ABOUL CA8SEM. — ARZACHËL
ABOUL CASSEM EBN ESSOPPAR.
Dans son travail sur Platon de Tibur, M. Boncompagni en cite une traduction qui existerait au n^ 309 du Vatican, sous la titre Liber Abu Alcasim in operibus astrolabii. Elle est précédée d'une dédicace de Platon & son ami Joannem Da-^ vidf peut^tre Aven Daoud ou Jean do Séville, où il vante le traité de Tastrolabe Abu alcasin filia asafar.
Nous connaissons déjà un astronome espagnol de ce nom, Aboul Gassem ebn Essoffar, un des disciples de Moslema, qui composa précisément un traité de l'astrolabe et dont le frère était réputé comme l'ouvrier le plus habile dans la fabrication de cet instrument.
Le texte d'Ebn Abi Ossaïbiah, qui fait l'éloge du traité, Kitab fi al amel bel aaterlab, répond bien à la traduction latine du titre.
Moslema étant mort en 1007, Ebn Essoffar vivait dans la première moitié du XI* siècle.
ARZACHËL.
Abou Ishaq Ibrahim ben Yahya Ennaqqach, dit Ebn Ezzarkala d'où nous avons fait Azarchel, natif de Gordoue, observait a Tolède dans la seconde moitié du XI* siècle de notre ère. Malgré sa célébrité, il règne encore un peu d'obscurité sur sa personne. Dans ses Matériaux, M. Sédillot dit qu'on lui attribue à tort les Tables tolédanea, ou Tables de Tolède, et conteste que Géber ben Aflah lui soit postérieur. Depuis, ses opinions se sont modifiées. M. Sédillot cite encore une observation d' Azarchel à la date de 1080. G'était cinq années avant l'entrée des chrétiens dans cette ville.
Les Tables do Tolède nous paraissent bien appartenir & Azarchel. On les trouve dans plusieurs Mss. de la B. nationale, ainsi les n®* 7281, 7336 et 7406. Le titre varie. Ainsi on lit : Gectiones tabularum toletanarum secuudum Arzachel, Ganones tabularum Azurchelis, Ganones Avarchelis super
IiMIm thèkifinM Ben qpe le csUogM n*«a diae rien, Boee opogroe» fe'eike eodetast ewei ea flf 7198.
B Mme MBÉUe fie eee eniteMJoui 9Êcmnimm AnmAd, jMygrfetMJet, ninielklent pee reIttiiintioB de ces tebie» à AdPHMdMl, qpe lepteadiMedee eMtofmi, et qiM iMpUfoe dee tiMeew wee m teite eggiteetit
Kou nTsiem pee imeontié le mcm dm fnMtaietear.
M. BotteeHqMigBi eiie le flf un ds Tetieest 9Bi eiMitln^pfanfrCSHMiMe Amchelis Mper tdmles flde twmtelt e Oetudo CrMeoiniMii, AAafSIBBde leBerberiMeidiasnlIs. dXlifiiid, om lit : CSenoMe Asenhelie (Ver. Afganlii) lA tatelae tolelMDMe Ib^
MOMIIÉL CidiMlL
Oéreid de CMwMie «nait dose indelt le «nmdl a^AimdMlanr lee UVIm de Tolède, qiie eee teUee eejeiit Fe^pieerfea de eee elieenretfoM ptopfee em Uea que, entértomee à tad, a ]i*eitfiit qpie Ici eoamienter.
Cette tredoetioft M M trasve pee mMtieiiiiée dane te
Imlenuii ieberi eme ngolie eafs.
On pourrait se demander ai Oéber ben Aflah aurait ausai fait des Tables de Tolède le sujet d'un livre, ou bien si les Tables et leur explication lui appartenaient en même temps. Cette dernière manière de voir est la plus plausible.
Arzachel inventa un astrolabe qui porta son nom, et qui, transporté en Orient, fit Tadmiration des astronomes. Il Ta décrit dans un ouvra^^e dont la traduction fut faite & Montpellier en 1263, par la collaboration de Tisraélite Profatius, qui rendait en langue vulgaire ce que Jean de Brescia transportait en latin.
Cette traduction existe au n"* 7105, et tel est son début : Incipit compositio tabule que Saphea (Safiha) dicitur, sive astrolabium Arzacbelis.
M. Sédillot en a donné un extrait ilans son mémoire sur les instruments astronomiques cbez les Arabes, p. i85.
Alpbonse de Castille fit traduire F Asa/e/ia de Asarquel^ par le juif Abraham, Fernand de Tolède et Bernard de Burgos.
