‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 135 sur 162 · RODOLPHE DE BRUGES · texte numérisé non relu

RODOLPHE DE BRUGES

Nous avons déjà vu que la traduction du Planisphère de Ptolémée, appartient à Hermann Dalmate, et non pas à Rodolphe de Bruges auquel on l'attribue erénéralement (1).

Cette confusion en a naturellement entraîné une autre. Nous ne connaissons gruère ces personnages que par les renseignements consignés dans leurs écrits. On a donc transporté & Rodolphe de Bruges, ceux que nous trouvons consignés dans la traduction du Planisphère. C'est ce qu*a fait l'Histoire littéraire, qui donne pour maître à Rodolphe ce Thierry ou Théodoric, auquel l'ouvrage d'Hermann est dédié.

Nous allons faire connaître un traité de l'Astrolabe, qui appartient bien réellement à Rodolphe de Bruges.

On lit encore dans l'Histoire littéraire : • Dans la Bibliothèque Cottonienne on a un Ms. qui porte ce titre : Descriptio cujusdam instrumenti cujus est usus in metiendis stellanim cursibus per Rodolphum Brugensem Hermanni secundi discipulum.

C'est apparemment la description de l'astrolabe, dont on attribue l'invention à Hermann Contract, écrivain du XI" siècle, duquel Rodolphe est dit ici le disciple, parce qu'il suivit sa méthode dans l'astronomie. »

Avant d'aller plus loin, nous relèverons ce qu'il y a d'erroné dans ce passage. Rodolphe ne peut pas être dit le dis»ciple d'Hermann Contract, ni même de son école, puisque l'Hermann dont il s'agit ici est qualifié de Secundxis, Hermann Contract ayant été naturellement pris comme le premier.

Nous relèverons encore une autre erreur de l'Histoire littéraire : « Hermann mit en latin le Planisphère de Ptolémée sur la version arabe de Meslem. » Nous savons maintenant à quoi nous en tenir sur les versions arabes, question qui n'était pas encore connue il y a bien peu de temps.

(1) Vovez Huet, de InterpretatioDe.

RODOLPHE DE BRUGE8. 'l^lll

L'ouvrage de !a Bibliothèque Cottonienne est sans doute le même qui existe h la Bibliothèque sationalc, sous lo n° 16,552, ancieu 1759, et qui avait été déjà signalé par Jourdain. 11 es., contenu du f 24 au 1^28.

Telle est la dédicace : « Cum celeatium sphterarum diversam rationem, stellarum divertjos ortus diversosque casu» muiido inferiori ministrare ait manifestura, hujusque varietatis descriptiû ut in piano representetur sit possibile, proui Ptolomeo ejusque sequuci Meslem qui dictus e3t Abou Karechita? visum est, proposse suo hujus instrumenti formulam dilectus dilectisaimo domino suo Jobanni Rodulfua Brugeusis Hermauiti secundi discipulus scribit. >

Disons d'abord que nous ne connaissons pas ce Jeau, et que la qualiâcation de Meslem (Moslema), est une énigme pour nous (1).

L'auteur commence par la dehcriptiou de l'astrolabe. A la feuille 27 on lit: Perfecta astrolabii fabrica, nunc de utilitate ejusquœ neceasariaauntsubjungamus. L'ouvragefinitii la feuille 28 sans explicit, sui ces paroles : In eodem prrcul dubio solem esse recognosces.

Que cet ouvrage soit une traduction ou bien une compilation, c'estcequi n'est pas expressément énoncé. La qualification que prend Rodolphe, de disciple d'Hermann le second, semblerait accuser chez lui la connaissance de l'arabe. Cette connaissance, ne noua paraît pas être la conséquence forcée de la citation de Moslema, qui a effectivement composé un traité de l'astrolabe, qui existe à l'Eacurial, n" 907. On pourrait, il est vrai, admettre avec l'Histoire littéraire que Rodolphe habita l'Espagne, mais Moslema put lui venir par une autre voie. Pour traucher la question de traduction il faudrait comparer l'ouvrage de Rodolphe avec le manuscrit de l'Escurial. En attendant, il faut se rappeler que Rodolphe cite simplement Moslema côte à côte avec Ptolémée, ce qui, nous l'avouons, n'exclurait pas la question de traduction, mais ce qui pourrait être plus explicite, même dans une dédicace.

