INTRODUCTION
Abbassides. Non-seulement les élèves de Djondisabour affluaient à Bagdad : les splendeurs du Khalifat attiraient aussi les savants de la Perse et de l'Inde.
Les Khalifes étaient encore merveilleusement secondés par une famille de ministres intelligents, les Barmécides. Enfin leur zèle pour la science fit parmi leurs sujets une foule de prosélytes.
C'était de la Grèce que s'inspiraient les Nestoriens et l'école de Djondisabour : ce fut de la Grèce que les Khalifes attendirent la lumière. Ils la firent explorer par des émissaires qui en rapportaient des livres, et aussitôt des bureaux (le traduction furent institués. Le merveilleux lui-même se mêlait à ces faits, et l'on dit qu'Âristote apparut en songe au Khalife El Mâmoun. A l'instar des princes, les riches et les grands prirent des traducteurs à leur solde : une fièvre de science gagna tous les degrés de l'échelle sociale. Le siècle ne s'était pas écoulé que non-seulement les Arabes s'étaient assimilé les trésors scientifiques de la Grèce, mais qu'ils possédaient eux-mêmes de leur crû des savants, des philosophes, des mathématiciens, des astronomes, des médecins.
Trois ordres de faits remplissent cette période.
L'école de Djondisabour s'efface et livre son personnel à Bagdad. Avec la famille de Georges viennent les Sérapion et les Mésué.
Le travail des traductions se fait avec entrain. On ne s'adresse pas seulement à la Grèce, mais encore à la Perse, à l'Inde, à la Chaldée.
Ce travail porte son fruit ; les Arabes comptent déjà parmi eux des médecins et des savants de tout ordre.
Telle sera donc la marche que nous suivrons en faisant l'histoire du IX« siècle :
1* Nous parlerons d'abord des médecins qui procèdent de l'école de Djondisabour, en réservant toutefois ceux qui nous semblent devoir figurer de préférence au chapitre des Traducteurs :
2» Nous donnerons ensuite l'histoire des Traductions qui se divisera en trois sections : l'histoire des traductions en
*M UIBrOiUK DK LX MÂOKCINE AllAliE — - LIVUË DEUXIÈME.
«général ; la biographie des traducteurs, que nous prolongerons au-delà du IX* siècle pour n'avoir plus à y revenir ; enfin nous passerons en revue les ouvrages traduits.
3* Nous parlerons en troisième lieu des médecins de second ordre, qui doivent plus ou moins leur savoir au travail des traductions; des alchimistes ; des naturalistes et des polygraphes qui intéressent plus ou moins l'histoire de la médecine et des sciences naturelles. Enfin pour compléter le tableau du IX* siècle et mieux caractériser le mouvement de renaissance qui s'opère, nous dirons quelques mots sur k développement que prennent dès lors les sciences physiques, mathématiques et philosophiques.
Nous terminerons par une revue d'ensemble et sommaire du IX* siècle.