‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 21 sur 168 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La période que nous venons de parcourir, celle des Ommiades, avait été caractérisée par deux faits gfénéraux.

Au début, nous voyons de grands personnages, nés sur les marches du trône, se passionner pour la science, mais n'en cultiver que le côté merveilleux, Talcliimie ; études qui aboutirent à la grande personnalité de Géber.

A la fin, ce sont des efforts plus modestes, mais plus sérieux, et déjà le Khalife Omar ben Abd el Aziz provoque la traduction d'Ahroun en arabe. Cette traduction répondait sans doute à des besoins instinctifs; cependant un demi siècle se passera avant que cette idée soit reprise sur une plus grande échelle et se développe avec un ensemble et une intensité qui font du IX^ siècle une époque unique dans les annales de l'humanité.

Le monde n'a vu qu'une fois le spectacle merveilleux que les Arabes vont nous offrir au IX* siècle. Ce peuple de pasteurs, que le fanatisme a rendus soudainement les maîtres de la moitié du monde, une fois leur empire assis, tout aussitôt se préoccupent d'acquérir la science, qui manquait à sa grandeur. Seuls, entre tous les envahisseurs qui se disputent le» débris de l'empire romain, ils ont ces préoocupa-

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Tandis que les bandes Gennauiques se font une gloire de leur brutale ignorance et mettent un millier d'années k renouer la chaîne des traditions, les Arabes le font en moins d'un siècle, et ce sont eux qui provoquent le concours des chrétiens vaincus, concours heureux qui assure l'harmonie des races.

A la fin du VIII* siècle tout leur bagage scientifique connu se réduisait à la traduction d'un traité de médecine et à des livres d'alchimie.

Le IX* siècle ne s'écoulera pas que les Arabes n'aient en leur possession toute la science de la Grèce, ne comptent parmi eux des savants de premier ordre, n'aient suscité parmi leurs initiateurs des hommes qui, sans eux, croupissaient dans l'obscurité, et ne montrent dès lors pour la culture des sciences exactes, une aptitude que n'eurent pas ces mêmes initiateurs, désormais dépassés.

Nous connaissons déjà l'école de Djondisabour, école tenue par des médecins nestoriens, et qui avait été fréquentée par Harets ben Kalada contemporain et ami du Prophète. C'est encore elle qui jouera le principal rôle dans la révolution scientifique dont Bagdad sera le théâtre, c'est elle surtout qui fournira le ferment qui va remuer tout le monde musulman.

Sur la fin du VHP siècle le chef de l'école et de l'hôpital de Djondisabour est appelé à Bagdad pour donner ses soins au Khalife El Mansour. Georges amène avec lui sa famille et ses élèves : les honneurs et les richesses accueillent les nouveaux venus. Des faveurs plus éclatantes encore attendaient les descendants de Georges, désormais attachés à la cour.

Dès lors les vagues aspirations des Abbassides prennent un corps. Sur l'invitation d'El Mansour, Georges fait passer des ouvrages de médecine en arabe. Ses successeurs, notamment Haroun Errachid et El Mâmoun, continuent cette œuvre sous de plus larges proportions. On ne se borne pas à la médecine ; toutes les branches de la science vont être résolument attaquées.

Un heureux concours de circonstances favorisa les

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