GICBER OD DIAUER BEN AFLAII.
Abou Mohammed Djaber beii Aflah de Séville, ne nous est puùre connu que par ses écrits, et uous avons peu de renseignemeuta sur sa personne. Aucune notice ne nous en a été conservée, pas môme par Casiri, qui l'a méconnu dans la notice de Maimonide. Nous allons essayer de réunir et de contrôler les mentions diverses qui en ont été faites.
Soa époque n'est accusée par aucune date personnelle. Nous croyons que MM. Munk et Sédillot l'ont trop reculée. Munk dit qu'il florissaît vers la fin du XI" siècle. M. Sédillot, après avoir contesté que Géber fût postérieur à Azarchel, le place ailleurs vers l'année 1120, ce qui vaut déjà mieux ; mais nous ue croyons pas devoir nous en tenir à une simple approximation.
C'est & Munk lui-même que nous emprunterons des renseignements pour rectifier son opinion.
D'après le Guide des Egarés, Munk noua rapporte d'une part que Maimonide connut le fils de Géber, et de l'autre qu'il fut son condisciple.
Cette communauté d'études ue dut exister que dans la période où Maîmonido fut oblig-é de pratiquer l'islamisme, du moins extérieurement, en Andalousie, période qui, d'aprëa Munk lui-même, est comprise entre les années 1148 et 1160. Il est probable que Maimonide et le fils de Géber avaient k peu près le même ilge. Or Maimonide naquit en 1135. Si le fils de Géber naquît à la même date, comme les musulmans se marient d'habitude de bonne heure, il est h croire que Géber survécut longtemps eucore à la naissance de son fils. On peut donc admettre qu'il entra dans la seconde moitié du XII" siècle. Nous citerons encore un autre fait où il est question de Géber ben Aflah. En 1160 Maimonide quittait l'Espafjne, et en 1165 il abordait en Egypte. Aboul Hedjadj Yousef le rejoignit, apportant l'astronomie de Géber ben Aflah dont ils devaient ensemble opérer la révision. N'est-il pas naturel de penser que la publication de cet ouvrage était récente, quand Aboul Hedjadj l'apporta de Ceuta? Ne pour-
HitmiilB DB Lk JfiPBOniE ABân* «^ XJVES BUmÉU.
rait-on pfts admettre qa*il rapporta a son ami à titra de nouveauté? C*eat à propos de ce Mt que Caairi a méooium Oéber beu Aflali dans la notice de Haimonide, en dcmaant son nom sous la forme Ben Phaleg.
Gébsr est cité plusieurs fois par Al Bitroudjy, Tulgaire* ment Âlpetragius, dont la mort est implicitement fixée pair Munk aux environs de Tannée 1217.
On sait que Ton a confondu notre Géber avec son devander nilustre alchimiste, et que d*aucuns, séduits par U res* semblance du nom, en ont fidtVinventeur de Talgèbre.
Les écrits de Oéber ben Aflah soulèvent aussi des difficul* tés.
n en est un sur lequel le doute ne peut exister, c'est celuilà même que corrigèrent Aboul Hed^jadj et MaimonidOt la traité d'astronomie. L'original existe à TEscurial eu double expédition, et les recherches de Munk Tout convaincu que (kisiri s'étaii trompé en le dédoublant. Les n** 905 et 025 de TEscurial sont deux copies d'un même ouvrage. Cet ouvrage fût traduit en latin par Gérard de Crémone : il est désigné dans sa liste sous cette forme : Uber idni tractatus Yinin Cet ouvrage comprend en effet neuf livres. Il existe des exemplaires manuscrits dans nos bibliothèques, et nous signalerons le n*" 06 de TArsenal. Il fut imprimé en 1534, et non en 1533, fait observer M. Boncompagni. Manuscrits et imprimés s'accordent à donner comme traducteur Gérard de Crémone. Le fonds de cet ouvrage est rAlmageste.
Il en existe aussi des traductions au fonds hébreu.
Un traite des triangles sphériques existe au n* 7397 sous le nom de Géber. On le retrouve au n° 7406, où il est précédé de ces mots : Geber in libro 30 figurarum.
Les triangles sont traités en quatre livres.
Nous trouvons aux Mss. 15,708 et 16,652 uu traité de l'astrolabe sous les noms de Gerberti et Gileberti, que M. Cousin a cru devoir attribuer à Gerbert (Sylvestre II). Le n" 1258 de la Mazarine le donne sous le couvert de Ptolémée. Nous en avons parlé précédemment.