(1) Moslema est dit aussi Àloul Caium. Bo aurionB-nouB une altmtionf

434 UISTOIOE DU LA. MEDECINE ABADE. — UVRB HUtTlÉUS.

IL u'eD reste pas moins hors de cloute que le traité de l'as* trolabe de Moslema fut connu des Latins.

DANIEL DE MORLAT.

Uauiel, né eu Aug-Ieterre, fit do bonnes étndes h Oxford, puis & Paris. Plus tard, dit Pits, il s'abandonna h de.s futilités. Avide de connaître les matht^matiques, il conçut le projet d'aller chez les Arabes pour les étudier h la source. Ayant appris qu'on les enseignait pareillement à Tolède, il s'y rendit, travailla avec ardeur, puis revint dans son pays, oïl il publia de savants ouvrages. Ou cite: De principiis rerum, De Buperiore mundo, De inferiore mundo. Il florissait en

Bien qu'on ne nous parle pas de ses traductions, Daniel dut apprendre l'arabe et y puiser les éléments de ses écrits. C'est à ce titre que nous avons cru devoir le oientlonner.

Nous ne le connaissons, non plus que Jourdain, que par nu passajf'e qui se lit il la Qa de la traduction des Météores :

Completus est liber Metheoraumm, cujos treslibn» tnuutulit Ma^ster Girardus de arabico in latînaia : quartnsi transtulît Henricus de gtœco in latinnm : tria Tero nltima Avicennse capitula traostuUt Âurelius dearabico iDlatiatm (Mb. 6325). Cette traduction est également signalée b l'expUcit du n" 6319.

ËUUENIUS SlCt'LUS.

Eugenius, dit Ammiratua ou Ammîracua Slculus, naquit sans donte en Sicile. Noua ne le connaissons que par la traduction de rOptiqtie de Ptolémée.

Jourdain croit qu'il appartient au XIII* siècle, contrairement à l'opinion de Caussin, qui le place au XII*. Il aonp-

MA.nGU8 DB TOL&DB, i'ô^

çonue même qu'il a écrit à l'instigatiou do Frédéric II ou de Main froy.

Celte traduction existe à Paria aux n" 7310 et 10,260, sous ce titre : Liber Ptolomei de opticis, sive de aspectibus, translatua ab Ammiraco Eug-enio siculo de arabico in latinum.

Elle débute par un prolog-ue, où le traducteur exposant que la différence du g-énie des langues étant une cause de difficulté, il a cru devoir commencer par une introduction pour faciliter au lecteur la connaissance du sujet trÂlté. Dans cette introduction au trouvent quelques mots qui sembleraient appuyer l'opinion de Jourdain : lUa (optica) in preaenti libro interpretari non recusavj.

MAKCL'S DE TOLEDE.

Noua ignorons l'époque précise oîi il vécut. Jourdain pense, d'après les manuscrits, qu'il est postérieur au XIII* siècle. Tout ce que nous savons de lui, c'est qu'il était chanoine de Tolède. Il nous a laissé deux traductions, celle du Coran et celle du Traité des mouvements apparents de Galien.

La traduction du Coran existe au u* ^394, corrig'ée par des interlignes ou des notes marginales. Nous eu donnerons un échantillou, que l'on pourra comparer avec celle de Robert de Rétine.

Telle est la première sourate.

Matcria Ubrî. Septemperiodi.

In nomine Dei raisericordis miseratoris, Gloria Deo creatori gentium (Domino creaturarum), misericordi, miseratori qui régnât in die legis (regisdtei judicli). Te quidem adoramus, per te vivimus (et te invocamus). Dirige nos i» viam rectam quam eia erogasti uon eorum contra quos iratus es damuatorum (viam eorum quibus gratiosua es erga eos sine ira contra eos et non errautium).

Telle e."t la sourate de l'Eléphant.

Prophetia Elephantum. Sura CV.

In nomine Dei misericordis miseratoris, amen. Nonne vidisti qualiter egit creator (Dominus) tuus cum equitibus

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