HISTOIRE DE LA MBDBCINS AR4BK. — LITRE BUITIÈMI
(coinitibus) elephantum. Nonne quod cogîtaverunt £icen damnavit (posait conatus eorum in perditioneml.
Et misit super eos babiloniœ aves (omnig^nas) quœ lapides super eos projecerunt torreutes (nigras) et in grranum de pastum eos redeg^erunt.
On voit que la traduction de Marcus ne vaut pas mieux que celle commandée par Pierre le Vénérable.
Quant au Traité de Galien, des Mouvements sensibles, de motibtis liquidis^ comme dit la traduction de Tarabe, il a été inséré par les Juntes dans leur édition de 1586, parmi les Spurii^ bien que Tauthenticité de ce livre soit incontestable, attendu qu'il est cité par Galien lui-même. La traduction latine mentionne comme traducteur du grec Jolianni' tins, c'est-à-dire Honein.
GUILLAUME DE MORBEKE.
Guillaume, ainsi nommédesapatrie^ localité des environs de Bruxelles, naquit vers le commencement du XIIP siècle. Il entra dans les Frères prêcheurs, apprit le grec, et, dit
rhistorien de cet ordre, Tarabe aussi, ce qui le fit envoyer en Grèce par ses supérieurs. Il devint plus tard archevêque de Corinthe, attaché à la personne des papes, cardinal, et passa une partie de son existence laborieuse en Italie. En 1274, il accompagnait le pape Grégoire X au concile de Lyon, où, de concert avec des prélats grecs, il chanta du grec à la messe de St-Jean. Quétif et Echard ne le suivent plus après 1281.
Guillaume était ami de Vitellio, l'auteur de la Perspective, qui avait passé quelque temps en Italie, et lui dédia son livre. Nous avons déjà lait observer Terreur de certains biographes, qui ont vu dans Guillaume le frère de Vitellio. Le mot frèrcy employé dans la dédicace, est tout simplement un titre d'amitié.
Guillaume consacra ses veilles à la traduction du grec en latin. Ses traductions portèrent particulièrement sur Aristote, au point que l'on a dit abusivement qu'il l'avait
ALFRKD DIT L AHQLUl.
traduit tout entier. Il traduisit aussi Simplicius et Prûcluâ ; enfin le livre des AU meiita de Galien et les Pronostics d'Hippocrate tirés des phases de la lune, qui exiateot it Paris, n"* G805, 7337 (1).
Noua avons vu que l'on donne à Guillaume la connaissance de l'arabe. Quétif et Echard jugent par induction qu'il a traduit de l'arabe l'Elévation tliéologrique de Proclus, qu'il achevait k Viterbe, en 1268. St-Thomas dit que cette traduction dérive de l'arabe, et il ajoute que l'on n'eu avait pas encore reçu d'après le {^rec. Elle existe au n' 16,097 (ancien 904), où l'on pourrait , par une étude attentive, voir si elle procède réellement de l'arabe.
Koger Bacon traite aussi sévèremeut Guillaume que les autres traducteurs, ses contemporaine.
Entre autres ouvrages ou lut attribue un traité de géomautie.
ALFRED DIT l'aNQLAIS, LE PHILOSOPHE, OU DE SAItCHBL.
Le peraonnag-e d'Alfred soulève quelques difficulti^s.
D'une part, ses biographes nous le donnent comme appartenant au XIII' siècle, de l'autre, des faits consignés dans les écrits qui lui sont attribués sembleraient le rattacher au XIP.
Voici, en somme, ce qu'on lit dans Pits. Alfred était un homme versé dans toutes les sciences et la philosophie, et très habile dans les langues. Après de solides études dan.s son pays, il fréquenta les plus célèbres écoles de France et d'Italie, où il se perfectionna. Bacon le compte parmi les bons interprètes. Il se rendit ensuite h Rome, où le Pape Urbain IV le chargea d'accompagner dans une mission en Angleterre, le cardinal Ottoboni, et cela en raison de sa prudence et de son savoir.
Tels sont ses écrits.
In Boetîum de consolutione philosophiœ.
(1) ()Bt optisciile est imprimé dans le rocueil dit Articella, Lu^. 1515, f" 1B.
Toinr i.n M «ÉOEOXE AiUBF. — uvRa nrmCHR.
j^la iwni ArUtote)i<i.
In eu idMQ de Veffetabilihiu.
De r uris rorum.
De miuica.
De motu cordlf.
De ediicntionc accipitriim.
11 âori«-ifiit en 1-270.
1,11 noti<?« [le Dnte n'ajoute rien d'important à ce récit.
Notons que le pape Crbain IV Biéi^eaît de l^il ii IStH.
