les textes se k ^contrent le plus communément dans nos bibliothèques européennes»

Un autre ouvrage d'Avîcenne d'une étendue beaucoup moindre et d'une médiocre valeur est le traité des médicaments cordiaux. Il fut aussi traduit en hitîn, et se trouve le plus souvent imprimé avec le Canon.

Le traité de Foxymel a été aussi traduit en latin,

Michel Scot traduisit son abrégé des Animaux d'Arii>tot0*

C'est ici le moment de parler des ouvragées d'alchimie, qui furent aussi traduits en latin. Ils sont adressés h Aboul Hassen Essoheîly, auquel Avicenne adrea^a aussi un traité sur lea constellations. On le trouve dans les recueils d'alchîmîe.

474 HISTOUUB DB Ui MtOBCINB ARâBB. — ' UVBX QUATRltlf S.

On a déjà fieût remarquer certains passages du traité qui, dans les traductions, porte le titre : De Conglutinaiione loptdum. Âvicenne y devance son siècle notanunent dans le deuxième chapitre où il traite de la formation des montagnes. Elles sont produites, dit-il, par des causes essentielles et par des causes accidentelles. Parmi les causes accidentelles il cite les tremblements de terre.

Nous citerons un autre fait qui ne nous paraît pas avoir été relevé. Il parle de corps de substance cuivreuse qui tombèrent en Perse, avec déflagration, et dont on ne pouvait obtenir la fusion.

Il ajoute qu*il tomba aussi un morceau de fer du poids de 100 marcs que Ton porta au roi du pays qui ordonna que Ton en fit des épées, et il dit que, suivant Topinion des Arabes, les épées des Allemans, qui sont de la meilleure qualité, sont fabriquées avec ce fer.

Parmi les autres ouvrages de médecine, qui ne furent pas traduits en latin, nous citerons:

De la chicorée.

Compendium de médecine, traduit en hébreu (Oxford).

Du pouls, en persan.

Des propriétés naturelles.

Principes de thérapeutique.

Vingt questions de médecine.

Notes sur les questions de Honein.

De la colique.

Il existe à la Bibliothèque de Paris n" 1085 et 1093 de Tancien fonds, un poème médical d' Avicenne autre que celui connu sous le nom d'Ardjouza ou Canticum, et d'une étendue beaucoup moindre.

Casiri a mentionné sous le n* 808 (du nouveau catalogue) un écrit d' Avicenne, de vingt-et-une feuilles seulement, qui certes ne répond aucunement au pompeux éloge qu'il en fait : « Compendium, quod latinae adhuc litterae nesciunt et plane rarum de multis expetitum. »

La Bodléienne possède aussi deux poèmes d' Avicenne autres que le Canticum.

Il existe h la Bibliothèque de Florence des frag^menta d'une traduction syriaque par Aboulfarage,

Il n'entre pas dans nos vues de donner la liste des autres écrita d*Avicenne, Leur somme totale se monte h environ une centaine. Nous dirons seulement qulls ont trait à la philosophie^ à la métaphysique, à la logique, à la physique» aux mathématiques, à rastronomie, à la musique, à Tal chimie» à la religion, etc.

Nous ne pouvons cependant prendre congé de cette grande personnalité sans parler de son rôle comme philosophe, et à cet effet nous emprunterons les paroles d'un juge compétent, M. Munck.

■ La philosophie d'Avicenne est essentiellement péripatéticienne. On y remarque généralement une méthode sévère, IL cherche k coordonner les différentes branches des sciences philosophiques dans une suite très rigoureuse et à montrer leur enchaînement nécessaire. Dans YAlchcfa (l) il divise les sciences en trois parties ; !• Supérieure (métaphysique) ; 2^ Inférieure (physique); 3° Moyenne (mathématiques). On reconnaît dans ces divisions le Mêle disciple d'Aristote; mais on trouvera qu'ici comme ailleurs Avicenne expose avec beaucoup de clarté et de précision ce qui, dans les écrits de son maître» n'est exprimé que d'une manière vague et indécise.