La Bibliothèque bodléienne, II, 7674, donne un Lïber ra-dicum Geberi. Nous trouvons au n* 1256 de la B. Mazarine
ALDIl'KOUOjy. 521
un Liber radicum anonyme, qui débute ainsi: Quidam nu-
meri habent radicea etvocantup quadrati. Il commence au f" 33. Au f 44 on lit : ExpUcit tractatus de quadratis, ei immédiatement : pars quinta de inventione radicum. Au f" 49 ou Ut: Incipiunt capitula 12 de regulis geumetrie perttnentibus et de questionibus algèbre et almucabalc.
Cet opuscule, tant par ia forme que par le tbudd, noua paraît de provenance arabe.
Au f" 05 on Ht : Incipiunt régule algèbre.
Il est encore un ouvrage de Géber ben Aflali mentionné de la sorte daua la liste de Gérard de Crémone: Liber tabularum iaberi cum regulis suis. Comme noua l'avons déjà dit ailleur.s, nous n'avons pas rencontré de Tables annoncées au nom de Géber bea Aflah. D'autre part nous connaissons des Tables tolétanes donnée,s avec le nom d'Azarche!, Gérard de Crémone traducteur. S'agirail-il ici de ces Tables commentées par Géber beu Aflah, ou bien s'ag-irait-il de Tables originales et de .=on crîl, que les écrivains auraient oublié de mentionner? C'est que nous ne sommes pas en état de déi:ider.
ALBITROUDJY (aLPETHAGIUs).
Nour eddin, dit El Bitroudjy, sans doute du lieu de sa naissance, et El Achbily, le Sévillan, du lieu de sa résidence, est resté long-temps dans l'ombre. Casiri nous apprend bien qu'il passa du christianisme k l'Islamisme, et qu'il composa un traité d'astronomie, où il s'écarta des doctrines de Ptolémée, pour ae rapprocher de celles d'Arzachel et de Géber, mais il ne se doute pas de son identité avec Alpetragius. Jourdain s'est félicité d'avoir le premier proclamé cette identité. Munk nous a donné des rensignemeuts plus étendus et plus positifs sur Albitroudjy. 11 nous apprend qu'il fut le disciple d'EbenTofaïl et qu'il dut vivre jusque vers l'année 1217. Munk nous apprend aussi qu'Ai Bitroudjy fut plus qu'un imitateur d'Arzachel et de Géber et qu'il so fit un système a, lui ; système tombé depuis dans un profond oubli, dit M. Se-
diUot» iMis toi diotts iim iMQxe^
dit flUMMlJqrpQttèMt dtlVpoittfllitâ»
Le traité d'aitmiOBite d'Al Bitioii4{7 «Me à l^BseniaUl tous to n* 968» N<ma exL eomitlaaoïii d^à la traduettcm qofl ftit eiéeiitie ptr Michil Seot» «t fid «iste mu n* TSBB de lai Bibliothèque natioiiele* Jourdain «i a reproduit le eurieiuar prologue. Ou peutre^oehOT à Jouidaiu d*avirfr i^^pelé ea livre : AMtrolùgiê d'ÂlpOn^fim. C*est Ueu uu traiti d^astaH uomie» £rya»Iet Jmrdaiu eet le eenl qulyait yu de Taitro» logie. Ce mot^ eu mofmk âge, n^uiftiit ce qm aiguille au- Jourd*Iiui le mot eetrouciuie, et c*eet ainsi qu^ figure e& tète dm ouvregee d'astronomie daua la liele de Gérexd oà raetrologie n*a rien à TOir.
C^ri noue perle de laeouTersIond'Al Bitrou^br du chrie» tianisme à lldamieme. Le traité d'astronomie tet nécesnt* ment eompœé dans la première période* nous en trouYona la preuve dans le prologue. Il débute afaisi: In immine do* mini nosbri Jesu Ohlrtl omnipotmitis.
Noua trouTonsencore dans ce prologue les vestigea dHnm éducation ebrétienne : Sed a pueritia quando inspexi in qua» drivio ad partem motus celertiSt etc.
Latraduction de Miebel Seottot ezéeutée en 1221 date de la mort de Tautenr d'après Munk. Eben TofSdl mourut en 1185^ c'est-à-dire 36 ans avant Âlbitroudjy. Ce fut sans doute après sa conversion qu'Albitroudjy se fit l'élève d'Ebn Tolaïl.
