‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 23 sur 168 · L'ÉCOLE DE DJONDISABOUR ET LES PREMIERS MÉDECINS · texte numérisé non relu

L'ÉCOLE DE DJONDISABOUR ET LES PREMIERS MÉDECINS

La famille des Bakhtîehou.

Nous donnerons à cette famille le nom de Baklitichou, {[xn fut le plus anciennement et la plua fréquemment porté par ses membres.

Elle était sans doute établie depuis long-temps h Djondiôabour, attendu que dès son apparition dans rjûstoire, fou chef se présente à nous comme le directeur de la célèbre école et de l'hôpital de cette ville, où il formait des élèves par Fenseig-nemeût et la clinique. Cet hôpital avait sans doute de Tiraportance, pour que Georg-es» interrogé par le Khalife de Bagdad pourquoi il n*avait pas amené sou fils avec lui, ait répondu que ThôpLtal ne pouvait se passer de m présence.

Cette famille exerça Tinfluence la plus puissante sur la révolution scientifique dont nous allons nous occuper. Co n'est pas qu'elle ait produit des médecins de premier ordre, de la taille de Razës ou d'Avicenne ; mais ses titres sont ailleurs.

Sa présence k Bag*dad fut un événement. Au lieu des empiriques auxquels les Khalifes avaient jusqu'alors confié leur santé, c*étaient des savants qui leur arrivaient avec un corps de doctrines, et ils arrivaient k temps. Les horizons vaguement entrevus par les Abbassides se dévoilèrent, et un monde nouveau leur apparut* Ils comprirent ce qui manquait à la grandeur de leur empire, et certainement la présence de Georges à Bagdad fut en partie ce qui provoqua le travail des traductions* Georges lui-même prit sa part dans ce travaîL Ses descendante, sans y contribuer beaucoup person-

1X3 UiSrOIRE DE Lk MÉDBCINB ARABR. — LIVUB DKUXIÉMÉ.

iiellement le favorisèrent, en prenant à leur solde des traducteurs. Plusieurs générations se succédèrent à la cour de Bagdad, avec des alternatives où la fortune l'emporta sur les revers, et ces hautes positions, faites à des savants chrétiens, ne purent que mettre la science en faveur chez les Arabes et les entraîner à son étude. Pendant quatre siècles cette famille produisit des hommes dignes de sa vieille renommée.

DJORDJIS BEN DJABRIL BEN BAKHTICHOU, AUTREMENT GEORGES FILS DE GABRIEL.

Depuis longtemps Thistoire de la médecine n'avait enregistré une existence aussi complète et aussi remarquable que celle de Georges ou Djordjis. Sa vie est une date, nonseulement parce que nous trouvons chez lui un médecin complet, attaché à un hôpital et formant des élèves, mais aussi parce qu'il peut être considéré comme le promoteur du mouvement scientifique en Orient.

Il va paraître à la cour de Bagdad, et désormais les Abbassides s'attacheront des médecins éminents issus de sa famille et de son école, mais aussi favoriseront les études et les traductions, afin que les Arabes puissent eux mêmes former des savants. La présence de Djordjis à Bagdad fut l'étincelle qui devait y allumer le feu sacré.

Chrétien nestorien, il était chargé de l'hôpital de Djondisabour quand en l'année 148 de l'hégire, 765 de l'ère chrétienne, il fut appelé à Bagdad par le Khalife El Mansour. Forcé de partir subitement, il confia la gestion de l'hôpital à son fils Bakhtichou (dont le nom signifie la fortune du Christ) et à un de ses élèves Sergis, et en emmena deux autres Ibrahim et Issa ben Chahlata. Il fut .accueilli généreusement et guérit le Khalife atteint de dyspepsie. El Mansour voulait aussi qu'on fit venir Bakhtichou, fils de Georges, mais celui-ci fit observer que son fils était nécessaire àDjondisabour, et lui proposa son élève Issa, qui resta attaché à la personne du Khalife.

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