Bien qu'il paraisse faire des concessions aux MotecaUemin {scholastiques)»il n*hésite pas à admettre avec les philosophes Véternité du monde. Il admet encore que la connaissance de Dieu s*étend sur les choses universelles» mais il attribue aux âmes dès sphères la connaissance des choses partielles.

La théorie de rame a été traitée par Avicenne avec un soin tout particulier. Il proclame hautement la permanence individuelle de Tàme humaine.

Il admet positivement inspiration prophétique, reconnaissant qu'il y a entre Fàme humaine et la première Intelligence un lien naturel» sans que l'homme ait toujours besoin du recevoir par l'étude Vintellect acquiê.

(1) 11 âe trouvé imprimé à la suite du Canon.

470 niSTOIRB DR Lk MÉDECINS ÀnADB. ^ LIVRE QUATEIÈUB.

Quoiqu'il ait fait de nombreuses concessions aux idées reli« gfieuses de sa nation, il n'a pu trouver g^râcepour l'ensemble de sa doctrine, qui, en effet, ne saurait s'accorder avec les principes de l'Islamisme, et c'est surtout contre lui qu'Ai Gazzali a dirigé sa Destruction des Philosophes. » (1)

Une citation de M. Hauréau nous fera comprendre l'iufluence exercée par Avicenne au moyen âge.

« A la fîn du XII* siècle, Gérard de Crémone avait traduit en latin son Canon, D. Gundisalvi ses Commentaires sur les livres de Vâme, du ciel et du monde, ainsi que sur la P/it/stque et la Métaphysique, et le juif Avendeath son analyse de VOrganon, On possédait ainsi, dès le commencement du XIII* siècle, toutes les œuvres philosophiques d' Avicenne, qui furent imprimées à Venise vers la fin du XV». Leur succès fut immense dans les écoles du moyen âg^e, et Brucker a pu dire sans exagération : « Usque ad renàtas litteras non inter Arabes modo, verum etiam inter christianos, do^ minatus est Avicenna tantum non solus. » (2J

Avicenne est peut-être la plus belle intelligence de l'école arabe. Parmi ses devanciers deux seulement peuvent lui être comparés, El Kendy et Razès. S'il n'embrassa pas, comme savant une aussi grande étendue de sujets que le premier, il eut plus de profondeur, et d'autre part El Kendy compte à peine comme médecin. S'il est inférieur au second sur le terrain de la médecine pratique, il lui est de beaucoup supérieur sur celui de la philosophie. Parmi ceux qui l'ont suivi on ne saurait lui comparer qu'Avenzoar et Averroôs. Il a, relativement au premier, la même infériorité que vis-à-vis de Itazès, mais Avenzoar ne fut qu'un médecin. Quant au second, il peut lutter avec lui comme philosophe, mais comme médecin la comparaison n'est pas à établir : Averroës le commentait comme il commentait Aristote.

Ce qui frappe dans Avicenne, ce n'est pas seulement sa passion pour la science, mais sa préoccupation d'y apporter Tordre et la méthode. C'est en définitive le plus haut repré-

(1) Mélanges de philosophie juive et arabe.

(2) De la philosophie scholnstique .

sautant de récole arabe sur le double terrain de la médecine et de la philosophie.

Il existe à la Bibliothèque nationale, sous le n* 1002 du Bupplément, une traduction arabe des Sectes de Galien. Sur la première page on lit un titre de propriété. Nous croyoM avec M. Reinaud que ce propriétaire n'est autre qu'Avicenue. D'ailleurs la date porte 407 ou 409 de Thégire et les caractères ont un cachet archaïque bien prononcé,

EBN MENDÛUIH-

Abou Ali Ahmed ben Abderrahman ben MenrJouïb el Isfahany, naquit à lÊ^pahan, ainsi que Tindique son surnom. Ce fut un des médecins renommés de son temps et il servit plusieurs princes. Nous ne savons pas au juste Tépoque où il vécut, Hadji Khalfa ne donne pas la date de sa mort, contrairement à son habitude. Il paraîtrait, d'après un on-dit, rapporté par le Kitab e! hokama, qu'il fut attaché k Thôpital el Adhedy, à l'époque de sa fondation. Ce qui est positif, c*est qu*il était en correspondance avec Avicenne.