Nous avons découvert un nouvel écrit qui appartient sans doute à cette seconde phase, et dont jusqu'à présent nous n'avons rencontré mention nulle part.
Il s'agit d'un traité de perspective qui existe au n^ 10,264, Le prologue en est curieux. Il nous rappelle encore la première phase de l'auteur par des souvenirs, et il nous donne quelques renseignements que nous ne saurions passer sous silence, attendu qu'ils ont une valeur historique. Nous en donnerons un extrait.
Il semblerait que ce traité fît partie d'un ensemble d'écrits : c Liber tertius Alpetragii in quo tractât de perpectiva. Postquam manifestavi mathematice potestatem aspiravi
ASTROLQOIE, — ALFADOHL DE MKRtSOI.
ad perspective dig-nitatem. Ideo proaecutus sum hanc scientiain diîig-eiitiiis quara precedeutes et precjpae quia non solum a Tulgro latinorum sed a eapieutibus multis ig'nuratur propter siii novitatem et mirabilem profunditatem. Etpropler hoc decrevi quud non imitiirer unum auctorem aed ab omnibus eligarem electîorea scientias. Nam Hcet perspectîva Alhacen sit in H9U aliquorum sapientum latinonim, tamen paucioribus est perspectîva Ptolomei precog-nita. etc. »
Nou3 voyons l'Optique d'El Hacen connue des Latins ; ce ne pouvait être que par la traduction de Gérard de Crémone.
Alpetraglus ajoute qu'il a puisé aussi dans les écrits d'El Kindy, ûeTideus personnag'eéuigmatiquetraduitpar Gérard, d'Euclide, et d'autres encore.
Astrologie.
Nous terminerons la revue des mathématiciens et astronomes par quelques astrologues.
L'astrologie fat en vogue au moyen &ge, et l'on a trop généralement reproché cette vogue aux Arabes, Il fallait
aire aussi peser cette responsabilité sur les Juifs et les Grecs eux-mêmes, car Ptolémée fut le plus g'rand coupable. Ce travers eut au moins pour résultat d'entretenir les études astronomiques. Il est encore un fait que nous devons rappe-
er, et qui a contribué o. grossir la troupe des astrologues. Le mot astrologie, ainsi que nous l'avons déjà dit précédemment, n'eut pas au moyen âge, du moins 'a une certaine époque, le sens que nous lui donnons aujourd'hui, il signifiait simplement la science des astres. Dans la liste bibliographique de Gérard de Crémone, ses traductions relatives il l'astronomie sont données sons la rubrique De astrologia. C'est & tort que Jourdain a donné au traité d'astronomie d Alpetroudjy le titre d'astrologie sans explication.
ALFADOHL DE MERE.NQI.
Il existe au n" 7323 un traité d'astrologie, contenant 144
M lA WMMWg âBâMU — UfBS BOlTUCIfB.
éoHt rnlBBrMtditAlfiidbol de Mermei, < SariMbi d« OtMàà. ibd« Sadbal «t dTaoe mtoe OaldéMme. » fcHtfà|iiiiMil «ttmalwoii» pg ictrouyer ce nom dena les éerifeiM mbee. S1i«iieit-il d*ii]ie tnidiietioii qui est donné iwelefndelelistedeOéreidf t^aftaB est lidMaentOlBsM et porto les annes deMi-
ML ASB ncr âusàumm*
lIoumvoiiBeBwee Moiwi traité d*ÉstRdogie dédié à Seif eiiewls seltm iPàiÊf, qpe aoes «fous déjà cité comme yU ▼sait inmilisttdes Islties etdes ssTiiits. n en existe i^iu^ esas^laiies à le Blhlioflièfiie nstfamsle. Td est r ei^cit du «»19tt : FMfbstBS est Ulisr itttiodiietoiiiis AMU Asis, id est swi «leriosi dsi, foi dieilBr Alksliitiiis, sd magisterium jttileioram estioram. Os Une tut plnsieaiB Mb imprimé. Véditioa de 14» ports le titra sositt^ à part le début Zibcr
Une éditiosi arait déjà para «n 1473. Le tradoetsar est Jean de Séville.
AU BSN RADJSL.
Aboul Hassen Ali ben Abi Erradjel, vulgairement dit Ali ben Radjel» vivait dans le courant du XI* siècle, origrinaire de Cordoue. Il composa un traité d*astrologrie, qui fut traduit, à Tinvitation d'Alfonse, par Juda fils de Moyse et Egidius de Tebaldis. On l'imprima plusieurs fois, sous divers titres. Nous trouvons une édition de Bàle indiquée par Delalande, 1551, avec cette indication: Interprète Antonio Stupa.