Alft-Bd est liurtout conuu par sa traduction de l'arabe du traité de» Plante», attribi ik Aristoti;. soit h Nicolas de
Damiu. Cet ouvrage est ueau l'un de ses amis, que ce^ tains Ms:?, désigrnfnt .simplement par l'initiale R, et que d'autres désig'nent en toute lettre, Roçierc, ainsi le Mss. n' 0323 de la R. nationale. Jourdain y a vu Rog-er de Hereford, et comme Rog'er fie Hereford vivait un siècle auparavant, il n'a pa3 craiat de taxer Pits d'erreur.
Nous n'avons pas rencontré dans les Mss. ce nom de Roger de Hereford, et noua ignorons si c'e.st par induction que Jourdain l'a adopté. Mais noua avons un renseigTiement qui paraît avoir échappé à Jourdain. Il ei^t conaig'Dé dans le Ms. n" 10,097, ancien 051, qui contient un commentaire de Pierre d'.\uverg'ne sur ce même livre des Vég-étaux traduit par Alfred. (Test l'habitude, dit Pierre d".\uvergne, chez les anciens traducteurs, de commencer par un prolOR-ue. C'est ainsi qu'Airred, Alvaredus, s'est comporté à propoa de ce livre, qu'il a traduit de l'arabe en latin, et auquel il a Ut quelques additions motivées par le génie différent des deux langues. Il le dédie à l'un de ses plus chers amis, Kogrer, enfant de l'Irlande, piierdehcbardia'! Quelleque soitla valeur do ce mot 'lue nous avons rendu par Irlande, qu'il soit altéré, nous avons de la peine k croire que l'on puisse y voir Roger de Hereford, ii moins qu'on ne veuille admettre une altération.
Pour notre part, nous croyons qu'il est difScite, d'aprèe ce seul document, d'admettre que l'nmi d'Alfred soit bien réellement Hoffer de Hereford.
Il est encore une autre petitedîfficuUé.Parmlles écrivains
ALFBED Dlr LANQI.AI9. 43il
du XIII' siècle qui ont mis h profit le Livre des végétaux, il fauxcitpr Vincontdo Beauvais, dont le Spéculum, où le livre des végétaux est larg-ement mis k contribution, fut achevé en l'année 1259. Il faudrait donc admettre que la traduction du livre des végétaux fut achevée quelque temps avant cette époque. Et l'on nous dit qu'Alfred florissait en l'année 1270.
Ne pouvant concilier tous ces faits, Meyer, dans l'édition qu'il adonnée du Traité des vég-étaux, ne voit pas d'autre issue que d'admettre deux Alfred (et naturellement deux Roger) qui auront été confondus par les historiens.
Sprengel, dans son Histoire de la botanique, I. S81, n'a connu Alfred que d'après Fabricius. et ne sait s'il est identique avec un autre Alfred qui vivait au X° siècle.
Quoi qu'il en soit, et nous avouons ne pouvoir trancher la difficulté d'après les documents actuellement à notre disposition, il est incontestable que la traduction d'Alfred se fit d'après l'arabe. A défaut de témoignage formel, les noms grecs défigurés, les épaves de locutions arabea suffiraient pour établir son origine.
Il est un fait que Jourdain a relevé, c'est que le texte grec publié par Duval n'est pas le texte primitif, mai.-* une traduction faite d'après la version arabe latine.
Jourdain pense que « la critique ii laquelle Roger Bacon se livre à propos du Bclinum prouve que l'auteur exécuta sa traduction en Espagne, » Lo mot belmutn(l), que l'on rencontre avec étounemcnt dans la traduction d'Alfred, correspond au Lebakh des Arabes, lo Pcrsea des Grecs, que l'on dit perdre ses propriétés toxiques par la transplanta^ lion. Jourdain avoue qu'il ne saurait se rendre compte de cette altération, c'est-ii-dire du îchahh transformé au point que Roger Bacon a pu le rendre par jusquiame. Cela nous paraît cependant facile k expliquer. Il suffit d'écrire en arabe le mot lehakk avec l'article, et pour peu que l'on abaisse la saillie du second lam et que l'on déplace les points diacritiques, on pourra lire bendj la jusquiame, au lieu de
(I) L'arabe elltbakh so dégrade facilemoat de mtoicre à Ctra lu
49'* KzsT'.ztx. la Uk ytUBrnirt tiiâTr- — lïtee
il. : Nc^L^ hTvis iBLï m rekT«r oe iût qiii semble in-
Jo-riiil- ptr.r iu«. àe 1* c-i^naaissmce çn'AIben a eiie de cer-c 'Erb.i-rt.:c L ei. a si^iùé les déiéctoosiiéfr. qa*îl attribae a lizipérl;^* de* traiurie-ars, ce qui a fût czoire qa'Alben éiaii Vil^'^czi de cen* xndTirtioii.
