‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 148 sur 162 · ANGE DE SAINT-JOSEPH · texte numérisé non relu

ANGE DE SAINT-JOSEPH

Joseph Labrosse, né à Toulouse en 1636 et mort en 1697, entra dans les Carmes déchaussés et y prit le nom sous lequel il est généralement connu de frère Ange de St-Joseph.

En 1662 il quitta Toulouse, désigné pour les missions de rOrient, et s'arrêta quelque temps à Rome où il suivit le cours d'arabe du père Célestin, frère de Golius.

Sur la fin de 1664 il arrivait h Ispahan. Le père Balthasar lui enseigna le persan. Il se décida à joindre à cette étude celle de la médecine par les succès qu'obtenait le père Mathieu^ qui en faisait un moyen de propagande religieuse.

En 1678 il quittait Bassora, dont les Turcs venaient de s'emparer, et rentrait en Europe. L'année suivante il était à Rome, et en 1680 à Paris, où il publiait la Pharmacopée persane, traduction latine du persan. Nommé inspecteur des missions en Hollande, il publiait à Amsterdam, en 1684, le Gazophyladum, dictionnaire italien, latin, français et persan, ayant acheté des caractères arabes des héritiers des Elzevir. Il séjourna aussi quelque temps en Angleterre et en Irlande.

La Pharmacopea persica est la traduction latine de TAcrabadin Chefaï de ModhaflFer ben Mahommed Hosseiny Chefaï, qui existe à Paris, ancien fonds persan, n' 155.

HydA nfluM M ptee Ange la pitoni^ dont il mgwdo le pire lisOtoa oonait ttetenr.

Le llilt eet qM le ptee Ange irtiecMe peelrfe» eertéMit ■on T61e de tmdiietoitr. (te en Jngne pear vm eoElntt de» piéCiee, dn rarte lonflra^ ^ enlNumuMée:

c Cependent je fMqpuntaie le pin Miâiien à GhifM, et J'enviaii lesmeeiê, le yojêxA bepttwrt eow pvMiite déniédtoeine, non-wnlenient des enfluits» nuAi dee ednilee. Je eo» mençei d<me à Joindie Tétade de le médeelne à edle dn penen. Je tridnltle dans cette langoe lee ApIioriiinmd*i^ poerate. »

Apris avoir iiffnali les a?antages qne Ton retire de la médecine comme mc^yen de propegande» il f^onte :

« Recevei donct 0 fêlés mindonnaires, ce iUble ptodnti dHin long travail. J*ai lu beaucoup de libres aiabea et pe^sans, surtout le cours de médecine intitulé Zeeliir* Choua» resnchalii (de Sjordljany) ; j*ai Tisité les oïdlectlons des saTaittsdlqpalian, et cent foislesoflleineadeadrogQiates»te pharmaciens et des chimistes ({'aurais lUt dix tradnetfou ordinaires dans le tempe que j*ai mis à eéUe-cQ. Je ?ms offre toute la pharmacopée, do t/içtm que s^il se préerate k quelqu'un le nom ordinaire ou étranger d'un médicament soit en latin, soit en persan « avec ce livre il peut se présenter dans les ofSeincs, qui sont remplies de médicaments simr pies et composés. Pour qu'il ne reste rien h désirer sous le rapport de la nomenclature, je conseillerai à tous les voyageurs en Perse de ne pas négliger d'acheter l'original per« San, exemplar pcrsicwri^ qui se vend chez les libraires sous le titre de Mourekkebat crabadin, c'est-à-dire composition pharmaceutique. L'auteur est Moudhafer eben Mohammed el Hosseiny. »

On voit que ni le titre de rouviugc, ni le nom de l'auteur ne sont ni corrects ni complets*

Le père Ange dit ensuite que, pressé par le temps, il n'a pu donner que quelques notes à la fin de la pharmacopée ; qu'il avait composé trois ouvrages sous le titre de médecine orientale^ dont deux périrent en mer.