Nous trouvons à la même source : De cometarum sigrnifîcationibus, Norimberg 1563, et De révolution ibus nativitatum, 1534.
Il existe de lui, à TEscuriali un poème astrologique.
coup-u'œiL auR lkb traduotioms latcnes.
Coup-d'œil sur les Traductions Latines.
Nous nvona fait le receoBeinent des traductions de l'arabe en latin, et nous n'en avoua pas trouvé moins de trois cents, et encore avons-nous laissé de côté celles des alchimistea de profession.
Une masse aussi prodigieuse de documenta nouveaux, répandus k tPavara l'Europe dans le courant du XII* et du XIII' sièclea, dut combler bien des vides et provoquer une recrudescence dans les études. Il ne faut donc pas s'étonner de la ferveur scientifique du XIII" sièle oii se produisirent tant d'iiommes éminents, qui s'empressèrent de mettre ii pro6t la iicience des Arabes, Que serait-il arrivé si Gérard de Crémone, né un siècle plus tôt, avait livré ses 80 traductions à riHuatre Abélard ?
La majorité de ces traductions reproduisent les œuvrea des savants les plus éminents d'entre les Grecs et les Arabes, philosophes, mathématiciens, astronomes et médecins.
Parlons d'abord des Grecs. Sur le terrain de la philosophie, dans laquelle nous ferons entrer les travaux relatifs aux sciences physiques et naturelles, nous voyons d'abord Aristote, représenté par une trentaine de traductions. Sur celui des sciences mathématiques et astronomiques, nous rencontrons Euclide, Archimède, Apollonius de Perge, Théodose, Menelails, Hypaiclès et Ptolémée,
La médecine grecque est représentée par quatre ouvrages d'Hippocrate et vingt-cinq de Galien.
La Grèce eu somme est représentée par une centaine de traductions portant sur l'élite de ses savants.
Nous comptons également des noms illustres chez les Arabes. Ainsi parmi les philosophes Alkendy, Costa ben Luca, Alfaraby, .^.vicenne, Gazzaly, Averroès et Avicebron , parmi les mathématiciens et astronomes Tsabet ben Corr», les fils de Moussa ben Chaker, El Khouarezmy. Ehen el Heitsam (Alhacen), Alfargany, Albatauy, Géber ben Aflab, -Mbitrouiljy, etc., enfin parmi les médecins les Sérapion, les
ItSTOtRH DE L^ UBDECIKB t
- LIVRE HUITIÉUE.
Méaué, Razès, Isaac, Kbn Eddjezzàr. Abulcasis, Alibea Abbas. Avicenni;, Aveozoar, etc. Ajoutons qne plusieurs comptent parmi toutes ces catégories, et que les plus émiueiits comptent uue masse considérable de traductions.
Si nous divisons l'ensemble des traductions par catégories, nous en trouvons 90 pour les sciences philosophiques, physiques et naturelles, 70 pour les sciences mathématiques et astronomiques, 90 pour la médecine, et une quarantaine pour l'astrologie et l'alchimie, ne comptant parmi cette dernière catégTjrie que celles qui proviennent de Razès, d'Alfaraby et d'Avicenne,
En présence de ces faits on peut comprendre quelle agitation intellectuelle suscitèrent en Occident le travail des traductions de l'arabe en latin et leur mise & profit par les Bavants.
On a parlé des traductions ayant passé par l'hébreu. Nous n'en avons compté qu'une àxiaim sur trois cents!
Pour un peu moins d'un tiers des traductions, nous ignorons les noms des traducteurs.
Les traductions dont nous venons de retracer l'histoire forment un groupe naturel et sont rattachées par un lien commun, la pénurie latine au moyen âge. Quant (i celles qui leur ont succédé, et qui se continuent de nos jours dans toutes les langues, elles n'ont plus le même but, mais procèdent de la curiosité scientifique. Eiles n'ont plus guère qu'une importance historique, tandis que les premières étaient essentiellement un instrument de progrès, uue expansion de la science arabe, encore vivace, du côté de l'Occident. Les traductions contemporaines, quel que soit leur intérêt, ne rentraient pas dans le plan que nous nous sommes tracé. Maintenant, si Von jette un regard en arrière, et que l'on parcoure la période de plusieurs siècles dont les traductions de Bagdad sont le premier terme et celles de Tolède le second, on verra que les Arabes ont joué dans les annales des progrès scientiSques un rôle plus important que celui qui leur est communément assigné.