Le Ilrre des Plaintes a éié éàiié à Leipsick en l&ll, psr Mejer, 1 auteiir de l'Histoire de la botaniqae, qui la enrichi d*nne tradnnion ei de soies saTanies. Déni tontefois gagné à connaître davantage Taiabe, et à pitdidre connaiaaanee des manu»:r:ts.
Les hièVjTïezié, ainsi que noos FaTons vu, attribuent à Alfrel un livre :tnT les Plan les d^Aristote. Il semblerait que ce.soit ici un ouvrage différent du précédent. Xons le tnm- Tons, en effet, dans le n« 14,700, ancien 32 St-Victor^ sons ce titre : Comn:entum Alvredi super librum Aristotelis de Yegetabilibus.
Il va du f^ 391 au f^ 394. Ce qui nous le fait considérer comme un ouvrage à part, c^est que la fin diffère da précédent.
Le livrf^ des Météores, on ne nous dit pas si c'est un commentaire ou une traduction, se trouve au n* 6514 de la B. nationale sous ce titre : Liber Metheoraurum Alfredi philosophi ? i2j
(\) Il est une autre altération de nom propre, au sujet de laquelle Jourdain n'a pas été plus heureux. Il s'agit d'EmpédocIe, qui figure dans la traduction d'Alfred sous la forme d\AbrucaUs ou Abruca* tus. Eh bien, qu'on écrive le mot Empédocle en arabe, et on Terra qu'il est facile de le dé<,'rader promptement au point qu'on soit obli^a* de h: lire Abrucalis. Il suffit de supprimer le noun, n, et de donner au dal, d, une forme qui se confonde avec celle du Ra, r, et l'on est obli;,'é de lire Abrucalis. Jourdain, pour n'avoir pas songé à cela, s'est rabattu sur Proclus, qui n*a rien à voir ici.
(2) Il j ;i cependant une ré:*ervc à faire à propos de cet ouvrage. Jourdain admet comme nous qu'il s'agit ici d'Alfred, mais Jourdain n'a pas lu ce qui suit cet énoncé. D'abord, on pourrait, comme le remarque Jourdain, lire : AlphiJii et ensuite prendre ce personnage comme auteur d'un traité d'alchimie qui suit, et qui a échappé à
ABLF0N8E X BT LBS TRADOCTIONa DE l'aRABE. ikl
Le livre De motu cordis Be trouve au n' 16,613, ancien
1703. Il est compris entre les folios 68 et 90, et se termine ainsi: Explicit liber magistri Alvredi de motu cordis. Cet ouvrage, divibé en 16 cliapitres, n'est que le reflet des doctrines anciennes.
ALP0N8E S ET LES TRADOCTIONS DE l'aRABE.
Alphonse de Castille, dit le sage ou le savant, fut le plus passionné des princes qui encouragèrent l'étude des monuments arabes.
Frédéric II cherchait bien aussi dans les traductions des matériaux pour ses études propres, mais ses préoccupations n'étaient point exclusives, il tentait d'élargir le champ de la philosophie et de la science. Alphonse, au contraire, ne fit traduire que des ouvrages d'astronomie, pour laquelle il s'était amouraché, et beaucoup de ses traductions, restées dansla langue castillane, ne purent, au moyen du passage dans la langue latine, entrer dansla grande circulation.
Toutes les traductions commandées à grands frais par Alphonse, convergeaient à l'exécution de l'ouvrage qui nous est resté de lui sous le titre de Tables alphonsines.
Le mouvement un peu fébrile provoqué par Alphonse, n'en a pas moins de l'intérêt, ne fut-ce que par son originalité.
Nous ne pouvons nous arrêter longtemps sur ces traductions, et cela, pour un double motif. D'une part, en raison de leur spécialité, de leur destination et de leur immobilisation partielle dans le castillan, elles ne grossirent paâ beaucoup la somme des documents arabes dont l'archevêque de Tolt^de avait provoqué la mise à jour; de l'autre, nous n'avons pour les étudier que des renseignements sujets ii contrôle, fournis par Antonio, dans sa Dlbliothëque espagnole.
Jourdain. On [teut aussi admettre qu'il y a du trouble ilann ce Mss., qu'il y a lit un énoncé aans ouvi-age, puis un ouvrage sana titre. Cet Alphidiua ne noua est pas autreaieai connu, si tant est qu'il existe.
4K nisroiBS ni la KiDEcnc aubk. — urxs Hrm£iiB.
