GEORGES EILU DE GABRIEL. V
Cependant Georg'es tomba malade, et voulut s'en retourner dans son pays, voulant, disait-il à Mansour, être enterré avec ses pères. Crains Dieu, lui dit le Khalife, et je te promets le paradis. Je veux mourir dans la religion de mes pères, lui répondit Georg-es, et me trouver avec eux en paradis ou en enfer.
Le Khalife .se mit à sourire, et le laissa partir après lui avoir adressé dix mille pièces d'or.
Georges n'eut pas à se louer de son élève Issa, qui abusa de sa position pour intimider les évêques et leur extorquer de l'argent. Ayant écrit ces mots à l'évèque de Nisibe auquel il demandait des vases de prix appartenant à l'église : « C'est moi qui tiens la santé du Khalife entre mes mains, » l'évèque montra la lettre au Khalife; Issa fut chassé et ses biens confisqués.
Mansour voulut que Georges revint h Bagdad, mais Georges avait ftxit une chute, et envoya à sa place son élève Ibrahim. Georges mourut en l'année 771 de notre ère.
Ebn Abi Ossaïbiah place Georges en tête des traducteurs, et dit qu'il fut le premier qui, sur l'invitation d'El Mansour, commença des tr^uctions d'ouvrages de médecine en arabe. Malheureusement, on ne dit pas quels furent ces ouvrages. On ne dit pas non plus, fait observer Wenrich, si ces livres furent traduits directement des originaux grecs ou d'après le syriaque. Pour notre part, nous croyons que ces traductions furent directes et nous en donnerons plus tard la raison.
Bien que nous ayons k revenir sur cette question des traductions, nous croyons cependant devoir en dire un mot ici. La question des traductions n'a jamais été bien posée. Il y en eut de deux sortes : celles que les Syriens firent pour euxmêmes et celles qu'ils firent pour les Arabes. Ces dernières nous paraissent avoir dû être directes, toutes les fois que les traducteurs connnaissaient le grec, et c'est la règle, ainsi que nous le verrons plus tard pour le grand travail des traductions : on comprend en efi'et que dans ce dernier cas le passage par le syriaque n'a i)as de raison d'être.
Quoi qu'il en soit, les traductions de Georges se firent eu