Si nous manquons de renseignements biographiques sur Ebn Mendouïh^ nous connaissons les titres d'une quarantaine d'ouvrages qu'il a produits, mentionnés tant par Ebu Abi Ossaïbiah que par Hadji Khalfa. La plupart sont adressés à des personnages contemporains dont les noms ne nous sont pas connus d'ailleurs, et dont trois ou quatre sont qualifiés médecins. Généralement ce ne sont que des opuscules, rissa^ lat^ consacrés à des monographies. Pour en rendre la liste moins fastidieuse à lire, nous les rangerons par catégories.

Nous placerons en tête trois ou quatre compendiums ou Introductions h la médecine.

Lettre à Djahidh, en réponse à ses attaques contre la médecine.

Trois opuscules sur le régime.

Du régime du voyageur*

De Faction des boissons.

Des vins, de leurs avantages et de leurs inconvénients

478 HISTOIRE DK LA 1IÉDKCIK8 ARABE. «^ LIVRE QCATRIÊIU.

Ici nous trouvons employé le tenne générique Cahoua^ et dans un autre opuscule celui de Nebid, vin artificiel.

Que Teau ne nourrit pas.

De la bière, deux opucusles.

Des membranes de Tœil. De la mydriase.

De Testomac et de ses maladies.

De la colique.

De la faiblesse des reins.

Des hémorrhoïdes, à Avicenne.

De rhumatisme du genou.

Du prurit. De Timpetiffo.

Des poux et de leur origine.

Des maladies de Tenfance.

Du coït.

Du tamarin.

Du camphre.

De l'eau de roses.

Du millet comme topique.

Aux médecins de l'hôpital d'Ispahan.

De l'àme et de l'esprit suivant les Grecs-

ESSADJARY OU ESSENDJARY.

Aboul hassan Thaher ben Ibrahim ben Mohammed ben Thaher Essadjary était, dit-on, un savant médecin et un excellent praticien. Nous ignorons la date précise de son existence. Il composa un guide de thérapeutique adressé au cadi Aboul Fadl Mohammed ben Hamaouih. (Nous lisons ici lladj, traitement, ce que WUstenfeld paraît avoir lu SalahJ. — Des commentaires sur le pouls et sur l'urine. — Une classification des Aphorismes d'Hippocrate* — Le n* 998 bis de la Bibliothèque nationale, supplément arabe, contient les Aphorismes d'Hippocrate classés par ordre de matière. Serait-ce l'œuvre d'Essadjary, le Ms. étant anonyme ?

FKBSE. 479

EBN ADI SADEK.

Aboul Cassem Abderrahman ben Ali ben Alimed ben Abi Sadek était de Nisabour. Médecin distingué, il cultiva aussi les sciences et la philosophie et jouit d'une grande réputation d'éloquence. Il s'attacha particulièrement à l'étude et à Tinterprétation des ouvrages de Galien. L'historien de la médecine signale comme un ouvrage parfait son commentaire sur le Traité des fonctions des organes de Galien, qu*il compléta par des emprunta faits tant aux autres ouvrages de Galien qu'à ceux d'autres médecins* Il terminait ce livre en 459 de Thégire, 1006 de notre ère. On dit qn*Ebn Abi Sadek fut un des disciples d'Avicenne*

Tels sont ses autres ouvrages :

Commentaire des questions de Honeini

Commentaire des Aphorismes d*Hippocrate*

Commentaire des Pronostics*

Chroniques.

Les commentaires d'Ebn Abi Sadek nous ont été conservés.

La Bibliothèque nationale possède les commentaires d'Hippocrate et de Honein, plus un commentaire sur Tusage des parties de Galien.

EL ILAKY.

Abou Abdallah Mohammed ben Yousef Cherf eddin el Haky fut un des disciples d'Avicenne- Il lious est donné comme un savant philosophe et un habile médecin.

Il composa un Abrégé du Canon d'Avicenne et un Traité des causes et des symptômes des maladies*

La Bibliothèque nationale possède, sous la n'» 1019, du supplément, Tabrégé du Canon fait par el Ilaky et commenté par Essamnany^

480 UISTOIKE DE LX MÉDECINE ABABE. — LIVKK QUATRIEME.

AL BIROUNY.

