‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 27 sur 162 · ABOU DJAFAR AHMED BEN HASSAN · texte numérisé non relu

ABOU DJAFAR AHMED BEN HASSAN

n naquit à Grenade et mourut à Fez. C'était un médecin savant et un bon praticien. Il écrivit un traité du régime à rétat de santé dédié à Mansour.

EL MASDOUM.

Âboul Hosscin cl Masdoum ben Ascloun naquit à Séville, et il eut pour maître le grand Avenzoar. C'était un homme vertueux, ^cultivant la poésie en même temps qu'il pratiquait la médecine, et médecin consultant d'El Mansour. Il mourut en 588 (1103).

ABOU DJAPAR EBN ER'r'aZAL.

11 naquit à Fedjira dans les environs d'Alméria, et vint étudier la médecine à Séville, où il compta parmi ses maîtres Abou Bekr ben Zohr. Il connaissait particulièrement les médicaments simples et la préparation des médicaments composés. C'était lui qui préparait les médicaments d'El Mansour, auquel il était attaché comme médecin. Nous avons déjà parlé de la réaction religieuse provoquée par les Almohades. El Mansour avait interdit le vin. Il voulut un jour qu'Abou Djafar lui préparât de la thériaque, etcomme il fallait du vin, il l'invita à s'en procurer. Les recherches d'Abou Djafar furent vaines, et Mansour avoua qu'il n'avait eu d'autre but en lui demandant de la thériaque, que de s'assurer s'il existait encore du vin.

Abou Djafar mourut sous le règne d'Ennacer.

EBN DJELA.

Il était de Murcie, et c'était un médecin renommé au service d'El Mansour.

ABOU DJAFAR EDDEHEBY.

Abou Djafar Ahmed ben Atiq Eddeheby, dit aussi El Balensy, de Valence, et Aboul Abbas, était un médecin savant et expérimenté, au service d'El Mansour et d'Ennacer. Il mourut en 600 ou 001 (1204) h Tlemceu, où il avait suivi Nacer dans une expédition, à rage de 47 ans.

AVERROES.

Aboul Oualid Mohammed ben Ahmed ben Mohammed Ebn Rochd, vulgairement connu sous le nom d'Averroès, est le plus grand nom de l'Espagne musulmane, mais cette

HISTOIRE DE LA UËDECINK kRMSE. -

ï CIKQDIÉUE.

Bupériorité II la doit à la philosophie plutôt qu'à la médecioe. Il ea fut d'Averroès comme de maint autre savant du moyen âge, tels que Gerbert et Albert le Grand : sa mémoire se produisit à travers les erreurs et les fablus et on lui fit une célébrité de mauvais aloî.

Cette grande personnalité vient enfin d'être mise au grand jour. Averroès a pris définitivement sa place dans l'histoire, grâce à un travail récent de M. Renan, AvcrraH et î'Averroîsmc. Ce livre a nou-seulement dégagé la figure d'Averroès des ténèbres qui l'enveloppaient, mais il nous donue le récit aussi neuf qu'intéressant de ses doctrines ii travers les siècles. En même temps qu'il nous fournira des documents sérieux et nous épargnera quelques recherches, il nous permettra de glisser sur certains points qui n'intéressent pas particulièrement l'histoire de la médecine.

Averroès naquit à Cordoue en 1120 de notre ère, d'une famillti honorable de jurisconsultes. Son père et son aïeul étaient Cadhis de Cordoue.

Les biographes ne remontent pas au-delà de son aïeul, nommé comme lui Aboul Oualid, personnag-e éminent, qui fut chargé de plusieurs missions politiques. Nous croyons avoir rencontré les traces d'un autre de ses ascendants, peutêtre le frère de son bisaïeul. Le n" 887 de l'Escurial contient un traité de médecine clinique, pris à tort par Casiri pour un manuel d'examens. L'auteur ditavoirtraitépour uneophthalmie son ami le faquih Ebn .\bi Rochd, et cela se passait dans le milieu du onzième siècle. Nous relevons ce fait à propos de l'opinion qui donne à la famille d'Averroès une origine juive. Comme l'a déjà fait observer M. Renan, si la famille d'Averroès se convertit du Moaaïsme à l'Islamisme, ce fut à une époque reculée.

Averroès eut différents maîtres pour l'étude des sciences. Nous nous bornerons à citer celui qui lui enseigna la médecine, Abou Djafar Haroun, de Truxillo, sur le compte duquel nous savons peu de choses. Il est probable qu'il profita davantage dans la fréquentation de la famille des Avenzoar, avec laquelle la sienne était liée, comme aous aurons plus tard l'occasion de le rappeler.

On a préteudu qu'il eut pour maître Ebn Badja, l'Avenpace de3 acolastiques, mais il est probable qu'il ne s'inspira de sa doctrine que par ses livres, étant trop jeune à la mort d'Ebn Badja.

Ebn Tophaïl fut mieux que le maître d'Averroès: il lui concilia la faveur des souverains et le poussa dans cette voie de la philosophie où il devait acquérir tant de renommée. L'Almohade lousef fils d'Abd el Moumen était ami de la littérature et versé dans la connaissance de la philosophie grrecque, mais il se plaig-nait de l'obscurité des traductiona d'Aristote et désirait qu'un homme compétent en fit le commentaire. Averroès fut instruit de ce désir par Ebn Tophaïl qui le jugea digne d'entreprendre cette tâche. Il obéît et c'est à ce labeur qu'il doit d'avoir partagé l'influence d'Aristote sur le moyen âge et de porter le surnom de commentateur par excellence, Echcharih.

lousef te nomma Bon premier médecin en remplacement d'Ebn Tophaïl. Iakoub el Manaour ne fit pas moins pour Averroès que son prédécesseur, et il se complaisait à parler de science avec lui.

Averroès n'était pas occupé seulement y&r la philosophie et la médecine. D'abord Cadhi de Séville, il fut plus tard nommé grand Cadhi de Cordoue.

Tant de prospérité lui suscita des envieux, et les dernières années de son existence il les passa dans les persécutions et l'amertume.

D'une part on l'accusa d'irréligion, de l'autre d'avoir manqué de respect au souverain.

On lui fit un crime d'avoir cité dans ses écrits un ancien qui disait que la planète Vénus était une Déesse.

Dans son commentaire sur le livre des animaux d'Aristote, parlant de la girafe, il disait eu avoir vu une à la cour du roi des Berbères Iakoub. La qualification fut trouvée malséante. Averroès l'imputa à une erreur de copiste et dit avoir écrit souverain des deux continents (le Magreb et l'Espagne), ce qui, en arabe, s'écrit à peu de chose près de la même manière.

Averroès fut exilé à Lucena, près de Gordouei et ses biens

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