‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 147 sur 162 · GUILLAUME DE TRIPOLI · texte numérisé non relu

GUILLAUME DE TRIPOLI

C'est plutôt un compilateur qu'un traducteur. Nous en dirons cependant un mot, parce qu'il fut un des rares chrétiens qui utilisèrent leur séjour en Orient pour apprendre l'arabe.

Né probablement à Tripoli de parents chrétiens, lit-on dans Quétif et Echard, il entra dans l'ordre des Prêcheurs à St-Jean d'Acre, parcourut la Palestine et convertit une foule de Sarrasins et de Turcs. Désigné pour accompagner Marco Polo, il fut arrêté en Arménie par les invasions. Il est l'auteur d'un écrit intitulé de Statu Sarracenorum où il traite de la fondation et des développements de l'Islamisme.

Cet ouvrage se trouve dans le n* 7470, magnifique petit volume, parfaitement illustré, qu'en raison de son contenu on pourrait appeler le Manuel des croisés (1).

Nous y trouvons en eflFetcinq livres de Végèce, un traité de

(1) Il porte sur un plat, dans une couronne de lauriers : H IlIIpatris patri» virtutum restitutoris.

478 wMXùamtmiAUiDÊomm àMêMM.---' u^mMumxsÈÊtMm

Fart militeife, un tnité sur la rojêg^ ea tnete sainte, i$ poêêagiOf lliLrtoire des eroiiades, ùk 1* fUble se mdtoà Iliistoire, enfin Ten le dernier tien da Tolnme, r^qpascnle d» Goillaume de TripoU.

Tel est son énoncé : Indpit trsetatos fratris GmillelmiTrtpolitani ordinis proBdicatoram de machometo sedoetore ssrraeenomm, qnis et qnalisTit» etgentis floerlti et quando et qaalitei;^ntam potestatom habuerlt, et de sectaijiisetaletorano, et quando secta soa débet finir! et ftdes ebriatt pnem- 1ère*

La date de cet écrit est fixée par ce paragraphe: Qaomodo soldanos qni regiutbat anno doadni 1213 in qns Mtseriptas hic tractetos interftKsit 14 reges de genero soldant sslsr dini,ete.

QuiUanme connais^t pen FOrient Diaprés ses seeteteniSi dit-Ut Mahomet fût enterré à la JUfeMIce, sa Tille natale.

Cet écrit est dédié à Thibaud, qui se trouvait alor» àSl* Jean d'Acre, quand il apprit qu'on venait de Télire pape ea 1S71, et qui prit le nom de Grégoire X. Ce fiit ce pape qui détermina Alphonse de Casttlle à renoncer à rempfare en fs?ear de Rodolphe de Hab&bourg, dont il voulait fldre le ebsf d'une croisade future.

Nous savons en effet que l'auteur des Tables alphousines n'était pas rhomme qui convenait à Grégoire X.

ALPHONSE BONHOMlfE.

Né en Espag'ne, à Tolède, ou à Couchai il vivait dans la première moitié du XIV' siècle.

Entré dans l'ordre des Prêcheurs, il se trouvait à Paris en 1339, date que porte aussi l'un de ses écrits. Il était, disent Quétif et Echard, historiens de l^ordre^ habile dans l'arabe et rhébreu. Il avait étudié ces langues, disent les mêmes historiens, par la raison que l'Espagne étant alors pleine de juifs et de mahométans, il était désireux de les ramener à la fol Chrétienne. Ses traductions sont en effet une œuvre de polémique religieuse. Nous en possédons trois, bien que l'on n'eu

ALrnONSB DONHOUME. 470

cite généralement qu'une. La plus conuue eiit la lutiro do Samuel.

1" Qu'étaitM;e que Samuel T Disons d'abord que le catalogue du British Muséum Ta confondu avec un autre Samuel qui était ég'alement un juif sorti du Magreb, qui abaudounn Ba religion mais pour se faire musiilraau, et écrivit aussi contre ses anciens coreligionnaires. Nous en avons parlé à la page 12. Cetto confusion n'a pas empêché de consacrer nu article h. notre Samuel. Voyez page 2A.Hi et 2441.