Cette préface n'a pas les allures franches. C'est entre par

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reiithèties que le pèrn Aiiffe parle de cette traduction. C'est encore incidemment et austsi brièvement que possible qu'il parle de l'auteur. Le doute reste donc permis.

Quoi qu'il en soit, noua avons coilationné la pharmacopée persane avec le Carabadin Cbefaï, et nous n'avons rencontré que de légères différences, quelques interversions, des préparations qui manquaient dans l'oriffinal ou dans la traduction.

Les préparations sont classées pur ordre alphabétique.

Noua signalerons quelques préjmrations contre la syphilis, dont deux manquent daus le Ms. Je Paris. Elles contiennent, entre autres substances, du mercure et du gaïac, et l'on y remarque avec étonuemeitt l'absence de la squine. Elle se présente au n" flOlt dans une formule aphrodisiaque, virilem potentiam fovet. Une autre formule du même genre se retrouve au n" 05-1. On voit que le traducteur a cru devoir sacrifier aux oxig-eiices locales.

A propos du Mal de Naplea, on lit dans le Gazophylacium :

< Les auteurs, arabes modernes l'appellent isal français, Abla franqui. Quant h moi je l'appelle le mal persan ou le mal turc, car à peine trouverait-on là une personne entre mille qui n'en ait quelque symptôme. ■

La formule de la squiue est donnée comme provenant du maître de l'auteur, Imad eddin.

En somme, la traduction est bonne, malgré quelqnes défectuosités. Ainsi au n" 270, ad tumorem utcri devrait être rendu par descente de l'uterua, et ailleurs gonorrftca, seraat anzal, paréjaculation prématurée, etc.

Nous dirons un mot du Gazophylacium. A partir de la lettre G, des notes sont insérées çb, et là. Au mot Médecine, l'auteur dit que la médecine persane est purement galéuique, et il cite parmi les livres en circulation le Kbouaresm Chahi, l'Abrégé de Jousefl, les Propriétés de Mansour. A l'article Mathématiques, il dit qu'elles sont beaucoup cultivées, et il cite entre « un nombre infini de livre.?, » ceux d'Euclide, d'Apollonius de Perg-e, de Héron. d'Aboul Ouéfa, d'El Kouhy, d'El Faraby, de Ptolémée, d'El Hasseu, d'Ebn el

484 UlfTOtBS m hk MtMflniB ABàM. — * Unm BOiri&liB.

Chftlhir» d6 NasBir addia Ettooaqrt d*Okmg be^Tt deOofi

Chimqr.

volomineiuies, à Chixas en lfl07. n parle du eafi eoouM li» firigirant, et cependant il le conseille aux phl^^matiqiiea. H dit auad qu*il conTient aux penonnes qui profiBSsent la ébÊtr teté.

Lea Tradnetiona ie l'Arabe en Oreo.

n est encore une classe de traductiims de Taisbet qui pour être les moins nombreuses, n'en sont pas les moins intÂressantés. Nous voulons parler de celles en grec.

Bien qu'elles ne rentrent pas dans notre cadre» nous devons cependant en parler sommairement, comme d*un tAmoi* gnage de l'extension que prit le mouvemmit seimititque émané de Bagdad, d'autant que la plus grande paartie ont trait à la médecine. C'est assurément un des ftits les plus curieux des annales scientifiques de voir le grec reprenÂEe à son tour ce que l'arabe lui avait emprunté.

La plupart de nos grandes bibliotbèques contiennent de ces traductions,

La plus répandue est celle du Viatique d'Ebn Eddjezzar, connue en grec sous le nom à'Ephodes, C'est une histoire très compliquée que celle de cette traduction.

Elle est donnée comme l'œuvre de Constantin dit Âsyncretou, de Reggio ou de Memphis.

On a considéré ce mot Asyncreton comme une altération d'à secretiSf le secrétaire.

Dans ce Constantin on voit généralement Constantin FAfricain, ce que n'admet pas Daremberg^ qui ne lui accorde pas la connaissance du grec.