On dit qu'Alfonse fit vonir de Tolède Aben Rag«I etAlehibicius. qu il appelait ses maîtres ; de Sévine,Abeii Moussa (YehoudsJ et Mob&mmed; de Cordoue, Joseph ben Ali, et Jacob Abencena; plus de Gascogne et de Paris, unecinqoantiine d'autres saTaots.
n leor proposa d'abord la traduction du Tetrabibloa de Ptolémée, et les réunit dans le palais de la Galiana près de Tolède, présidant leurs réunions, ou se faisant remplacer par Aben Ra^el et Alquibicius. De l'année 121S à l'année 1202, ces savants se livrèrent & l'étude et à l'observation des aatres, puis Alfonse les renvoya contents et enrichis, leur accordant, soit des sommes d'arg-ent, soit des ezemptions d'impOts pour eux et leurs héritiers, dont les titres ae coaBe^ vèrent à Tolède.
Quant aux Tables Alfonaines, il nous suffira de les avoir indiquées.
On sait que l'astronomie, telle qu'on pouvait la connaître alors, ne satisfit pas Alfonse, et qu'il se prît & dire que si Dieu l'avait consulté pour l'établissement du système c^ leste, il y aurait mis plus de simplicité. Nous allons maintenant passer en revue ses collaborateurs sur lesquels fions , avons obtenu des renseignements.
De ces traducteurs, les uns rendaient encaatillanceqaelei autres faisaient passer en latîa.
I0DA8 TILS DE HOlSB.
Judas fila de Moïse, dit EL Cohen ou le prêtre, dit aiiaai la Fakih ou le docteur de Cordoue, fut le plus laborieux dM traducteurs de l'arabe en castillan. Jourdain l'a dédoublé et en a fait deux personnages.
Judas traduisit d'abord le Tétrabiblon de Ptolémée de concert avec Samuel, et cette traduction fut mise en latin par Egidiua de Tébaldis et Alvarès.
En même temps que le texte, on traduisit le commentaire d'Ali ben Rodhouan. Il en existe au n* 7321 de la Bibliothèque nationale une traduction française, dont nous citeioni quelques lignes, tirées du prologue.
JUDAS FILS DE MOÏflS. Ài'.l
• Le ai mis en bon et plaîn latin par le commatidement (Ifi liant et puissant prince monseig-neur Alphonse, roy des Romains et de Castille. Et je supplie a Dieu le père qu'il me doint pouvoir à ouvrir la voie de droiture, vu que Messirc Alphonse le haut roy des Romains ayma monlt et honnoura la science et tous ceux qui en savaient, et enquist par toutes terres et par tous climats du monde toutes les sciences de toutes gfens et de tous langaig-es, et il les fit devant lui translater de arabic en espaig-nol, et lui ainsi comme maître de toutes sciences et de toutes vertus par sa propre considération a renouvelé moult de clioses proufitables et a commencé à ordonner moult de iivres et moult de sentences des saigres anciens et leurs paroles qui gisaient ça et la perdues. »
Antonio cite un ouvratire d'Ali ben Rag-el traduit aussi par le concours de Juda et d'Egidius, C'est évidemment celui qui existe au n° 7317 de Paris sous ce titre; Liber magnus et completus quem AlyAben Ragelcomposuitde judiciis astrologis, quem Ihuda filius Musa precepto dni Alfonsi romanorum et castiliîe régis îllustris transtulit de arabico in yspanicum ydioma, et quem Eg-idius de Teboldis aula? imperialia notarius una cum Petro de Regio ipsius aulœ prouotarius transtulit in latlnum.
Nous trouvons dans Antonio un titre : Du justement des étoiles traduit par Juda, qui est sans doute le même que le précédent ouvrage.
Antonio lui attribue aussi la traduction des Etoiles fixes d'Abou Hazen (Alhassen ?) et le livre des ArmiUes, qui fut traduit en latin par Guillaume Arremon et le clerc Daapazo, l'an 14 du règne d'Alfonse.
Nous trouvons encore un livre de la sphère rendu en latin par le même Daspazo.
Enfin le Livre des étoiles fixes d'Abou Hazen (probablement El Hassan ben Heitam) nous est donné comme ayant été traduit par le Habbin Juda, qui est probablement Juda fils de Moyse.
444 HUrrOI&B de la MHOBOIMS AltàBB. — LIVES HUITJÉIIS.
ABEN RAGEL EL ALKIBITIUS.
Nous avons vu qu'ils eurent la plus grande part dans les travaux commencés par Alphonse, qu'ils présidaient en son absence l'assemblée» mais nous ne trouvons citée aucune traduction sous leurs noms.