El Oustad, le MaitrCy Abourrihân Mohammed ben Ahmed, reçut le surnom d'El Birouny, de Biroun, ville de l'Inde, suivant l'opinion la plus commune.

Bien qu'il ait surtout cultivé les sciences physiques, mathématiques et astronomiques, et même l'histoire, il s'occupa aussi de médecine. Il fut l'ami d'Avicenne et entretint avec lui un commerce épistolaire.

Il fit une étude particulière de la science des Indiens, chez lesquels il habita longtemps, ainsi que de celle des Grecs.

Ce qui le recommande aux médecins, c'est un Traité d'histoire naturelle médicale, qui a échappé à Wûstenfeld. Il le mentionne cependant mais sommairement dans le texte arabe qu'il a donné à la fin de son livre, et il n'en parle pas dans la liste des ouvrages d'El Birouny. Le texte donné par Wilstenfeld est incomplet et ne contient que ces quelques mots : Des drogues au point de vue médical. On lit de plus dans le manuscrit de Paris que l'auteur traite des caractères des médicaments, de leurs synonymes, des diverses opinions des anciens, médecins et autres, le tout disposé par ordre alphabétique. Ce livre ne nous est pas parvenu.

Il est un autre ouvrage qui n'a pas encore été étudié que nous sachions, et que nous avons pu consulter à l'Escurial, c'est le Traité des Pierres précieuses dédié au sultan Chihab Eddoula Aboul fateh Moudoud ben Masoud ben Mahmoud.

Le Manuscrit de l'Escurial, le seul que nous connaissions, contient cinq cents feuilles à quinze lignes à la page.

Déjà le sujet avait été traité. El Birouny cite plusieurs de ses devanciers, parmi lesquels, et au premier rang, l'illustre El Kendy. Bien que l'auteur cite Aristote, Galien, Dioscorides, Aétius et même Ptolémée et Plutarque, on ne trouve aucune -mention de Théophraste. A propos du Livre des PicrreSy il se borne à dire qu'on l'attribue à Aristote. Parmi les autres citations nous relèverons encore celles d'ApoUo-

l'LKSE. 181

nius de Tyaue sous la forme Balinas, de Géber et d'Abou Hanifa eddinoury. El Birouny s'occupe aussi de remploi médical des pierres. (1)

Nous ne pouvons entrer dans tous les détails de ce livre, mais nous devons en produire ce qui nous a paru le plus intéressant.

Les Pierres précieuses et les métaux y sont traités, surtout au point de vue de l'histoire naturelle, du commerce et de l'industrie, mais il est aussi question des propriétés médicales des pierres.

' Le corail est déjà mentionné comme récolté sur les rives de la mer franque. Dans le livre des Pierres, dit l'auteur, la racine est appelée Mordjârij et la partie ramense Boussad.

A propos de l'aimant, il est dit que Géber en vit un morceau qui soutenait un fragment de fer du poids de cent drachmes.

La porcelaine est assez longuement traitée et Ton trouve dans cet article des renseignements curieux. Il y avait déjà, du temps d'El Birouny, des amateurs qui faisaient des collections, et des vases atteignaient le prix de dix dinars, qui équivalent à cent cinquante francs.

L'article du cuivre contient une curieuse citation : « On lit dans le livre du Prophète Samuel la description des armes de Kouliad le Palestinien, autrement dit Djalout. Toutes sont en cuivre, et, dans leur énumération, il n'est pas question du fer. >

Cette observation nous en suggère une autre. On r:ait qu'El Birouny fut soupçonné d'être d'origine juive et cela pour sa grande connaissance des livres hébreux.

Nous le trouvons, sur ce terrain, cité par Aboulféda dans ses Annales antéislamiques. Il est un fait que nous croyons avoir le premier découvert, qui peut nous expliquer l'érudition d'El Birouny. La Bible fut traduite en arabe par Honein. Ce fait mentionné par Djemal eddin, dans la notice de Ptolé-

(1)11 y a plusieurs citations déco genre dans le TedkiiadeSouïdij^ u»* 1024-34 de Paris, A. F.

482 H18T01RB DB Lk MÉOSCINE ARABE. — LIVRB QUATRI&lfB.

mée, roi d'Egypte, à propos de la traduction des Septante, n'avait pas encore été remarqué.