Il est une autre difficulté. Cette traduction a-t-elle été faite d'après l'arabe ou d'après le latin ? Ce qui semblerait militer en faveur de cette dernière hypothèse, c'est que l'auteur des Ephodes n'est pas identiquement donné dans les divers manuscrits, ainsi qu'il en est pour le Viatique.

La plupart des manuscrits donnent comme auteur Ebn

LES TBADUCTIONS DB L*ABABB BN GREO. 4B5

Ëddjezzar, soit formellement, soit en dédoublant son nom ; mais il en est qui nomment Isaac Tlsraélite, ainsi le n"* 2241 de Paris et des Manuscrits de TEscurial.

Nous ne sommes pas en mesure de résoudre ces difficultés.

En somme l'histoire du Viatique et des Ephodes reste encore à faire.

On traduisit deux écrits d'Avicenne, un traité des urines et un traité du pouls.

De Razès on traduisit le traité de la variole.

De Jean fils de Mésué, dont le nom se transforma en Jean Damascène, on traduisit le traité des médicaments purfiratifs.

D'Ahmed ben Sirin (Mohammed), on traduisit TOneirocritique ou interprétation des songes.

La traduction du commentaire d'Albumazar sur le Tetrabiblon de Ptolémée existe & Paris.

Siméon Seth officier de la cour byzantine composait sur la fin du XP siècle un traité sur les propriétés des alimenta d'après les Grecs, les Persans, les Arabes et les Indiens.

En même temps il traduisait le célèbre roman de Calila et Dimna.

n. ~ LES TRADUCTIONS.

Noos a¥ws utmdiMa à Cili6ieiq[ii'iiii Bimph isfentebe, un tablwa fteapitalati^ qui pemiBttni d^embniaer plus Ah cUment et d*im sbnpla coap d'oU Teiuniabto das tnr duetiont.

nen est d'etoid qui sont anonymes, et desqaelles now n'avons pu parler jusqu'alors. N<nis atons pu en lattseber qudquea-unes à leurs autranu

n en est de marne quelques-unesdont noutne connalsseai ni raateur arabe ni le tredueteor, et qui n'en sont pss moins authentiquement d*origine arabe. Dans eetle catigo* rie, quelques-unes ont une véritable importance historique.

Enfin, embrassant ici, comme pour les traductions du gfreCy la généralité des traductions de l'arabe, nous allons rencontrer quelques noms qui ne nous sont pas encore con* nus, et sur lesquels nous devons donner quelques renseigme* ments.

En somme, cette seconde partie soulève bien des questions nouvelles, dans Tétude desquelles nous avons dû entrer.

Nous dirons tout d'abord que nous avons laissé de côté les Alchimistes, et nous avons plus d'une raison pour cela.

Outre que cette étude ne présente qu'un faible intérêt parmi les noms arabes qui se présentent, la plupart se refusent à une rectification, tels que ceux d'Ârtefius, de Rochaïdibi, etc. Les quelques recherches que nous avons faites dans cette direction nous ont amené à croire que nos peines ne seraient pas indemnisées. Enfin, la plupart de ces traductions nous sont arrivées anonymes.

Htailiâ. — UltPOURATE. — OALIUN. 487

Nous nous sommes boroé, pour les écrits hermétiques, à meotioniiar ceux des auteurs qui se recommandaient d'autre part. Pour les autres, ou pourra consulter les Recueils spéciaux tels que leTbeatrumcbymicum, laBibliothecacliimica, et l'Histoire de la philosophie hermétique.

1" Savants Grecs.

Des écrit-i qui uous sont parvenus sous sou nom, les uns procèdent du grec et d'autres de l'arabe. Noua n'avons pas cru devoir nous livrer ii la recherche de cette double origine. Nous citerons seulement une traduction sur laquelle nous avons des reuKeignements positifs.

Centiloquium herraetia, par Etienne de Messine.

illPl'OCRATE.

Aphorismes, iivei; le commeutuire de Gulieu, par Constantin.

Pronostics, avec le commentaire de Galien, par Gérard de Crémone.

Régime des maladies aiguës, avec le commentaire de Galien, idem.

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