Samuel était un juif originaire de Fez, qui vint en Espagne et se convertit au christianisme vers l'époque de la prisiî de Tolède par les chrétiens, c'eat-à-dire vers la fin du XI' siècle. Il n'était encore que catéchumène, quand il écrivit au rabbin Isaac, chef de la synagogue de Sedjelmesse, nne lettre contre le judaïsme. Il écrivait, dit-il lui-même, mille an« après la prise de Jérusalem. Nous nous en tiendrons à cette date sommaire sans chercher ii relever les dates contradictoires que l'on trouve tant dans les imprimés que dans les manuscrits. Cette lettre, dit Alphonse Bonhomme fut ù dessein tenue secrète par les juifs, et ce ne fut que deux à trois siècles après qu'elle lui tomba entre les mains.

La traduction d'Alphonse porte différents titres. Le plus simple est Epistola II. Samuelis ad U. Isaac. Dans d'autres on mentionne l'orig-ine de Samuel, l'origine du rabbin Isaac et sa qualité de chef de la synagogue de Sedjelmesse, enfin le but de la lettre, qui est surtout de leur démontrer que c'est en vain qu'ils attendent encore le Messie.

Cette lettre a été imprimée. Quétif et Echard en ont mentionné cinq éditions sous différents titres.

Alphonse Bonhomme a dédié sa traduction à Huguud, chef des Prêcheurs. Dans cette dédicace, il dit qu'il n'a pas voulu tirer ses citations de la Bible dan.^ la version de Saint- Jérôme, mais qu'il s'est borné ti traduire en latin l'arabe de Samuel, afin que les juifs ne puissent pas dire qu'il a altéré ces citations a son avantage. Il semblerait qu'/Vlphonse ait été déjà précédé dans la traduction de l't'pître de Samuel, ou qu'il en fit alors une seconde édition, attendu que nous lisons dans cette dédicace: h'ova translatio.

480 HI8T0IBB DE LA MJftDflGIHK ÂBAJBM. — UVEI HUITIÈICB.

8* Controverae de Samuel et d'Abou Taleb.

Une fois converti, dit Antonio dans sa Bibliothèque gnolOt Samuel eut occasion de retourner au Maroc, et là U eut une controverse avec un personnage important du nom d'Abou Taleb. Le récit de cette discussion nous a été eonaervé. n existe à la Bibliothèque Bodléienne, au n^ 817S, tome II, 1'* partie, sous ce titre : Disputatio Abucalis sarraceni et Samuelis judiei, qu» fides prœcellit, an Christianoram, an Sarracenorum, vel judeorum, translata per Alphonsum de arabico in latinum.

Quétif et Echard ne doutent pas que cet Alphonse ne aoit Alphonse Bonhomme, n'en connaissant pas d'autre du même nom qui pût revendiquer cette traduction. Ils ^joutent alors qu'Alphonse Bonhomme fut nommé évêque de Maroc, en ia43, par Clément VI.

8* Lettre d'un sarrasin à un chrétien, et réponse du chrétien au sarrasin.

Tel est le titre latin : Sarraceni Ghristianum ad suam sectam invitantis, et Christiani eidem sinceram fidem p^euadentis epistolae.

Nous n'avons pas trouvé le nom d'Alphonse formellement attaché à cette traduction, mais nous la trouvons groupée avec une des deux précédentes, au n"" 3649, sous le nom d'Alphonse.'Nous pensons que ce nom, qui suit la lettre de Samuel, donnée en second lieu, doit s'appliquer aussi à l'écrit qui la précède dans un titre collectif.

Il nous est impossible de déchiffrer le nom du musulman avec lequel fut engagée cette controverse ; sous le nom d'Elchesini filius al ahabet, à peine peut-on tirer le nom d'El Gassem. Nous ne sommes pas plus heureux avec le nom du prince sous lequel elle eut lieu : Abdallah Hebeniemu émir al Mouminin.

Un fait curieux à relever c'est que les deux adversaires étaient liés d'amitié, tous deux hommes savants et respectés, et même le chrétien nous est donné comme attaché au service de rémir El Moumenin.

Le sarrazin commença, et le chrétien lui répondit.

L'émir eut connaissance de ces lettres. Il fit comparaître

▲MGB DB SA1NT-J08BPH. 481

devant lui leurs auteurs, et leur en ordonna la lecture.

Cette lecture terminée, le prince dit au musulman : Tu as eu tort d'engager cette controverse avec lui. Tu sais que c'est un homme savant et habile ; et nous n*avons rien à lui répondre.

Ces deux lettres portent le cachet de la courtoisie. Elles rappellent la correspondance de Saint Augustin avec le philosophe Maxime de Madaure. Il y a loin de là au fanatisme de Jean de Gorze.

Traduction du Persan.

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