El Birouny parle d*un procédé de ramollissement du fer par un mélange d'arsenic.

Il faut mentionner aussi un passage curieux sur la comparaison des armes blanches de Damas avec celles de l'Inde.

Ajoutons que l'on trouve dans cet ouvrage deux tableaux des valeurs commerciales des pierres précieuses. (I)

Parmi les autres écrits d'El Birouny nous ne citerons que les principaux.

Deux traités, Tun sur la fabrication et Tautre sur Tusage de l'Astrolabe.

Le Canoun el Masoudy, traitant d'astronomie, de géographie et d'histoire.

Les tables astronomiques, dédiées au sultan de Gazna Masoud ben Mohammed.

Un traité sur la Kibla.

De la planisphérie.

Le Kitab el Atsar el haquya, récit des faits des* siècles passés, cité par Aboulféda. Il a passé de la Bibliothèque de l'Arsenal à la Bibliothèque nationale.

Introduction à l'astronomie.

De la correction du langage.

Catalogue des écrits de Razès.

La plupart de ces ouvrages nous ont été conservés.

MISKAOUIH.

Abou Ali Ahmed ben Mohammed Miskaouih appartient autant au X« siècle qu'au XP, car il fournit une longue carrière. Il était trésorier de l'émir Adhad Eddoula, dont il avait la confiance. C'était un des hommes les plus éminents de la Perse, appliqué à l'étude des anciens, versé dans la

(1) La citation de Plutarque et du livre de la colère a trait au pavillon hexagonal qui fut envoyé à Néron. El Birouny le dit de crystal, tandis que Plutarque parle seulement de sa richesse.

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philosophie et la médecme tant pratique que théorique. Il vécut jusqu'en 1030*

Miskaouih composa un traité des médicaments simpleSj un traité des boissons et un traité des préparations alimentaires dont Texcellence nous est vantée.

Ses autres ouvragées portent sur l'histoire et la philosophie. Ce sont: Le Compagnon du solitaire, contenant de courtes anecdotes et des maximes ingfénieuses ; rExpérience des peuples, chroniques menées jusqu'en 372, année de la mort d'Adhad Eddonla, ouvragée cité par Aboulféda dans ses annales antéislamiques ; le grand et le petit Livre du Salut.

Ou a de Miskaouih un recueil d*opuscules empruntés aux sages de TOrient et de la Grèce, qui existe h Leyde et à Oxford, et duquel ou a tiré la traduction arabe du célèbre tableau de Cébès. Lozano, Téditeur espagnol, s'est laissé aller à cette idée qu'un homme tel que Miskaouih pourrait bien être Fauteur de cette traduction.

Grâce à M. de Sacy, nous savons à quoi noua en tenir sur le Recueil de Miskaouih. Il porte le titre d*Adab el Arab ou d Fars, ou maximes des Arabes et des Persans, C'est à tort qu'on Ta confondu avec le Djaouidan Khired, rÉternelle liaison, livre persan contenu dans ce recueiL Voyez les Mémoires de rinstitut, tome IX.

Nous avons dit ailleurs qu'un Ms. de TEscuml contient» à riustar de celui de Leyde, las vers dorés de Pythagore et le tableau de Cébès commenté par Aboulfaradj ben Thaïeb.

EL âzraquy.

Il ne nous est connu que par un écrit mentionné par Hadjî Khalfa, reproduit sans doute par d'Herbclot. Cet écrit, cité au n" 1153, porte le titre d'Elfya,, ce qui signifie le millénaire et telle en est la raison. Il fut composé pour Touranchah, neveu de Thogrnl, qui était tombé dans rimpuissance. Le fonds de Touvrage est Thistoire d*une femme qui a des rela^ tions avec un millier d'hommes. Le texte était accompagné de figures variées, que d'Herbelot qualifie bonnement d'im-

48 'i UiSrOiaE de L.\. médecine arabe. — LIVIU:: QUATRlÈJdK.

pudiques, et que Hadji Khalfa dit être de nature à exciter l'appétit vénérien. El Azraquy vivait donc dans le courant du XP siècle.

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